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Je porte plainte

Auteur : Catherine Leprince

Au fil des mots, ce récit s’apparente à un monologue halluciné dans lequel chaque corridor, chaque nouvelle rencontre conduit à une impasse relationnelle. Pour savourer pleinement les méandres de l’univers métaphorique et poétique de Cécile, il faut accepter de se laisser guider par la narratrice, comme jadis on s’abandonnait aux délicieux frissons du train fantôme.

Cécile fuit un monde réel qui lui renvoie une image peu satisfaisante d’elle-même. Alors, pour toucher du bout des doigts une forme de bonheur, elle s’échappe dans ses rêves. Mais pour jouer les funambules, il faut savoir garder l’équilibre. Et Cécile va basculer.
Les mots qu’offre Catherine Leprince à Cécile ont une musique très particulière, très poétique. Elle crée une nouvelle alchimie entre le sens et le son. En écrivant à la première personne, l’auteur oblige le lecteur à faire corps avec l’héroïne, à ressentir ce qu’elle vit, à se perdre avec elle dans les méandres de son imaginaire. Il faut accepter de se laisser porter, dérouter, bousculer, d’oser nous confronter à une forme de folie. Qui d’entre nous ne s’est jamais évadé dans un monde inventé de toutes pièces, un monde qui rassure, qui apaise ? À quel moment Cécile décroche-t-elle ? Y a-t-il une frontière bien définie entre la «normalité» et ce que l’on appelle la folie ? Un roman intense, provocateur, drôle, dérangeant, très vital.