Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Je t’appartiens

Couverture du livre Je t'appartiens

Auteur : Alain Paucard

Date de saisie : 25/02/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Litterature

Prix : 15.00 / 98.39 F

ISBN : 978-2-268-06100-9

GENCOD : 9782268061009

Sorti le : 15/02/2007

  • Les courtes lectures : Lu par Francois Attia – 23/05/2007

Telecharger le MP3

Francois Attia – 23/05/2007

  • Les presentations des editeurs : 16/03/2007

Le personnage masculin du roman est un fonctionnaire timide, egocentrique et chauve.

” Inadapte chronique a la vie sentimentale “, il se croit masochiste et impuissant jusqu’a ce qu’il rencontre Martine, alias Patricia, prostituee intellectuelle de la rue Saint-Denis. Petit a petit, elle accepte une liaison avec lui, quoique payante, et il doit claquer son argent, trouvant dans cette chute une autre forme de jouissance.

Mais Patricia / Martine disparait, punie et sequestree par le souteneur.
Il la retrouve, delivre manu militari, ce qui fait de lui par un retournement dialectique, de l’ancien esclave, un nouveau maitre.

Roman de l’enfermement, de l’esprit bute, borne, il n’en atteint pas moins, a travers son ” heros ” a, une forme de grace, celle d’un homme qui trouve dans son asservissement le ressort de son emancipation.

Alain Paucard est ne en 1945 et ne vit qu’a Paris, President a vie du Club des Ronchons, il manifeste sa joyeuse mauvaise humeur dans pres de trente titres comme Les Criminels du beton (1991) ou La Cretinisation par la culture (1998). Il signe ici son cinquieme roman.

  • Les courts extraits de livres : 16/03/2007

Je ne regrette pas d’avoir fait des etudes. Je n’y ai rien appris de vraiment passionnant, ni meme d’interessant, mais aujourd’hui, grace a elles, j’ai un bureau pour moi tout seul. Il fait moins de trois metres sur trois, mais j’y suis seul et comme je donne satisfaction, personne n’y vient sauf pour papoter. Il y en a de moins en moins qui viennent pour ca, car je sais prendre une mine renfrognee, une attitude reveche, et, au risque de les brusquer, je sais aussi, quand ils ne comprennent pas, par une parole seche, coupante, parfois brutale leur indiquer qu’ils me prennent mon temps. Ils n’insistent pas ; je suis sur mon territoire ; je ne vais jamais sur les leurs. Le couloir, elargi a cet endroit, ou se trouve la machine a cafe, est amplement suffisant pour echanger des banalites. Je les aime, d’ailleurs, les banalites ; elles me reposent, et l’apparente nullite des pensees, loin de m’accabler devant le faible niveau intellectuel de mes collegues, me calme, m’apaise me raffermissant dans l’idee que ce qui est le plus important, ce n’est pas de rencontrer des gens avec qui parler, mais au contraire, avec qui ne rien dire, avec qui se taire. Je prefere, et de loin, la brave dactylo -encore que ce ne soit plus sous ce terme qu’on la designe – qui me parle de ses dimanches en famille, au cadre cherchant a m’expliquer ce que je sais par ailleurs sur le pouvoir, les hommes, l’argent et toutes ces fariboles qu’on nomme engagement. La difference, c’est que mon chef de service change d’avis souvent, alors que la mere de famille rarement. Je n’ai pas la television, je ne lis pas la presse mais je regarde les manchettes et c’est tres instructif. Elles changent, insensiblement pendant des mois, puis radicalement en quelques jours, parfois en un seul, enfin il n’est pas rare – et c’est meme le cas le plus frequent – qu’elles accomplissent une revolution en se replacant – sagement, presque en catimini – a la position qu’elles occupaient auparavant. Mes collegues suivent fidelement ce mouvement, quoique avec un leger retard du a un allumage un peu lent. Le tour sur eux-memes est tout autant rassurant que leurs poncifs. Ils sont sans surprise et c’est tres bien ainsi. Us ne changent pas et je suis ainsi consolide dans la tour d’ivoire que j’ai su m’amenager.