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La derniere conference

Auteur : Marc Bressant

Date de saisie : 26/11/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-87706-666-2

GENCOD : 9782877066662

Sorti le : 07/10/2008

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  • Le choix des libraires : Choix de Catherine Demontpion de la librairie PAGES D’ECRITURE a SAINT-YRIEIX LA PERCHE, France (visiter son site) – 31/10/2008

1989. Le monde est encore regi par les regles de la Guerre froide et des affrontements entre bloc sovietique et bloc americain. C’est dans ce contexte que s’ouvre, a Londres, une conference internationale sur l’information. Tromelin, le chef de la delegation francaise, a ete nomme la a son grand etonnement et contre son gre : “ce n’est pas pour rien que j’ai choisi l’Asie comme terrain de pacage. Pour ne pas me sentir trop directement concerne, donc consterne, par la situation alentour”. Mais on lui assure, en haut lieu, que son absence d’experience ne sera pas prejudiciable tant ce genre de conferences n’aboutit, en principe, a rien de concret, les divergences entre les deux blocs etant trop importantes.
Des lors, comment supporter ce sejour force dans un hotel de luxe, meme si Londres offre quelques compensations ? Tromelin decide de tenir un journal ou, pendant les dix semaines de conference, il notera les portraits des membres de chaque delegation, sa meconnaissance de l’Europe lui permettant d’avoir un certain recul pour trouver les manies et les travers des uns et des autres (la description de Margaret Thatcher est irresistible), a l’Est comme a l’Ouest, chacun restant enferme dans ses certitudes. S’ajoutent aux intrigues politiques les intrigues personnelles des membres des delegations, a commencer par Tromelin lui-meme et Zorica, membre de la delegation Yougoslave.
Mais voila que, finalement, l’Histoire le rattrape malgre lui : la chute du Mur de Berlin va destabiliser tout ce petit monde, redistribuer les cartes entre Est et Ouest.
Ce livre est une lecon d’histoire sous forme de roman, une vision de l’interieur, realiste et caustique, d’un petit monde de diplomates qui savent, en entrant dans la salle de conferences, que c’est une reunion de plus qui n’aboutira pas vraiment. Tout comme Tromelin, l’interet du lecteur monte en intensite au fur et a mesure de la lecture, au fur et a mesure des intrigues et des evenements. Jusqu’a cette fin surprenante mais interessante malgre tout.

  • Les presentations des editeurs : 25/10/2008

Une conference internationale comme tant d’autres. Minuscule monde clos ou s’affrontent les interets des Etats, mais aussi s’entremelent les intrigues personnelles de leurs representants.

Elle s’ouvre a Londres en octobre 1989, rassemblant tous les pays europeens. Nul n’en attend rien. Meme si Gorbatchev et sa perestroika laissent pressentir de possibles evolutions, on est encore en plein equilibre de la terreur. Du reste, au moment ou debute la Conference, l’Allemagne de l’Est celebre en fanfare son quarantieme anniversaire. Pourtant l’impensable va survenir : quand la Conference se separe deux mois plus tard, le Mur de Berlin sera tombe, et, comme dans un jeu de massacre, les democraties populaires auront ete l’une apres l’autre balayees.

Tout au long de cette Derniere Conference de la guerre froide, Tromelin, le chef de la delegation francaise, tient son Journal. Sous son regard d’ethnologue, s’agite la faune souvent derisoire, parfois inquietante, de ses collegues des deux blocs. Englues au depart dans leurs certitudes, ceux-ci vont vite se trouver demunis face a la tempete qui se leve et peu a peu leur arrache tous leurs reperes.

Tel un sismographe plante au coeur de ces semaines decisives, le temoignage de Tromelin restitue le trace du tremblement de terre qui ebranla alors l’Europe et le monde, et en modifia radicalement la trajectoire.
Avec une verve impitoyable, le texte cerne, dans ce ghetto qu’est une conference diplomatique, le destin d’un groupe d’hommes et de femmes confrontes a ce a quoi leur metier les avait le moins prepares : un interstice de liberte dans la trame de l’Histoire.

