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Kirili et les nympheas

Couverture du livre Kirili et les nympheas

Auteur : Alain Kirili

Preface : Francine Mariani-Ducray

Date de saisie : 28/05/2007

Genre : Arts

Editeur : Reunion des musees nationaux, Paris, France

Prix : 20.00 / 131.19 F

ISBN : 978-2-7118-5330-4

GENCOD : 9782711853304

  • Les courtes lectures : Lu par Joachim Salinger – 07/06/2007

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Joachim Salinger – 07/06/2007

  • Les presentations des editeurs : 29/05/2007

Les Nympheas de Claude Monet, qui comptent parmi les oeuvres les plus saisissantes du XXe siecle, inspirent encore les artistes d’aujourd’hui, sensibles notamment au fait que les grandes decorations du musee de l’Orangerie prefigurent la notion contemporaine d’ environnement.

Ainsi en est-il d’Alain Kirili (ne en 1946), dont l’oeuvre sculpte s’est tres tot confronte aux Nympheas. Invite par le musee a exposer dans ses murs, Kirili a cree pour l’occasion un nouveau de ses Commandements, en hommage a Claude Monet. Il l’accompagne de sculptures plus anciennes, ainsi que de nombreuses et spectaculaires oeuvres graphiques, qui constituent le versant le moins connu de sa creation multiforme.

  • Les courts extraits de livres : 29/05/2007

KIRILI AUX NYMPHEAS

Tandis que vous cherchez philosophiquement le monde en soi, j’exerce simplement mon effort sur un maximum d’apparences, en etroites correlations avec les realites inconnues… Votre faute est de vouloir reduire le monde a votre mesure, tandis que croissant votre connaissance des choses, accrue se trouvera votre connaissance de vous-meme.
Claude Monet a Georges Clemenceau, cite dans Georges Clemenceau, Claude Monet Les Nympheas, Paris, 1928, p. 101-102.

1. L’art du dialogue
Kirili chez Monet. Le sculpteur tutoyant Le peintre. Avec respect. Comme il L’avait fait avec Rodin, Carpeaux ou David Smith, dans une structure dialogique d’oeuvre a oeuvre mais aussi par Le truchement des mots, de L’ecrit qui arrache a la forme une verite, toujours partielle, a affiner dans un dialogue sans fin.
Kirili face aux Nympheas : le dialogue socratique – de quelle verite accouche le sculpteur sur sa propre creation au terme d’une maieutique complexe avec le chef-d’oeuvre de Claude Monet ? – fait place a la meditation. Alain Kirili aime L’eau. L’eau est un entrelacs de reflets, de mouvement et de pensee. C’est une tresse, mais pas pour une melancolique Ophelie. Kirili affirme au contraire l’heureuse nature du bassin des Nympheas, piscine des amours de l’eau et du ciel. Je me souviens du bassin du musee de Grenoble ou flottent depuis 1999 – au moment de ma rencontre avec le sculpteur -, ses Water Letters, complexe oraison en deux couleurs sur la Visitation de la forme par L’onde. Cet ete-La, le sculpteur avait fait naturellement de la bonne peinture et anticipe son dialogue d’aujourd’hui avec Monet.
Face au bassin des Water Letters /Lilies, le visiteur ressentait ce qu’exprime avec force – et que le lecteur m’excuse de ne pas citer Gaston Bachelard – Maurice Merleau-Ponty dans L’Oeil et l’Esprit, ecrit en 1960 : L’eau elle-meme, la puissance aqueuse, l’element sirupeux et miroitant, je ne peux pas dire qu’elle soit dans l’espace : elle n’est pas ailleurs, mais elle n’est pas dans la piscine. Elle l’habite, elle s’y materialise, elle n’y est pas contenue, et si je leve les yeux vers l’ecran des cypres ou joue le reseau des reflets, je ne puis contester que l’eau le visite aussi, ou du moins y envoie son essence active et vivante. C’est cette animation interne, ce rayonnement du visible que le peintre cherche sous les noms de profondeur, d’espace, de couleur