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La catin. Volume 1

Auteur : Iny Lorentz

Traducteur : Frederic Weinmann

Date de saisie : 03/01/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Presses de la Renaissance, Paris, France

Prix : 21.00 / 137.75 F

ISBN : 978-2-7509-0201-8

GENCOD : 9782750902018

Sorti le : 03/01/2008

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  • Les presentations des editeurs : 10/01/2008

UNE FRESQUE MEDIEVALE ENVOUTANTE
UNE HEROINE INOUBLIABLE
UN BEST-SELLER DE PLUS D’UN MILLION D’EXEMPLAIRES VENDUS EN ALLEMAGNE
Constance, 1410. La belle et pure Marie est promise a Ruppertus, riche avocat peu scrupuleux, en echange d’une dot consequente. Mais a quelques jours du mariage, son avenir s’effondre : victime d’un horrible complot, elle est accusee de devergondage et jetee en prison. Alors qu’elle attend dans sa cellule d’etre innocentee par un examen, trois brutes la violent sauvagement. Inculpee du peche de chair, Marie est torturee et bannie de la ville pendant que Ruppertus s’approprie tous ses biens. Blessee, repudiee, elle est recueillie et soignee par des femmes de petite vertu.
N’ayant plus rien a perdre, Marie est desormais prete a tout pour survivre… et n’a plus qu’un objectif : se venger. Le premier volet d’une trilogie historique captivante.

Iny Lorentz est nee a Cologne et travaille comme programmeuse en informatique pour une compagnie d’assurances de Munich. Elle a commence a publier des nouvelles au debut des annees 1980, mais c’est son premier roman, La Castrate, qui l’a fait connaitre. Depuis une dizaine d’annees, ses ouvrages figurent regulierement sur les listes des meilleures ventes en Allemagne.

  • Les courts extraits de livres : 10/01/2008

Marie, qui avait mauvaise conscience, se faufila dans la cuisine et essaya de se remettre au travail le plus discretement possible. Cependant, Wina, l’intendante, avait remarque son absence. La petite femme trapue a la mine probe mais severe et aux couettes deja grisonnantes lui fit signe d’approcher avec un air de reproche. Une fois Marie devant elle, elle lui posa une main sur l’epaule et poussa un profond soupir.
La femme de Maitre Matthis etant morte en couches, elle s’etait efforcee de tenir lieu de mere a l’orpheline. Il n’avait pas toujours ete facile de trouver le juste milieu entre l’indulgence et la severite, mais jusqu’a present elle n’avait pas eu a se plaindre. L’enfant curieuse et souvent temeraire etait devenue une pucelle obeissante et pieuse dont le pere pouvait etre fier. Neanmoins, depuis le jour ou elle avait appris qu’on allait la marier, la jeune fille etait comme metamorphosee. Au lieu de chantonner et de sautiller gaiement a travers la maison, elle accomplissait son travail la mine renfrognee et faisait penser a un poulain auquel on met des renes pour la premiere fois.
Une autre se serait rejouie d’apprendre qu’un homme de bonne famille la demandait en mariage. Marie, elle, avait ete bouleversee, comme si elle craignait de franchir le pas le plus important dans la vie d’une femme. Pourtant, elle n’aurait pas pu mieux tomber. Son pretendant etait Maitre Ruppertus Splendidus, fils d’un comte suzerain et d’une serve. Malgre son jeune age, c’etait deja un avocat repute qui avait devant lui un brillant avenir.
Wina supposait que ce grand seigneur avait jete son devolu sur Marie parce qu’il lui fallait une femme assez energique pour gerer une grande maison et de nombreux domestiques – une idee qui la remplissait de fierte car c’etait elle qui avait appris a Marie a faire preuve d’initiative et a ne pas rechigner a l’ouvrage. Cette pensee la ramena a la realite. Les preparatifs de noces etaient loin d’etre acheves et la nuit tombait deja. Elle se pressa de donner a Marie un recipient rempli de pate.
– Tiens ! Petris-moi ca ! Et je ne veux pas voir un grumeau. Tu peux me dire ou tu etais ?
– Dans la cour. Je voulais juste prendre l’air. Marie baissa la tete pour eviter que Wina ne voie son expression boudeuse. La vieille femme ne lui en aurait fait que plus de reproches et lui aurait tenu un discours sur les devoirs conjugaux, farci d’allusions troublantes. L’adolescente n’arrivait pas a lui faire comprendre qu’elle avait peur de la tournure inattendue qu’avait prise son existence. Fille unique, elle venait tout juste de feter ses dix-sept ans et, de ce fait, n’etait pas prete pour le mariage. Or, voila que dans quelques jours elle serait livree a l’autorite d’un homme pour lequel elle n’eprouvait pas le moindre sentiment.
Pour autant qu’elle se souvienne, Ruppertus Splendidus etait de taille moyenne, et maigre comme beaucoup de jeunes gens de sa connaissance. Son visage etait trop anguleux pour etre joli, mais il n’etait pas desagreable. En revanche, ses yeux semblaient transpercer tout ce qu’ils voyaient. La seule fois qu’elle l’avait rencontre, elle avait ete prise de frissons a la vue de son regard et au contact de sa main froide et presque sans vie. Toutefois, elle n’arrivait pas a faire comprendre a Wina et a son pere pourquoi elle se sentait mal a l’idee d’epouser le fils du comte von Keilburg.
Comme l’intendante semblait toujours disposee a lui faire un sermon sur les bons usages, Marie tenta de changer de sujet.
– Les ballots de drap flamand que les rouliers ont remontes du port aujourd’hui sont encore dans la cour, et on dirait bien qu’il va pleuvoir.
– Quoi ? Ce n’est pas possible ! Il faut mettre la marchandise a l’abri au plus vite. Malheureusement, tous les charretiers sont a l’auberge en train de faire la fete en l’honneur de ton mariage. J’aurais beau rouspeter ou les supplier, je ne risque pas de les en faire sortir. Je vais voir si j’arrive a trouver un de nos valets et a le convaincre de mettre au moins une bache. Vous n’avez qu’a continuer sans moi pendant ce temps-la.