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La cite des mots

Auteur : Alberto Manguel

Traducteur : Christine Le Boeuf

Date de saisie : 13/03/2009

Genre : Litterature Etudes et theories

Editeur : Actes Sud, Arles, France | LEMEAC, Montreal, Canada

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-7427-8038-9

GENCOD : 9782742780389

Sorti le : 07/01/2009

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  • Les presentations des editeurs : 15/01/2009

Pourquoi cherchons-nous des definitions d’identites par les mots et quel est, dans une telle quete, le role du conteur d’histoires ? Comment le langage peut-il determiner, limiter et accroitre notre imagination du monde ? Comment les histoires que nous racontons nous aident-elles dans notre perception de nous-memes et des autres ? De telles histoires peuvent-elles preter a une societe entiere une identite, vraie ou fausse ? Et, en conclusion, est-il possible que des histoires nous transforment, nous et le monde dans lequel nous vivons ?

ALBERTO MANGUEL
(extrait de l’introduction)

Dans cette serie de conferences prononcees en 2007 a Toronto dans le cadre des Massey Lectures, tribune annuellement offerte a des penseurs contemporains pour traiter des grandes questions de notre temps, Alberto Manguel, dressant de fascinants paralleles entre les realites individuelles et politiques du monde actuel et celles que, de tout temps, ont pris en charge le mythe, la legende et le recit, propose de preter attention, plutot qu’au discours d’autorites pretendument competentes, a ce qu’ont a nous dire, sur la maniere de batir une societe, les visionnaires – poetes, romanciers, essayistes ou cineastes – dont les oeuvres, parce qu’elles acceptent d’assumer l’humain dans toute sa complexite, montrent la voie de l’ouverture sur la quelle peut se fonder une communaute plus juste et plus durable.

En France, la majeure partie de l’oeuvre d’Alberto Manguel est publiee par Actes Sud.

  • La revue de presse Olivier Le Naire – L’Express du 12 mars 2009

En vieux philosophe qui a lu (presque) tous les livres, Alberto Manguel propose a un monde qui a perdu ses reperes de retrouver le chemin de l’imaginaire…
Le meilleur moyen de garder la tete froide etant de se rafraichir la memoire, l’auteur seme mille histoires ou anecdotes montrant comment l’homme a souvent du, par le passe, construire ses realites sur ses reves. Ou perir. Ce qu’Horace resumait deja, il y a deux mille ans, par ces vers : Vaines leurs manigances, vain le sang verse/ Faute d’un poete, les voila morts.

  • La revue de presse Martine Laval – Telerama du 14 janvier 2009

Toujours aussi limpide et cocasse, l’ecrivain argento-canadien polyglotte raconte son experience de liseur, prone la lenteur, le silence, nous fait miroiter le bonheur du tete-a-tete avec un livre – et donc avec soi -, le bonheur d’effacer le temps mais pas la memoire. Manguel, pedagogue au bagout irresistible, s’en remet aux Meditations de Kafka : Esperer sans conclure, batir sans gravir, c’est-a-dire savoir sans exiger la possession exclusive du savoir. Manguel s’est invente une maison dont les mots sont les hotes. Ils nous ouvrent leur porte.

  • Les courts extraits de livres : 29/12/2008

Extrait de l’introduction d’Alberto Manguel :

De chaque domaine du savoir, je ne traiterai que par fragments, par morceaux detaches, car le passage d’un univers a un autre attise le plaisir et l’ardeur de la lecture. Si j’ecrivais les chapitres de mon livre de maniere continue, en epuisant chaque fois le sujet, ils seraient certainement plus complets, plus exhaustifs, plus nobles. Mais j’ai peur des longueurs ; et, toi, tu es digne et capable de parvenir a la connaissance de l’ensemble a partir des details, a celle de la fin en partant de celle du debut.

JAHIZ,
Le Livre des animaux, IXe siecle,
traduction de Lakhdar Souami,
Actes Sud / Sindbad, 1988.

Apres les deux guerres mondiales du siecle dernier, l’exercice de la reunion et de la separation des pays a donne naissance a deux tendances opposees. L’une consistait a elargir la notion de societe, a retourner a une version modifiee du modele imperialiste sous couvert d’un rassemblement des nations, dont aucune ne serait prima inter pares, et d’appeler ce patchwork le Monde occidental ou la Societe des nations arabes, la Confederation africaine ou les Pays du Pacifique, le Cone sud ou l’Union europeenne. L’autre visait a reduire la societe a un plus petit denominateur commun, tribal, voire familial, fonde sur d’anciennes racines ethniques ou religieuses : Transnestrie, Pays basque, Quebec, communautes de chiites et de sunnites, Kosovo. Dans les deux cas, qu’elle soit composite ou singuliere, toute societe dont nous concevons l’existence cherche autant sa definition dans une vision complexe et multiple d’elle-meme que dans son opposition a une autre. Toute frontiere exclut autant qu’elle inclut, et ces redefinitions successives de nations agissent a la maniere des cercles dans la theorie des ensembles, en se superposant et en s’entrecoupant les unes les autres. Coincee entre definitions de nationalite et mondialisation, entre loyautes endemiques et exode choisi ou impose, la notion d’identite personnelle et sociale est devenue floue, incertaine. Dans ce flux incessant, quel nom assumons-nous, individuellement et en groupes ? Comment l’interaction avec autrui nous definit-elle, et comment definit-elle nos voisins ? Quelles sont les consequences, les menaces et les responsabilites qu’implique la vie en societe ? Qu’arrive-t-il au langage que nous parlons, cense nous permettre de communiquer entre nous ? Bref, pourquoi sommes-nous ensemble ?