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Kenji Mizoguchi

Auteur : Noel Simsolo

Date de saisie : 17/01/2008

Genre : Cinema, Television

Editeur : Cahiers du cinema, Paris, France

Collection : Grands cineastes

Prix : 7.00 / 45.92 F

ISBN : 978-2-86642-497-8

GENCOD : 9782866424978

Sorti le : 03/01/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/01/2008

L’oeuvre de Kenji Mizoguchi, ne a Tokyo au moment ou le cinematographe arrive au Japon, raconte a elle seule une histoire du cinema, du muet au parlant, du noir et blanc a la couleur, des productions a la chaine des grands studios japonais a la politique des auteurs. C’est au debut des annees cinquante que l’Europe decouvre ses films qui remportent de veritables triomphes au Festival de Venise : La Vie d’O-Haru, femme galante, Les Contes de la lune vague apres la pluie, L’Intendant Sansho. Mizoguchi, qui a debute dans les annees vingt, a deja plus de soixante-dix films a son actif, et meme si une large partie d’entre eux a disparu, le public qui connait alors un engouement sans precedent pour le cinema japonais va desormais pouvoir acceder a un veritable tresor du septieme art. Si la filmographie de Mizoguchi est profondement ancree dans la culture et l’histoire du Japon, elle accede a une ampleur universelle bien au-dela d’un exotisme orientaliste. Mizoguchi conjugue dans sa mise en scene les contingences de son pays et de son temps, les codes des genres qu’il aborde (le polar, le melodrame ou le film d’epoque), avec une vision humaniste d’une force incomparable. C’est sans conteste le cineaste qui a dessine les plus beaux portraits de femmes trahies, dechues et humiliees par les hommes.

Noel Simsolo est historien du cinema, scenariste, comedien, cineaste et romancier. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur le cinema : Alfred Hitchcock, Le Monde de Jerry Lewis, Fritz Lang, Howard Hawks, Il etait une fois Samuel Fuller, Conversation avec Sergio Leone, Sacha Guitry, Billy Wilder…

  • Les courts extraits de livres : 17/01/2008

Introduction :

Pour moi, le probleme est de savoir s’il est possible de traduire dans un film les nuances du dessin chinois, tout en lignes fines.
Kenji Mizoguchi (1952)

C’est au debut des annees cinquante, quand La Vie d’O-Haru, femme galante, Les Contes de la lune vague apres la pluie et L’Intendant Sansho triompherent au Festival de Venise en 1952, 1953 et 1954, que l’oeuvre du Japonais Kenji Mizoguchi devint a nos yeux synonyme de la beaute au cinema. Le monde venait de decouvrir Rashomon et Les Sept Samourais de son jeune compatriote, Akira Kurosawa, mais il apparaissait que Mizoguchi, alors deja auteur de plus de soixante-dix films invisibles en Occident, poussait le septieme art a son plus haut niveau d’incandescence.
En France, la retrospective de dix de ses films en 1958 fut un grand evenement artistique. En cette annee ou germait la Nouvelle Vague, les tenants de la politique des auteurs affirmaient que c’etait par la mise en scene qu’un cineaste exprimait son univers. Les oeuvres de Mizoguchi semblaient leur donner raison et, dans un article inspire, Jacques Rivette ecrivit : Si la musique est idiome universel, la mise en scene aussi : c’est celui-ci, et non le japonais, qu’il faut apprendre pour comprendre “le Mizoguchi”, langage commun, mais porte ici a un degre de purete que notre cinema occidental n’a jamais connu qu’exceptionnellement.
Depuis, le cinema de Mizoguchi est devenu indispensable. Et pourtant, nous ne pouvons voir qu’une quarantaine de ses oeuvres, les autres ayant ete perdues ou detruites. La majorite de ses travaux des annees vingt et trente fait partie de cette cinematheque fantome ou gisent les tresors disparus.
Le propre d’un cineaste majeur est d’etre un moderne qui deviendra un classique. Pour cela, il lui faut batir une oeuvre qui soit a la fois de son temps et hors du temps, de sa culture nationale et d’une ampleur universelle, de haute tenue artistique et d’une force ideologique imparable. Bref, il lui faut du style et du sens, de l’esthetique et de l’ethique, de l’elitaire et du populaire. Les films de Mizoguchi conjuguent tout cela sous les apparences de melodrames qui proposent, en majorite, des portraits de femmes trahies, dechues et humiliees par les hommes. Ils composent ainsi une oeuvre qui doit etre abordee dans sa chronologie, parce qu’elle est dependante de l’histoire du Japon tout autant que de l’epure progressive d’un style.