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Je ne suis pas Jackson Pollock

Auteur : John Haskell

Traducteur : Lazare Bitoun

Date de saisie : 11/05/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : J. Losfeld, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 19.00 / 124.63 F

ISBN : 978-2-07-078937-5

GENCOD : 9782070789375

Sorti le : 13/03/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

John Haskell est un faiseur d’histoires dans tous les sens du terme. Avec Je ne suis pas Jackson Pollock, il recree a la faveur de sa propre inspiration les univers de ceux qui ont sollicite son imagination. Il realise un assemblage surprenant de faits et de fictions, tout en se gardant bien d’en marquer la frontiere. La plupart de ces neuf histoires sont des extrapolations sur la vie de personnes ou de personnages connus, voire meme d’animaux. Nous y retrouvons, entre autres, le peintre Jackson Pollock, Janet Leigh et Anthony Perkins, Laika, le premier chien parti dans l’espace, Capucine ou le musicien Glenn Gould ou bien encore Orson Welles.

Ancien acteur, metteur en scene et ecrivain de pieces de theatre, John Haskell a travaille a Chicago et a New York. Il reside actuellement a Brooklyn. Son recueil de nouvelles, Je ne suis pas Jackson Pollock, a ete salue par la critique et a eu un beau succes en librairie lors de sa parution aux Etats-Unis en 2003.
Son premier roman, American Purgatorio, a paru aux Editions Joelle Losfeld en 2007.

  • La revue de presse Alexandre Fillon – Lire, mai 2008

Apres American Purgatorio, premier roman aussi singulier que prometteur, John Haskell s’affirme comme un nouvelliste accompli. Tout au long de ces neuf histoires iconoclastes, l’ancien acteur et metteur en scene se joue agreablement des faits et de la fiction…
Tres doue pour croiser les destins et se glisser dans le cerveau de ses heros, l’auteur de Je ne suis pas Jackson Pollock ausculte la condition humaine avec une saisissante precision.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Le jugement de Psychose

– Vous mangez comme un oiseau.
– Et vous savez de quoi vous parlez, n’est-ce pas.

Janet Leigh ne fut jamais completement nue durant le tournage de Psychose d’Alfred Hitchcock, mais elle avait vraiment des seins. On les suggere, on y fait allusion, on ne les revele jamais vraiment, mais elle en avait, et d’une certaine maniere c’est la raison pour laquelle elle s’est fait tuer. Le film commence par un long plan de la ville de Phoenix, dans l’Arizona. Apres un panoramique sur l’ensemble de la ville, la camera s’arrete sur un batiment, puis s’approche d’une fenetre de ce batiment, passe ensuite sous le store venitien de la fenetre et penetre dans la piece ou Janet Leigh est allongee a moitie nue sur un lit. Elle porte un soutien-gorge blanc et un jupon blanc, et le soutien-gorge, pose sur sa poitrine, pareil a deux pyramides, semble devoir suffire comme protection.
Un homme est debout au-dessus d’elle. Il s’appelle Sam, c’est son amant. Elle vient d’avoir des relations sexuelles avec Sam donc tout devrait, a ce moment-la, aller plutot bien, or ce n’est pas le cas. Janet Leigh est amoureuse de Sam mais Sam n’arrete pas de parler de ses problemes. Il dit qu’il a un probleme – un probleme d’argent – qui l’empeche de se marier et il lui suggere, si elle veut se marier, de se trouver quelqu’un d’autre, quelqu’un de plus disponible. Mais elle ne veut pas de quelqu’un d’autre, et plus tard, quand l’occasion s’en presente a son travail, elle vole un paquet d’argent, achete une voiture, et part pour la Californie, ou Sam travaille dans une quincaillerie.
Elle roule toute la journee et pendant la nuit il se met a pleuvoir, et ses essuie-glaces ne fonctionnent pas, et la pluie l’empeche de voir correctement, et les phares l’eblouissent, alors, ne sachant plus ou elle en est ni ou elle est, elle se retrouve sur une petite route deserte. Tout est soudain tres silencieux. Elle quitte la route et entre dans le parking du Bates Motel, ou Anthony Perkins joue le role de l’aubergiste. Il a un cou tres long, des epaules larges, et parce qu’il est psychotique il a l’air tout a fait charmant. Il lui donne la cle de la chambre numero un et pendant qu’il lui montre la chambre ils decident de manger quelque chose ensemble un peu plus tard.
Alors qu’il court vers la vieille demeure victorienne en haut de la colline pour preparer les sandwiches, Tony Perkins ne veut pas avoir l’air trop content ni trop enjoue ; il ne veut pas avoir de desirs parce qu’il ne veut pas que sa mere les lui enleve.
De loin nous entendons les voix qui viennent de la maison.
Qu’est-ce qui te met en joie comme ca, Mon Garcon ?
Rien du tout, Mere.
Ne me raconte pas d’histoires, Mon Garcon. Je sais qui il y a la-bas.
Elle est perdue, Mere.
Et c’est toi qui vas lui indiquer le chemin ? Que sais-tu du chemin, Mon Garcon ?
La voix se fait menacante quand elle dit : Elle ne va pas satisfaire ses appetits les plus vils avec ma nourriture ou avec mon garcon. Et quand la voix dit : Je refuse de parler de ces choses degoutantes, elle fait reference au desir. Et comme Tony Perkins est plein de desir il quitte la maison, emporte le plateau avec le beurre et le pain coupe en tranches jusqu’a la veranda de l’hotel et entre avec Janet Leigh dans la… Ils entrent presque dans la chambre a coucher mais Tony a du mal avec chambre a coucher, il a du mal a prononcer le mot, et a la place ils vont dans le salon, juste a cote, ou c’est plus joli, dit-il, et il fait plus chaud.
Et ils s’asseyent.
Son passe-temps, c’est la taxidermie et les murs du salon sont couverts d’exemples de son travail. Il n’aime pas etre entoure de betes, dit-il, alors les murs sont couverts d’oiseaux. Du regard, Janet Leigh tait le tour de ces yeux qui la fixent.
C’est bizarre comme passe-temps, dit-elle. Curieux.