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La derniere prophetie

Auteur : Jean-Michel Thibaux

Date de saisie : 18/04/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Plon, Paris, France

Prix : 19.90 / 130.54 F

ISBN : 978-2-259-20274-9

GENCOD : 9782259202749

Sorti le : 17/04/2008

  • Les presentations des editeurs : 08/05/2008

En ce jour de Toussaint 1148, Malachie meurt dans les bras de saint Bernard a Clairvaux.

Avant de mourir, il a legue au celebre abbe les 111 propheties concernant l’avenir de l’Eglise.

Pres de neuf siecles plus tard, soeur Ines, agent secret de l’ordre du Salut divin des Jesuites, enquete sur ces propheties. Elle va decouvrir le terrible secret qui menace l’Eglise de destruction, elle affrontera les plus dangereux membres de l’Opus Dei et de la Legion du Christ qui se livrent une guerre sans merci – la guerre des reliques – pour prendre le pouvoir au Vatican. Elle sera aidee dans sa quete par le pere Michael qui detient un mysterieux carnet ayant appartenu au pape assassine, Jean-Paul Ier.

Mais que cache ce terrible secret ?

Jean-Michel Thibaux a ecrit plus de 40 ouvrages dont le celebre Secret de l’abbe Sauniere, traduit en 10 langues.

Il nous livre ici un passionnant roman inspire de faits reels qui nous entrainent au coeur des intrigues du monde religieux.

  • Les courts extraits de livres : 08/05/2008

39 apres J.-C., Vienne en Gaule

Ponce Pilate regarda la clepsydre a eau soutenue par deux nymphes sculptees dans une pierre d’un vert translucide, fruit de l’un des pillages en Palestine. Le temps qui s’ecoulait lui rappela que les legionnaires imperiaux n’allaient pas tarder a l’executer. Ce n’etait qu’une question de semaines, voire de jours. Il leva les yeux vers l’effigie de l’empereur Caligula, celui-la meme qui l’avait demis de ses fonctions de procurateur de Judee avant de l’exiler a Vienne. Il y menait une existence doree ; il ne preta pas attention aux esclaves qui deposerent l’amphore ornee de feuilles de vigne sur la table aux trois pieds de lion en bronze placee pres du lit d’or ou s’alanguissaient parfois des femmes aux seins laiteux.
Ponce Pilate etait las. Aucune gloire ne se profilait dans son sombre avenir.
– Nous allons tous mourir, dit-il a l’empereur en cuirasse dont le regard fou se perdait au-dela des colonnes, mais je ne te laisserai pas le plaisir de me faire assassiner.
Tous les temoins du jugement du Christ avaient ete executes, empoisonnes, accules au suicide les uns apres les autres, Caiphe d’abord, le grand pretre de Jerusalem, ses complices sadduceens, Herode Antipas et Herodiade. Ponce les avait vus disparaitre les uns apres les autres.
Caligula, le genie malfaisant, tuait pour le plaisir de tuer depuis le deces de sa soeur et epouse Drusilla. Des milliers de gens mouraient sur son ordre dans tout l’empire. On avait rapporte a Ponce Pilate les folies de cet homme qui depensait dix millions de sesterces par souper, faisait construire des villas flottantes, des navires decores de pourpre, d’or et de pierreries et portant des arbres, des vignes, des portiques, qui defiait les dieux, jetait les convives a la mer, les livrait aux bourreaux, obligeant les familles des victimes a lui donner leurs biens. Il venait d’etablir des impots injustes. Il etait a present a Lyon ou il vivait au milieu des fetes et des supplices apres avoir joue au soldat en Germanie et fait ramasser des coquillages a l’armee sur les plages de Boulogne. S’etant pris de passion pour la poesie dans la capitale des Gaules, il obligeait les auteurs de mauvais ecrits a effacer leurs ouvrages avec la langue ou a se noyer dans le Rhone.
Vienne etait si proche de Lyon.
La mort etait si proche.
Ponce songea a sa faute. Le fantome de Jesus le hantait. Au lieu de s’en remettre au jugement des Juifs, il aurait du gracier le Christ. Oui, sauver le Fils de l’Homme. Mais, a l’epoque, sa position de procurateur de Judee etait devenue intenable. Il s’etait mis la population a dos en entrant avec son armee a Jerusalem et en imposant les portraits de l’empereur dans l’enceinte du Temple. Il avait aussi massacre quelques Juifs… Il se demandait encore ou etait passe le corps de Jesus.
Ressuscite ?
Il avait fait fouiller toutes les grottes et les maisons, il avait interroge sans relache Marie, Marie de Magdala et les apotres, etreint le suaire dans lequel reposait le defunt en cherchant desesperement une piste intuitive. De cette etreinte etaient nes le doute et le remords, et il en revenait toujours a l’instant ou il s’etait lave les mains en livrant Jesus au jugement du peuple d’Israel.
Plus tard, comprenant son erreur, il avait favorise la fuite de Marie de Magdala, de Marthe, de Jacobe, de Salome, de Maximin et de soixante et douze autres disciples, provoquant la colere de l’empereur.
Il y avait aussi les enfants sacres dans le bateau affrete pour la traversee de la Mediterranee.

Choisirait-il la cigue ou le poignard pour mettre fin a ses jours ? Ponce Pilate ne savait pas comment quitter la scene. Avant d’en finir avec cette vie, il avait encore quelque chose a accomplir.
Son secretaire, Calius, le tira de ses morbides pensees.
– Un messager vient de me faire savoir qu’ils t’attendent a la croisee de Bacchus.