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Jeux croises

Auteur : Marie Sizun

Date de saisie : 09/10/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Arlea, Paris, France

Collection : 1er mille

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-86959-825-6

GENCOD : 9782869598256

Sorti le : 04/09/2008

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  • Le choix des libraires : Choix de Max Buvry de la librairie VAUX LIVRES a VAUX-LE-PENIL, France (visiter son site) – 16/10/2008

Marthe et Alice sont deux femmes differentes a tout point de vue. La premiere, prof de maths, est mariee, d’age mur, sans enfant (Marthe n’aime pas les enfants. Les enfants heureux. Les enfants repus. Les enfants gates. Mais elle a toujours ete emue par les autres : les mal-aimes, les enfants tristes, les enfants en larmes, les enfants enrages de chagrin. Oui, elle est touchee par ces desespoirs excessifs des petits, qui les defigurent, les rendent apoplectiques, si laids, morve et larmes, qu’ils en exasperent leurs parents.), et son mari s’apprete a la quitter. La seconde a tout juste dix-huit ans, travaille dans un pressing et eleve seule son enfant, le petit Ludo. Jeux croises entremele ces deux destins. Deux instants d’hesitation, de folie, de doute guides par le present et le passe de ces femmes les font basculer dans une aventure singuliere et haletante. Elles se croisent dans un supermarche, et la premiere enleve le bebe de la seconde qui reagit avec retard a cette disparition. Le bebe present pour l’une ou absent pour l’autre devient alors l’epicentre du quotidien de ces deux femmes qui ne maitrisent plus reellement leur destin. En un instant, leurs vies sont bousculees, broyees. Les evenements s’enchainent, sans controle et chacune devra puiser dans son passe pour tenter de s’accepter et eventuellement de se reconstruire (Marthe ne pense pas a ce qui peut arriver ; a ce qui va arriver ; a ce qui doit arriver. Elle est en dehors de cette realite la, comme elle a toujours ete, en fait, un peu en dehors de celle que rapportent les journaux, celle des faits divers, des enlevements d’enfants, des crimes ; celle d’une societe policee qui decide du licite et de l’illicite, du bien et du mal.). La trame, le style et l’ecriture de ce superbe roman incitent irremediablement le lecteur a s’attacher aux trois personnages (les deux femmes et le bebe), Marie Sizun elimine avec brio tout manicheisme qu’une telle situation engendre habituellement et place le lecteur au centre de ce trio attachant. Un incontournable pour cette rentree litteraire 2008. Cette collection 1er/mille d’Arlea recele vraiment de petits bijoux.

  • Les presentations des editeurs : 16/10/2008

Parfois, deux trajectoires se croisent par hasard, deux destinees, deux vies, qui, tres eloignees l’une de l’autre, s’entremelent et deviennent le clair et l’obscur d’une meme histoire.
L’une s’appelle Marthe, l’autre Alice. Tout les separe.
Marthe est une femme d’age mur, bien installee dans sa vie : enseignante, elle vit a Paris, a une maison de vacances et ses souvenirs d’enfance en Bretagne. Elle mene une vie de couple sans enfant. Mais son mari la quitte pour une autre, et tout bascule…
Alice, elle, n’a pas vingt ans. En rupture avec sa famille, elle tente d’elever son bebe, Ludovic, trop tot venu dans l’existence chaotique d’une mere-enfant.
Il suffira d’un moment de doute chez l’une et d’un geste de folie chez l’autre pour que leur sort soit lie a jamais.
Dans un roman qui se lit comme un thriller, Marie Sizun, reussit avec talent a reunir l’inconciliable, dressant pour nous le portrait tout en ombre portee de deux femmes qu’un mouvement inverse conduira a la reconciliation de soi-meme.

Marie Sizun est nee en 1940. Elle a ete enseignante de lettres classiques a Paris, en Allemagne ainsi qu’en Belgique.
Marie Sizun a trois enfants et vit a Paris depuis 2001

  • La revue de presse Josyane Savigneau – Le Monde du 26 septembre 2008

On aurait tort de negliger les citations que les auteurs font figurer en epigraphe de leur livre. Dans le cas de Jeux croises, cette phrase tiree des Pensees de Pascal, “Deux exces : exclure la raison, n’admettre que la raison”, pose d’emblee une question qui est au coeur du roman : que se passe-t-il quand une personne censement raisonnable a, soudain, un comportement deraisonnable ? Il faut se laisser porter et emporter par ce recit etrange, ces destins croises – de maniere tres ephemere – de deux femmes que tout separe, qui ne se sont jamais rencontrees et ne se parleront probablement jamais. De chapitre en chapitre, Marie Sizun fait alterner leur histoire, avec subtilite, un grand sens de l’ellipse et une delicatesse constante.

  • Les courts extraits de livres : 16/10/2008

Il est parti.
Elle l’a vu se diriger vers la porte, mais elle n’a pas bouge. Il a pose la main sur la poignee, en se retournant a demi vers elle un instant, juste un instant, mais elle est restee ou elle etait, debout, a quelques pas, silencieuse. Elle a entendu la porte s’ouvrir et se refermer, mais elle n’a rien fait. Elle a juste pense brievement qu’elle pouvait encore le rejoindre, le retenir, mais elle n’a rien fait ; elle n’a ete capable d’aucun mouvement, d’aucune parole. Mal dans le corps, dans la tete. Oui, il y a eu ce temps mort, ce temps immobile, ou elle pouvait encore agir et ou elle n’a rien fait.
Bruit de l’ascenseur arrivant au palier ; grille qui s’ouvre, se referme dans un claquement sec ; chuintement de la cabine qui redescend.
Cette fois, c’etait fini.

Pourtant, une seconde, elle se dit qu’elle pourrait encore descendre en courant les deux etages, comme ca, sans meme fermer la porte de l’appartement ; elle le rattraperait dans le hall, ou meme dans la rue, elle l’empecherait de monter dans sa voiture, d’arriver a sa voiture – il avait du la garer en bas, rue de la Glaciere, comme d’habitude -, elle peut encore l’arreter, lui dire que ce n’est pas possible, cette chose-la, cette chose terrible, qu’il la quitte ainsi, sans qu’ils se soient vraiment parle, qu’il y a un malentendu – comme dans cette nouvelle de Kipling ou, elle ne l’a jamais oublie, une femme abandonnee, devenue folle, parle a’un affreux malentendu, oui ce mot-la, si juste -, car c’est bien d’un malentendu qu’il s’agit, entre eux, d’une erreur ; elle va lui montrer qu’il se trompe, qu’il n’a pas compris, que cela ne peut se passer de cette facon absurde.
Mais elle ne fait rien. Elle reste la. Bouger, elle ne peut pas.