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La croque buissonniere

Auteur : Pierre Pelot

Date de saisie : 03/01/2008

Genre : Essais litteraires

Editeur : NIL, Paris, France

Collection : Exquis d’ecrivains

Prix : 12.00 / 78.71 F

ISBN : 978-2-84111-359-0

GENCOD : 9782841113590

Sorti le : 03/01/2008

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  • Le choix des libraires : Choix de Claire Strohm et Robert Roth de la librairie AU MOULIN DES LETTRES a EPINAL, France (visiter son site) – 19/02/2008

Ce petit livre regale au sens propre comme au sens figure. Pierre Pelot y decline ses grands et petits bonheurs culinaires, dessinant une sorte d’autoportrait ou se melent de breves esquisses de l’enfance et des recettes brossees a grands traits.
Curieux melange des genres, curieuses associations de mets, parfois. Orties, tartines ou rouleaux de printemps servent ainsi de pretexte a fixer par la langue ce qui habituellement s’eprouve par le silence : la gourmandise.
L’on reste, pourtant, un peu sur sa faim. Car ces courts chapitres se succedent comme autant d’ebauches pour des histoires qu’on aimerait voir se prolonger, s’etoffer, prendre chair. Pour autant ces croquis en disent plus qu’il n’y parait sur cette langue toujours inventive et alerte qui fait l’art de Pelot, un art qui puise inlassablement a la source, l’enfance, pour dire l’inextinguible soif de vivre l’experience du monde.

  • Les presentations des editeurs : 12/01/2008

Cueillir les champignons, les orties, pecher les truites a la main : dans une langue vive et truculente, pleine d’emotion, Pierre Pelot nous donne a savourer, avec un entrain irresistible, les tresors des forets vosgiennes de son enfance. Qu’il invente des recettes ou rende hommage a la patate, au lard, a la choucroute et a la soupe, cet infatigable amoureux de la nature sait nous faire rire et nous mettre l’eau a la bouche…

  • Les courts extraits de livres : 12/01/2008

Orties

Elles accompagnaient nos jeux de pirates et d’Indiens. Elles etaient presque de toutes les expeditions, en foret ou ailleurs, elles nous voyaient passer dans nos shorts aux couleurs d’ete, harnaches, coiffes de plumes, hurlant, brandissant des arcs de noisetier a la courbure rien moins que flageolante. Elles hochaient la tete, indulgentes, sans nous tenir rigueur des percees que nous lancions parfois dans leurs rangs a grands coups de baton… Comme des ombres de voyageuses revenues de bien loin, elles nous voyaient passer, l’ame et l’haleine chargees de sucs et d’epices indicibles, exotiques chez nous un jour ancien de retour de neants intouchables…
Certes… ca brule. Quand on y met la patte. On s’y frotte et on s’y pique, c’est meme un vieil adage. Alors qu’il suffit de les caresser dans le sens du poil…
Ca n’a pas l’air mechant, pourtant, ca ne porte pas de griffes, de piquants ni d’epines, ce n’est meme pas une ronce, une rose, et ca n’a pas de dents, rien d’apparence mauvaise.
Elles sont meme plutot jolies, sur leurs hautes tiges elancees, avec leurs feuilles frangees de dentelle, leurs mignonnes fleurs timides, discretes, aux fragrances delicates qui ne vous soulent pas les narines au detour de quelque imprudente reniflade.
Les orties.
Les orties de mauvaise vie, au sens ou on le dit des dames qui font et vont pour nous la rendre belle.
Et qui vont, les farouches, en hordes chevelues jusqu’au diable vauvert, en toutes terres, en tertres, creux et sommets, tous les terrains, qu’ils soient vagues ou point, les bords de sentiers, les chemins de traverse, les depotoirs et les ravins, et les endroits generalement mal frequentes.
En meutes, ou solitaires, dans la moindre faille d’asphalte, vous en pouvez voir une au moins pointer quenotte.
Ce qu’aux canins sauvages sont mes amis les renards de bon aloi, telles les orties se dressent parmi les herbes dites folles.
Courbant la tete au moindre vent sous cette mauvaise reputation urticante qui vous est faite a la traine de nos cuisants souvenirs enfantins, quand sur nos jambes nues maigrelettes nous traversions sans mefiance vos cohortes silencieuses, mesdames… Sans doute avons-nous tendance a ne nous souvenir plus crument que du pire. Mais plus tard, pourtant, il s’est toujours trouve une mere, une grand-mere, une parente quelconque, pour nous proposer le meilleur sur un coin de nappe ou de toile ciree en nous offrant par presque surprise la premiere assiettee de soupe aux orties-mais-non-qui-ne-piquent-plus-gros-nigaud…
Quand c’est cuit, c’est cuit. Un sanglier vous chargera-t-il encore en gigot ?
Bien au chaud sous la pate brisee, plus de danger. Ca vous ronronnera au palais, avec un petit gout sauvage de gibier, a la premiere salive. Mon pere etait chasseur et j’ai mange du renard avant qu’il soit mon totem ; toute honte bue, j’en garde avec l’ortie cette souvenance-la aux papilles.