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La conscience des mots

Auteur : Susan Sontag

Traducteur : Anne Wicke

Date de saisie : 09/10/2008

Genre : Essais litteraires

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 23.00 / 150.87 F

ISBN : 978-2-267-01998-8

GENCOD : 9782267019988

Sorti le : 09/10/2008

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  • Les presentations des editeurs : 23/10/2008

Premier ouvrage posthume de Susan Sontag, ce recueil rassemble seize essais et discours auxquels elle travailla jusqu’a sa mort. Ses considerations sur la beaute, la litterature russe et l’art de la traduction litteraire voisinent avec des textes – manifestes sur la situation en Israel, le 11 Septembre et Abou Ghraib. Mais, plus que dans aucun autre livre, Susan Sontag exprime ici sa foi en la litterature et le pouvoir qu’elle lui confere. Elle y devoile ses centres d’interet majeurs – la lecture, l’ecriture, la traduction – ainsi que ces qualites qu’elle prisait avant tout, dans son travail comme dans sa vie : l’honnetete intellectuelle et morale ainsi que l’esprit de serieux.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Wicke

  • Les courts extraits de livres : 23/10/2008

Extrait de l’avant-propos :

Lorsque je pense a ma mere aujourd’hui, plus d’un an apres sa mort, je me surprends souvent a m’attarder sur cette expression etonnante d’Auden, dans son grand poeme a la memoire de Yeats – des mots qui a la fois resument la petite immortalite que peut parfois conferer la reussite artistique et constituent, simultanement, un euphemisme absolument extraordinaire pour exprimer la disparition. Une fois mort, Yeats, ecrit Auden, devint ses propres admirateurs.
Les etres chers, les admirateurs, les detracteurs, les oeuvres, le travail : au-dela des souvenirs voues a etre rapidement deformes ou a tout le moins revus et corriges, au-dela des biens destines a etre rapidement disperses ou distribues, au-dela des bibliotheques, des archives, des enregistrements vocaux, des bandes video, des photographies – c’est sans doute la tout ce qui peut rester d’une vie, aussi bien et chaleureusement vecue qu’elle ait pu etre, quelle qu’en ait ete la reussite.
J’ai connu bien des ecrivains qui se sont accommodes de la mortalite, autant que cela leur etait possible, grace au moins a ce fantasme que leur oeuvre leur survivrait et survivrait a la vie de ceux, parmi leurs proches, qui garderaient foi en leur souvenir pour le temps qui leur resterait a eux-memes. Ma mere faisait partie de ces ecrivains, elle travaillait avec un oeil imaginairement dirige vers la posterite. Je devrais ajouter que, etant donne sa peur absolue de la disparition – jamais, meme durant ses ultimes jours de souffrance, il n’y eut en elle la moindre ambivalence, la plus petite acceptation -, cette pensee n’etait pas simplement une petite consolation, ce ne fut jamais une consolation. Elle ne voulait pas partir. Je ne pretends pas savoir vraiment ce qu’elle ressentit lors de son agonie, durant ces trois mois passes dans deux lits successifs dans deux hopitaux successifs, alors que son corps ne devenait plus qu’une terrible douleur, mais cela, au moins, je peux l’affirmer en toute certitude.