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La Couleur de l’aube

Auteur : Yannick Lahens

Date de saisie : 06/11/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Sabine Wespieser editeur, Paris, France

Prix : 20.00 €

ISBN : 978-2-84805-063-8

GENCOD : 9782848050638

Sorti le : 06/11/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Andre Zaradzki de la librairie LE CHANT DE LA TERRE a PONT-SAINT-ESPRIT, France (visiter son site) – 03/11/2008

Haiti des tontons macoutes : la boue, le sang, la honte, le desir, la colere, la peur et le cortege quotidien des humiliations, tout cela dans un court roman a deux voix, un chant dont les accents font remonter du plus profond de l’ame humaine le gout amer du renoncement a toute idee de bonheur ; deux soeurs, deux voix – et l’absent, le frere aime qui frotte sa vie a la mort, la provoque ; deux soeurs qui chacune a sa maniere tente de conjurer une malediction vieille de deux siecles, l’une en prenant le masque de la frivolite, l’autre en s’abandonnant a un dieu improbable ; la langue poetique de Yanick Lahens a les couleurs et le feu de la Caraibe mais elle garde le ton juste et sobre, mezzo voce, de la confidence.

  • Les presentations des editeurs : 16/10/2008

LA COULEUR DE L’AUBE. Angelique se leve tous les matins la premiere, dans la petite maison des faubourgs de Port-au-Prince qu’elle partage avec sa mere, sa soeur Joyeuse, et son jeune frere Fignole. Dans l’aube grise de fevrier, l’inquietude l’etreint : Fignole n’est pas rentre et toute la nuit les tirs n’ont cesse de gronder au loin…
Angelique la sage est une fille soumise, une soeur exemplaire, une femme de trente ans en apparence resignee. Sa famille, le fils qu’elle a eu par accident, les malades de l’hopital, constituent son unique horizon. Joyeuse, la belle, la sensuelle, n’a pas abdique, elle, sa liberte, sa revolte, son desir de bonheur et d’une vie meilleure, malgre la misere, la violence, les rackets et les enlevements qui sont lot quotidien. Epaulees par leur mere, figure protectrice et pivot du foyer, a l’image de ses cheres divinites vaudou, les deux femmes tentent de retrouver la trace du jeune homme.
Au fil de la journee et de leur enquete, Angelique et Joyeuse, en realite les deux visages du meme desespoir, dessinent de la ville une geographie apocalyptique. Fignole, militant decu du parti des Demunis, s’est perdu dans les meandres d’une impossible lutte, dans les hasards du desordre absolu.
Yanick Lahens, en depeignant avec une remarquable economie de moyens le destin d’une famille helas ordinaire, construit l’allegorie d’un pays ou la monstruosite voudrait se faire loi. Mais son livre est poignant parce qu’a chaque page sourd la revolte et eclate la volonte de vivre.

YANICK LAHENS vit en Haiti. Ecrivain, elle brosse sans complaisance la realite caribeenne, tant dans ses romans – le premier, Dans la maison du pere, est paru au Serpent a plumes en 2000 – que dans ses nouvelles et ses essais.
En dehors de l’ecriture, elle intervient comme consultante et vient de creer une fondation agissant aupres des jeunes pour l’education et le developpement durable.

  • Les courts extraits de livres : 16/10/2008

J’ai devance l’aurore et j’ai ouvert la porte sur la nuit. Non sans avoir pose les deux genoux par terre et prie Dieu. Comment ne pas prier Dieu dans cette ile ou le Diable a la partie belle et doit se frotter les mains. Dans cette maison ou, sans crier gare, jour apres jour, il a etabli ses quartiers.
Trois fois de suite j’ai repete un psaume de David en prenant soin d’appuyer sur chaque syllabe pour etre certaine qu’en parlant si intensement a Dieu je fasse oeuvre qui vaille. Que le ciel au-dessus de ma tete ne soit pas qu’une moitie de calebasse vide :

Quand les mechants s’avancent
contre moi
Pour devorer ma chair…

Toute la nuit mes yeux ont scrute les ombres. Toute la nuit j’ai prete l’oreille au crepitement de la mitraille au loin. On voudrait toujours l’imaginer loin. Tres loin. Jusqu’au jour ou la mort vient saigner a notre porte. Jusqu’au jour ou elle eclabousse nos murs. Comme les autres, tous les autres, j’attends…