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La chanson de prevert

Auteur : Michel Trihoreau

A mi-chemin entre la nostalgie et l’espoir, l’hiver s’enroule indifférent, gros de printemps en gestation.
Prévert a franchi la moitié du tour de manège, déjà il aperçoit le point de départ : l’enfance. se tourner vers l’enfance n’est pas se tourner vers le passé, mais plutôt vers l’avenir. ne tombons pas dans le piège grossier de l’image d’epinal qui fait de prévert un enfant parmi les enfants. attirance réciproque, c’est incontestable. s’il n’a jamais aimé l’école, prévert a toujours eu soif de comprendre, plus que d’apprendre.
Le rabâchage idiot, il l’a toujours tourné en dérision, que ce soit la table de multiplication laïque ou les prières catholiques. mais c’est un faux cancre. ne pas accepter les contraintes ne signifie pas être borné. dans son cas, c’est l’inverse. il a toujours cherché plus loin, au-delà des limites imposées, il a passé les bornes, changé la règle du jeu, poussant toujours plus loin son intelligence. s’il a critiqué l’école et les intellectuels, ce n’est pas par démagogie, c’est parce qu’il a toujours pensé que le cadre scolaire était souvent un frein et que le savoir n’était pas toujours lié à l’intelligence.
Le moteur de celle-ci se cache dans l’imagination. que sont les jeux surréalistes et la pataphysique, sinon des exercices d’imagination, d’intuition ? ce génie des histoires que raconte prévert tient beaucoup à la part d’imaginaire – faut-il dire d’imaginaires, titre du recueil de collage publié en 1970 – qu’il laisse au lecteur ou à l’auditeur. qu’il s’agisse d’un tableau insolite ou fantastique qui se projette en bande dessinée dans notre esprit, comme la pêche à la baleine, de raccourcis percutants comme dans premier jour : ” la mort dans un cri/et l’enfant dans la vie ” ou encore d’inventaire ou de cortège fantasmagoriques composés de cliché, détournés, retournés ou contournés, c’est à chacun d’y voir ce qu’il veut.
Libre, prévert nous libère.
Michel trihoreau signe par ce livre un bel essai sur l’oeuvre-vie de jacques prévert. on y trouve l’actualité toujours plus vive de son oeuvre pour ces années 2005. on y découvre le rebelle-poète, l’esprit original de sa poésie et de ses chansons. les filiations, les influences, les interprètes sont commentés et évoqués avec justesse.