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Josephine et moi

Auteur : Hans Magnus Enzensberger

Traducteur : Daniel Mirsky

Date de saisie : 03/03/2010

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Du Monde Entier

Prix : 15.50 / 101.67 F

ISBN : 9782070782413

GENCOD : 9782070782413

Sorti le : 13/09/2007

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  • Les presentations des editeurs : 23/11/2009

C’est une drole de rencontre. Entre Joachim, jeune homme serieux, chercheur en sciences economiques, et Josephine, agee de plus de soixante-quinze ans et ancienne cantatrice lyrique, l’entente ne semble pas aller de soi. Pourtant, Joachim ne parvient pas a se soustraire aux invitations hebdomadaires de cette vieille dame excentrique. Depuis le jour ou il s’est interpose pour empecher le vol de son sac a main, il prend le the avec elle tous les mardis, dans une grande batisse un peu delabree ou elle vit avec une fidele domestique prenommee Fryda. Tour a tour fascine, emu ou agace par les histoires de Josephine, Joachim essaie de comprendre quelle a vraiment ete la vie de cette femme libre et si peu conventionnelle : une belle carriere sous le IIIe Reich, trois maris vite consumes et beaucoup d’amants, pas mal d’argent aussi, depense sans compter. Sans parler de la mysterieuse Fryda, qui occupe certainement une place centrale dans ce puzzle ? Ce petit livre possede un ton singulier, melange de legerete et de melancolie. A travers le prisme d’une relation incongrue, Hans Magnus Enzensberger pose un regard tragi-comique sur la beaute de l’existence humaine, sans oublier d’interroger nos certitudes morales ou politiques.

Hans Magnus Enzensberger est ne en 1929 a Kaufbeuren en Baviere. Docteur en philosophie et eminent representant de la poesie allemande contemporaine, H.M. Enzensberger est aussi romancier, traducteur, journaliste et essayiste. Analyste critique des medias, il s’est notamment illustre par ses etudes consacrees aux liens qui unissent violence et politique (Les Reveurs de l’absolu, Allia, 1998).

  • Les presentations des editeurs : 25/10/2007

C’est une drole de rencontre.
Entre Joachim, jeune homme serieux, chercheur en sciences economiques, et Josephine, agee de plus de soixante-quinze ans et ancienne cantatrice lyrique, l’entente ne semble pas aller de soi. Pourtant, Joachim ne parvient pas a se soustraire aux invitations hebdomadaires de cette vieille dame excentrique. Depuis le jour ou il s’est interpose pour empecher le vol de son sac a main, il prend le the avec elle tous les mardis, dans une grande batisse un peu delabree ou elle vit avec une fidele domestique prenommee Fryda.
Tour a tour fascine, emu ou agace par les histoires de Josephine, Joachim essaie de comprendre quelle a vraiment ete la vie de cette femme libre et si peu conventionnelle : une belle carriere sous le IIIe Reich, trois maris vite consumes et beaucoup d’amants, pas mal d’argent aussi, depense sans compter. Sans parler de la mysterieuse Fryda, qui occupe certainement une place centrale dans ce puzzle…
Ce petit livre possede un ton singulier, melange de legerete et de melancolie. A travers le prisme d’une relation incongrue, Hans Magnus Enzensberger pose un regard tragi-comique sur la beaute de l’existence humaine, sans oublier d’interroger nos certitudes morales ou politiques.

Hans Magnus Enzensberger est ne en 1929 en Baviere. Romancier, poete et essayiste, il s’est distingue par ses prises de position et par ses analyses politiques comme un des intellectuels europeens de tout premier plan. Une dizaine de ses ouvrages ont paru en traduction francaise aux Editions Gallimard, dont tout recemment son essai sur l’Islam Le perdant radical et un recueil de poemes, Mausolee precede de Defense des loups et autres poesies.