Diplomate, Marc Bressant a participe a des rencontres Est-Ouest qui auraient pu etre cette Derniere Conference. Il a publie plusieurs romans.

  • La revue de presse Gilles Perrault – Le Nouvel Observateur du 27 novembre 2008

Diplomate lui-meme, l’auteur, Marc Bressant, connait les moeurs du Quai, ou du Departement, comme disent les inities. Il en donne un tableau d’une mechancete vivifiante…
Marc Bressant tire le meilleur parti du coup de theatre qui cloture son livre en fanfare, mais son talent n’a nul besoin des grandes orgues de l’histoire pour retenir le lecteur : le livre est tout entier passionnant, y compris, et peut-etre surtout, dans les pages ou la conference parait definitivement encalminee dans le pot au noir de la guerre froide. L’Academie francaise a decerne a la Derniere conference son Grand prix du roman. Ce n’est pas une raison pour ne pas le lire.

  • La revue de presse Marianne Payot – L’Express du 12 novembre 2008

La Derniere Conference, sise a Londres du 30 septembre au 23 decembre 1989, se revele un bijou d’intelligence, l’illustration parfaite du cocktail gagnant : un contexte passionnant – les dernieres heures de la guerre froide – un procede narratif pertinent – le journal de bord d’un diplomate desabuse – et un style decapant…
En quelques traits, la plume alerte et erudite du romancier en dit plus qu’un long traite de sciences politiques. Ou comment, en matinant Paul Claudel et John le Carre, transformer un huis clos lethargique en thriller jubilatoire

  • Les courts extraits de livres : 25/10/2008

SEPTEMBRE

Londres, samedi 30 septembre 1989

Par petits paquets, les delegues de la Conference ont commence a debarquer au Carlton. Costumes trois pieces piquetes a la boutonniere et tailleurs Chanel bien decides a conquerir le monde croisent sans les voir apparatchiks patibulaires et militantes nattees de frais. Aucune tete connue. J’aurai tout mon temps, helas, pour identifier jusqu’aux plus minuscules verrues sur chacune des nuques presentes.
Car la comedie va durer deux mois ! Deux bons mois meme, claquemure ici, a affronter le Diable ! Un Diable un peu plus presentable, certes, depuis qu’il s’affuble en Gorbatchev. Et l’Enfer ne sera pas tout a fait infernal, puisque Londres, dit-on, est une ville ou certains s’arrangent pour survivre. C’est en substance ce qu’on m’a dit a Paris en m’annoncant ma designation a la tete de la delegation francaise : j’ai de la veine finalement, la Conference aurait pu se tenir a Kiev, en pleine epoque Brejnev et par -30 a l’ombre.
Bien sur, personne n’attache la moindre importance a un detail minuscule : depuis mon entree au Departement, j’ai toujours refuse de m’interesser a ces histoires europeennes. Ce n’est pas pour rien que j’ai choisi l’Asie comme terrain de pacage. Pour ne pas me sentir trop directement concerne, donc consterne, par la situation alentour. L’Europe, ma planete natale, est coupee en deux. Une situation abominable. D’une indicible injustice, et tout ce qu’on voudra, pour les peuples pris dans la nasse. Reste, equilibre de la terreur oblige, que les barbeles qui nous separent sont plantes pour un bon moment encore. Le Mur de Berlin sera encore la dans cinquante ou cent ans, a prevenu l’ineffable patron de l’Allemagne de l’Est voila seulement quelques mois. Perestroika ou pas, Yalta est une donnee aussi imparable que la rotondite de la Terre ! A d’autres, donc, de suivre les interminables conferences Est-Ouest et les microscopiques avancees auxquelles il leur arrive d’aboutir certaines annees fastes ! Le desespoir est assez cheville au fond de nos ames pour qu’on n’en rajoute pas.