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La decimation

Auteur : Rick Bass

Traducteur : (Etats-Unis) Anne Wicke

Date de saisie : 04/01/2007

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 25.00 / 163.99 F

GENCOD : 9782267018783

Sorti le : 04/01/2007

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  • Le journal sonore des livres : Lu par Geoffrey Couet- 12/02/2007

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Geoffrey Couet – 12/02/2007

  • Les presentations des editeurs : 12/01/2007

Ecrit durant les premiers jours de l’invasion americaine en Irak, ce roman s’inspire de l’une des aventures militaires les plus absurdes et les plus tragiques de l’histoire americaine. Durant les premiers temps de la republique du Texas (dans les annees 1840), deux jeunes de la campagne en quete de gloire se portent volontaires pour une expedition dont la mission consiste a patrouiller a la frontiere avec le Mexique. Captures lors de l’attaque d’un village mexicain, les hommes de l’expedition s’evadent mais sont repris. Ils subissent alors la terrible loi du diezmo : tire au sort au moyen de haricots, un homme sur dix est condamne a mort. Les survivants sont enfermes dans la plus terrible prison du Mexique, ou ils seront utilises comme monnaie d’echange dans le jeu politique et diplomatique qui va decider du destin du Texas. Rick Bass s’essaye ici a la fiction historique, ce qu’il n’avait encore jamais fait. Mais l’evocation talentueuse du paysage americain et l’empathie qu’il deploie pour ses personnages places dans des situations extremes sont bel et bien la, dans ce roman qui n’est pas sans rappeler Stephen Crane ou Cormac McCarthy.

Ne en 1958, Rick Bass a grandi a Houston, Texas, avant de faire des etudes de biologie et de geologie a l’universite de l’Utah. Il travaille pendant plusieurs annees dans le Mississipi comme geologue specialise dans les gisements de petrole et de gaz, ainsi qu’en temoigne son livre, Oil Notes. Rick Bass dit avoir appris a ecrire en lisant les romans de Jim Harrison, Eudora Welty et Thomas McGuane. Il est l’auteur d’une douzaine de livres de fiction, dont les recueils de nouvelles intitules Le Guet et Dans les monts loyaute. Le sud profond et le Montana constituent les decors privilegies de ses fictions.

  • La revue de presse Florence Noiville – Le Monde du 26 janvier 2007

Ils se battent. Il faut voir comme ils se battent, les personnages de Rick Bass : une melee de furieux, de possedes. Comme toujours, ils sont partis la fleur au fusil, avides d’en decoudre, ecoeures par la “douceur molle” des periodes de paix. Ils ont des reves de gloire plein la tete, comme si tuer pouvait donner un sens a leur vie.
Et puis c’est la debacle, le fiasco annonce…
Decimation, de l’Americain Rick Bass, est d’abord un formidable, un inoubliable carnet de guerre. Des notes seches, sans commentaires, des images staccato, des hommes surpris par une rafale de balles, “levant les bras au ciel comme s’ils voulaient s’envoler”… Mais ce qui semble surtout avoir inspire Rick Bass, c’est l’Irak. Il avoue d’ailleurs avoir commence son roman “durant les premiers jours de l’invasion de Bagdad”. Quelle que soit l’epoque, l’odeur du sang humain est la meme. Une guerre est toujours le miroir d’une autre.
Oui, c’est bien la le defi du roman : regarder la guerre droit dans les yeux. Tenter d’en decortiquer, non seulement l’horreur, mais aussi – surtout ? – l’irremediable seduction. La “fascination hypnotique”. Le “sentiment d’avoir ete choisi”… Ces terribles alliances de mots, guerre/desir, guerre/beaute, guerre/amour, c’est le narrateur qui nous les fait entendre… Les cris non pousses sont les cris les plus forts. Comme cette question muette qui traverse tout le livre : pourquoi tuons-nous ?…

  • Les courts extraits de livres : 12/01/2007

La gloire

Embrases par la lumiere d’or qui brulait en nous, nous traversames des plaines brillantes et mordorees sous le soleil de novembre, avec les herbes seches et mortes qui bruissaient sous le vent du nord. Les Comanches chassaient le bison dans le nord et les Mexicains battaient en retraite de l’autre cote de leur frontiere, la region etait donc toute a nous. C’etait merveilleux de decouvrir un nouveau pays, et encore plus merveilleux de se l’approprier : on en devenait proprietaire rien qu’en le regardant.
Green et Fisher etaient nos capitaines, mais il y avait parmi nous des chefs naturels. Bigfoot Wallace, qui faisait presque deux metres et qui etait maigre comme un coucou, tenait son surnom de la tres grande taille de ses bottes ; il avait ete un ranger du Texas – il n’etait jamais devenu officier, a cause de ses manieres peu civilisees, mais il etait neanmoins un soldat accompli, l’egal de nos deux capitaines dans tous les domaines et leur superieur a bien des egards. Chaque soir, il attirait un grand nombre d’hommes autour de lui pres du feu de camp, qui voulaient entendre les recits de ses exploits durant les campagnes precedentes. Il paraissait etre un paisible geant, meme si on disait de lui que de sa vie jamais il n’avait passe plus d’une semaine sans s’engager dans une bagarre ou une autre, et il me semblait, durant ces premiers jours, que je percevais un changement qui peu a peu l’envahissait – sa bonne humeur et sa generosite constantes et sans faille qui s’emoussaient un peu plus chaque soir. Une certaine angoisse montait en lui comme les journees s’ecoulaient sans que commence la guerre.