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La belle maison

Auteur : Franz Bartelt

Date de saisie : 27/03/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Dilettante, Paris, France

Prix : 15.00 / 98.39 F

ISBN : 978-2-84263-149-9

GENCOD : 9782842631499

Sorti le : 01/02/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Clo Brion de la librairie VANDROMME a LES VANS, France – 17/09/2008

Franz Bartelt, lorsque le Verbe se fait bonne chere !
Dans un style truculent et caricatural, l’auteur nous entraine a Cons, village idyllique des Ardennes profondes (qui existe reellement d’ailleurs) ou le maire, en vrai bonhomme de biere suivi de concitoyens tout autant convaincus et de son epouse souffreteuse a la Dumas, decide de changer les conditions de vie jugees miserables d’un couple de Pauvres. Les Pauvres Capouilles, invraisemblables survivants poetiques arrives d’on ne sait ou.
La Belle Maison, erigee a leur insu comme principe de realite du bonheur consien et de la bonne conscience villageoise, leur sera donc offerte… Les deloges-reloges, stupefaits, resisteront-ils a cet assaut humanitaire ? Une farce en clins d’oeil, drole et ripailleuse mais ou le Bien peut devenir l’ennemi du Bien.

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

La scene est quelque part, a savoir Cons-sur-Lombe, le plus quelque part de tous les quelques parts. On y note un maire, monsieur Balbe, ivre de modernisme urbain, flanque d’une pieuse et quinteuse moitie, et les Boulu, Mortimer et Constance, dits les Capouilles, gens de peu, bons a tout : tailler les haies, deratiser. Entetante, l’idee d’arracher les Capouilles a Dame Pauvrete, de leur enseigner l’eau, l’optimisme hygienique, de les inserer dans la Belle Maison, taraude les bien-pensants Consiens. Mais les Capouilles tirent ailleurs; d’autant qu’ils celebrent la nuit, aux confins de leur terrier, des rituels fantasques, inconnus de tous, pure poesie. Neanmoins, une celebration carnavalesque de la reinsertion sociale est mise en route pour feter le retour des Capouilles au pays du tout-a-l’egout et de la tolerance heureuse. Balbe convainc le cure de goupillonner le havre de paix, un journaliste d’honorer d’une colonne ce grand moment. La fiesta a lieu qui voit les Capouilles brosses, ravales, peignes, karcherises, prendre possession d’une enfin digne demeure. Las ! Mon mal vient de plus loin…

Franz Bartelt est ne au bord de la Seine de Maupassant, a grandi au bord de la Vence de Rene Daumal et vit au bord de la Meuse d’Arthur Rimbaud. Sans doute est-ce pourquoi il a developpe un certain respect pour l’eau qui coule, le gout de la litterature qui en decoule et le regret, a mesure qu’il prend de la bouteille, de n’avoir pas vu le jour dans des regions viticoles.
Il est l’auteur d’une dizaine de romans chez Gallimard.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Avec pres de deux mille habitants, une place equipee de sept bancs de couleur, d’un jet d’eau et d’un abribus pourvu d’un plan de la commune, avec egalement une salle des fetes de dimensions respectables, une eglise remarquable pour des raisons mysterieuses, des barbecues municipaux ouverts a tous et des toilettes publiques a participation de l’usager, Cons-sur-Lombe etait un village qui se donnait des airs de grande metropole sans renier ses origines cerealieres que rappelaient, devant la mairie, quelques anciennes machines agricoles, desormais exposees sur des socles de beton : Afin que nul n’en ignore, disait le maire, M. Balbe, un homme qui aurait pu etre communiste, tant il avait le sens de la collectivite, mais qui s’etait resigne a carrierer dans le centrisme pour faire plaisir a tout le monde, ce qui revient a peu pres au meme.
C’etait ce qu’on appelle un homme a idees. Sa generosite paraissait sans limites. Ses amis le comparaient volontiers et sans rire a saint Vincent de Paul. Il n’avait pas d’ennemis car, tres fort en gueule et pesant plus de cent soixante kilos, il savait se faire respecter en s’imposant a l’heure de l’aperitif comme le meilleur buveur de boissons anisees d’un canton qui, en la matiere, ne comptait pourtant que des champions. Sa devise ne manquait pas d’ambition : Toujours plus et toujours mieux qu’ailleurs. Elle l’exposait quelquefois a des deconvenues administratives de premier ordre. Par exemple, il aurait voulu doubler la surface du terrain de football.
Avec un terrain plus long et plus large, et des buts en proportion, nous montrerions au monde entier que les Consiens sont des fameux joueurs, qu’ils courent plus vite et plus longtemps que les chatres des autres equipes !
Par mesquinerie sportive autant que par conformisme politique, les potentats du conseil general avaient fait obstacle au projet, et les footballeurs de Cons devaient se contenter d’un terrain, certes reglementaire, mais ou leur talent se sentait a l’etroit.
Sur un terrain adapte, meme a six contre douze, on gagnerait ce qu’on voudrait !, soupirait Balbe a chaque fois qu’il repensait a cette histoire. Ses compagnons de comptoir abondaient dans son sens, car on ne contrarie pas un edile qui, bien souvent et de sa poche, regle l’ensemble des tournees.
Mme Balbe etait une creature souffreteuse. Toujours entre deux maladies, elle vomissait a volonte, presentait des fievres et des symptomes eruptifs qui renouvelaient sans cesse les themes de ses bavardages. On la considerait comme une femme courageuse. Elle ne pesait pas le tiers de ce que pesait son mari, et il y avait en elle une telle reserve de larmes qu’on pouvait tenir pour negligeable le poids cumule de sa chair et de ses os.
En trente ans, elle avait perdu des hectolitres de sang, par tous les moyens que la nature met a la disposition de l’hemorragie. Ses recits hematiques, fidelement rapportes a l’heure du porto et des biscuits, lui attiraient la sympathie de ses voisines et, en general, des autres femmes du village, qu’elle recevait aussi.