  • Les courts extraits de livres : 07/01/2008

PREMIER CAHIER

5 septembre 1990
Hier apres-midi j’ai fait une bonne action. Ce n’etait pas vraiment mon intention. C’etait un hasard. Le hasard, c’est le pretexte derriere lequel se retranchent ceux qui n’ont pas d’excuse valable. J’etais en train de rentrer chez moi. La vieille dame qui marchait a quelques pas devant moi n’avait pas veritablement attire mon attention, si ce n’est par le petit chapeau en velours vert fonce et muni d’un voile blanc qu’elle portait. Dire que je l’ai sauvee serait exagere. L’incident qui m’a conduit a faire sa connaissance a surgi de nulle part, ou plutot de juste derriere moi, sous la forme d’un scooter qui m’a depasse. Le type, habille de cuir rouge, et qui m’avait presque frole, freina brusquement devant moi et, sans descendre de sa moto, arracha d’un geste chevronne le sac a main de la vieille dame. Je la vis chanceler. Avant que le bonhomme n’ait pu repartir, je l’avais deja rejoint. Je donnai un coup de pied tellement violent dans le reservoir de sa moto qu’il tomba a terre ; j’en profitai pour recuperer le sac a main, qui, comme je le remarquai au passage, etait brode d’une multitude de petites perles. Ce que j’avais fait n’avait rien d’heroique, j’avais plutot agi par reflexe. Tandis que j’aidais Josephine a se relever, l’agresseur se redressa, monta en selle, tourna la poignee d’accelerateur et se depecha de deguerpir.
Pour tout remerciement, j’eus droit a un hochement de tete bienveillant. Visiblement, la dame au petit chapeau vert considerait mon intervention comme la chose la plus naturelle au monde. Les sourcils fronces, elle me demanda si j’avais l’heure exacte. J’etais tellement eberlue que, au lieu de lui repondre, je lui tendis son sac, qu’elle examina soigneusement avant de le remettre a son bras.
– Mon pere, m’instruisit-elle, me l’a offert a l’occasion de l’un de mes mariages. Ah voila, je me souviens. C’etait le premier. A l’epoque, dans la Bond Street, a Londres. Je n’avais pas vingt ans.
Entre-temps un policier avait fait son apparition, sans doute appele a la rescousse par un passant temoin de la scene.
– Vous etes bien aimable, lui fit-elle savoir, mais nous n’avons pas besoin de votre aide. Ce monsieur a eu la gentillesse de regler cette affaire.
Apparemment, le policier n’avait pas tres envie de consigner les faits. Il nous adressa un bref salut en portant deux doigts a sa casquette et s’en alla. C’est a ce moment-la que j’aurais du prendre conge, mais elle me devanca.
– Attendez, me dit-elle.
Elle fouilla dans son sac, en tira une volumineuse montre de gousset en argent, la consulta, me regarda et fit le constat suivant :
– Il est cinq heures passees de quatre minutes, il est encore temps de boire un the. C’est au 12 de la Kastanienallee, chez Josephine K.
Je compris qu’il s’agissait la d’une invitation, mais je n’eus pas la presence d’esprit de la decliner.

6 septembre
Josephine K, j’ai l’impression d’avoir deja entendu ce nom quelque part. It rings a bell, comme disent les Anglais, sauf que souvent on ne sait pas tres bien ce que signifie ce son de cloche. La gloire est si ephemere qu’on ne percoit plus que ce tintement lointain. Une actrice ? La veuve d’un peintre celebrissime ? Une star du temps des grands studios de l’UFA ? Sur le chemin qui nous menait a la Kastanienallee j’ai en vain fouille ma memoire, tandis que Josephine marchait devant moi d’un pas decide. Elle ne semblait pas vouloir faire la conversation, et a mes timides tentatives de nouer le dialogue elle ne repondit que par un sourire evanescen.
Sa maison etait la seule du quartier a ne pas faire du tape-a-l’oeil avec une facade de couleur criarde. Ici, ni les monuments historiques ni les promoteurs n’etaient intervenus. Certains des volets verts etaient de guingois, la rouille rongeait la balustrade du balcon, et le jardinet n’avait pas ete debarrasse de ses mauvaises herbes depuis un moment. Mais le panonceau en laiton pres du portail brillait comme un sou neuf.
Est-il possible, me demandai-je, qu’elle habite ici toute seule ?