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La desobeissance

Auteur : Naomi Alderman

Traducteur : Helene Papot

Date de saisie : 30/04/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Ed. de l’Olivier, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 21.00 €

ISBN : 978-2-87929-538-1

GENCOD : 9782879295381

Sorti le : 30/04/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Celine Fillot de la librairie CULTURA a SAINTE-GENEVIEVE-DES-BOIS, France (visiter son site) – 12/05/2008

Ronit est partie vivre aux Etats-Unis il y a maintenant quinze ans.
A dix huit ans, elle a quitte l’Angleterre, pour vivre loin de la communaute juive orthodoxe, exister dans son homosexualite, devenir au cours des annees une femme libre.
Mais son pere le Rav Krushka vient de deceder et Ronit est rappelee, etant sa seule famille.
Elle retrouve ainsi Esti devenue la femme de son cousin Dovid.
Son insolence, et sa rebellion, sa stature de femme libre vont lui valoir bien des ennuis.
Elle vit si loin de toutes ces mascarades…….
Drole, pertinent et realiste ce recit est une veritable aubaine pour toutes les femmes juives.

  • Les presentations des editeurs : 29/04/2008

Insolente, rebelle, Ronit a quitte I’Angleterre et la communaute juive orthodoxe a dix-huit ans, direction New York. Refusant de se plier au destin tout trace de mere de famille et d’epouse, elle a desobei a son pere, le grand Rav Krushka.
A la mort de ce dernier, quinze ans plus tard, Ronit est rappelee aupres de sa famille a Hendon. Elle retrouve Esti, qui fut sa petite amie, et son cousin Dovid. Eux n’ont pas desobei. Dovid, choisi par Rav Krushka des son adolescence pour etre son successeur, est devenu rabbin presque malgre lui. Esti a nie son attirance pour les femmes et suivi les preceptes de la Torah : elle a epouse Dovid… sans cesser d’aimer Ronit. Le retour de l’enfant maudite dans ce monde replie sur lui-meme va provoquer une onde de choc.

Naomi Alderman est nee en 1974 et a grandi dans la communaute orthodoxe d’Hendon, en Angleterre. Diplomee d’Oxford, elle a travaille dans l’edition et a passe plusieurs annees a New York. La Desobeissance est son premier roman. Naomi Alderman vit aujourd’hui a Hendon.

Traduit de l’anglais par Helene Papot.

  • La revue de presse Emilie Grangeray – Le Monde du 16 mai 2008

Remarquable. C’est le premier adjectif qui vient a l’esprit quand on referme le livre de Naomi Alderman. Et ce d’autant plus qu’il s’agit d’un premier roman. D’autant aussi que le sujet – l’homosexualite dans le milieu juif orthodoxe – etait relativement audacieux. Pourtant, Naomi Alderman, 33 ans, en parle avec autant d’humour que de subtilite, s’appuyant sur sa connaissance de ce milieu ou elle a grandi pour aborder d’autres themes, tels que le pouvoir des mots, le retour a “ce pays ou l’on revient toujours” (l’enfance, l’expression est de la romanciere americaine Kirsty Gunn), la place de l’homme dans le monde, et celle de la femme…
En grandissant dans un environnement ou circulent des histoires de rouleaux de la Torah qui discutent entre eux, et de lettres de l’alphabet pourvues de personnalite, Ronit a fini par croire que les livres parlent. Qu’ils continuent de parler, meme une fois refermes. Qu’ils sont de “petit (s) univers en expansion”, comme l’ecrivait si joliment Antonio Tabucchi dans Autobiographies d’autrui. C’est assurement le cas avec ce dense et brillant roman.

  • Les courts extraits de livres : 29/04/2008

Et durant le shabbat, les pretres chanteront un chant pour le futur qui est a venir, pour ce jour entierement consacre au shabbat et au repos eternel.

Mishnah Tamid 7 :4, recite pendant l’office du samedi matin

Lors du premier shabbat qui suivit la fete de Simchat Torah, la paleur et la maigreur du Rav Krushka etaient telles que l’on discernait l’au-dela au fond de ses orbites, murmurait-on dans la communaute.
Le Rav les avait accompagnes pendant les jours saints, il avait assiste debout a l’office long de deux heures qui cloturait le jeune de Yom Kippour, bien que, plus d’une fois, son regard ait chavire, comme s’il etait sur le point de s’evanouir. Il avait aussi danse gaiement, quelques minutes a peine certes, avec les rouleaux de la Torah. Mais ces jours benis appartenaient au passe, son energie vitale s’en etait allee. En depit de la chaleur etouffante de cette journee de septembre, des fenetres fermees et de la sueur qui perlait au front des membres de la communaute, le Rav, appuye sur le bras de son neveu Dovid, etait emmitoufle dans un manteau de laine. Sa voix etait tenue. Ses mains tremblaient.
La chose etait entendue. Elle l’etait depuis un certain temps. Cela faisait des mois que sa voix, autrefois claire et genereuse comme le vin rouge du kiddoush, etait rauque, parfois brisee par une petite toux apre ou de violents acces de suffocation qui le secouaient tout entier. Difficile, cependant, de croire a la presence d’une vague ombre sur le poumon. Qui etait capable de voir une ombre ? Qu’etait-ce, une ombre ? La communaute ne pouvait admettre que le Rav Krushka succombe a une ombre – lui qui les illuminait de sa presence tant la lumiere eclatante de la Torah brillait en lui.
Les rumeurs s’etaient repandues au sein de la communaute, transmises au hasard des rencontres dans la rue. Un specialiste de Harley Street lui avait affirme qu’un mois de repos suffirait a le remettre sur pied. Un celebre rabbin avait ecrit que lui et ses cinq cents jeunes eleves recitaient chaque jour le livre des psaumes en entier pour obtenir la guerison du Rav Krushka. Le Rav, disait-on, avait recu une prophetie en songe : il vivrait assez longtemps pour voir la pose de la premiere pierre du Temple de Jerusalem.
Pourtant, il etait chaque jour plus frele. La nouvelle de sa sante declinante se propageait dans Hendon et au-dela. Et les choses etant ce qu’elles sont, les fideles auxquels il arrivait, parfois, de delaisser la synagogue pendant une semaine ou de frequenter un autre office se revelaient maintenant de fervents devots. Les croyants se faisaient chaque semaine plus nombreux. La malheureuse synagogue – a l’origine, deux maisons mitoyennes dont on avait abattu les murs interieurs pour obtenir un seul et unique espace – n’etait pas a meme de recevoir une telle affluence. Lors des services, l’air se rarefiait, la temperature augmentait, l’atmosphere devenait presque fetide.
Un ou deux membres du conseil de la synagogue avaient suggere qu’il serait peut-etre souhaitable d’organiser un autre office pour repondre a cette frequentation anormalement elevee. Yitzchak Hartog, le president du conseil, les avait ramenes a la raison. Tous ces gens venaient voir le Rav, avait-il declare, et ils le verraient.