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La famille Lament

Couverture du livre La famille Lament

Auteur : George Hagen

Traducteur : Pierre Furlan

Date de saisie : 15/03/2007

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Domaine etranger, n 4004

Prix : 8.50 €

ISBN : 978-2-264-04365-8

GENCOD : 9782264043658

Sorti le : 15/03/2007

  • Le choix des libraires : Choix de Fabrice Battesti de la librairie PLEINE PAGE a SELESTAT, France (visiter son site) – 12/10/2007

La famille Lament est un petit monde joyeux, libre, loufoque, reinventant sans cesse le quotidien, n’hesitant pas a parcourir tous les continents afin de trouver son bonheur… Drole ou emouvant, mais eloigne des cliches et pathos usuels de la litterature, le roman de G. Hagen nous seduit par son caractere extraverti, tonique, original et inventif… Une belle lecture pour jours de soleil ou de pluie, qui donne la peche, remonte le moral, et propose une vision genereuse du monde autour de nous.

  • Les presentations des editeurs : 20/11/2007

Les Lament forment une tribu passablement excentrique et farouchement globe-trotteuse. Leur devise : Un Lament voyage toujours !. Et tandis qu’Howard, le pere specialiste es tuyauteries, reve d’irriguer le Sahara et d’emmener toute sa petite famille en Afrique, Julia, sa femme, rebelle a l’education bourgeoise et artiste a ses heures, eleve tant bien que mal ses trois petits diables. Sous la plume de George Hagen, compare a John Irving et Jonathan Franzen, le destin des Lament est en marche : de la Rhodesie au New Jersey en passant par l’Angleterre et Bahrein, ils n’auront de cesse de trouver un endroit ou ils auraient enfin leur place.

La saga de Hagen est un prodige d’aisance. Pas de pathos, ce qu’il faut d’ironie, une maniere percutante de conduire les personnages, des rebondissements constants, on ne lache pas les Lament. […] Un premier roman bluffant, drole et percutant.

Marie-Francoise Leclere, Le Point

George Hagen est ne en 1958 a Harare, au Zimbabwe, ou son pere etait exploitant minier. Il a ensuite emigre avec toute sa famille en Angleterre en 1964, puis aux Etats-Unis en 1969. Apres des etudes de cinema et une carriere de scenariste, il a choisi de se consacrer a l’ecriture. La Famille Lament est son premier roman. George Hagen vit aujourd’hui a New York.

  • Les courts extraits de livres : 20/11/2007

Sans nom

LE BEBE LAMENT AVAIT PEUT-ETRE COMPRIS que ses parents n’arrivaient pas a lui donner de nom. A la maternite, peu apres sa naissance, il eut un sourire enigmatique et sa bouche etonnee se fendit d’une oreille a l’autre devant l’agitation qui avait lieu au-dessus de son berceau : la famille, en effet, se disputait au sujet de son prenom. Sa mere, Julia Lament, etait particulierement consciente du poids de la decision a prendre. Un prenom est, pour un enfant, un portail qui s’ouvre sur le monde. Il fallait trouver le bon.
Si on donnait les prenoms a la fin de la vie des gens, on ne ferait pas l’erreur d’appeler Charity des egoistes ou Leo des timides, declara-t-elle.
Julia tenait le sien d’un abominable chef de clan, a savoir son arriere-grand-pere Julius, un individu grincheux, magnat du cuivre de Johannesburg, en Afrique du Sud, qui, marie trois fois, avait fini en prison pour avoir lentement empoisonne sa derniere epouse en lui donnant chaque soir un verre de lait additionne d’arsenic. Meme apres l’incarceration de Julius, les Clare s’enteterent a nommer leurs enfants comme lui, s’efforcant desesperement de s’attirer ses bonnes graces pour conserver les mines de cuivre au sein de la famille. D’ou quatre Julia, deux Julius, un ou deux Julian, plusieurs Julianna et un minuscule chien particulierement hargneux du nom de Ju-Ju.
Malveillant jusqu’au bout, l’oncle Julius legua toute sa fortune a une infirmiere de l’hopital de la prison. Elle s’appelait Ida Wicks. Ni compatissante ni attentionnee, elle minimisait les problemes de sante de ses patients pour mettre en valeur les siens, parmi lesquels on comptait des troubles de la circulation, des migraines, un lumbago, un zona, des oignons et des acouphenes. Neanmoins, l’oncle Julius fut heureux de voir une femme chaque matin pendant ses derniers jours sur Terre, et l’infirmiere Wicks survecut a ses maux assez longtemps pour depenser l’argent de Julius – tache qui permit a son coeur de pierre de battre encore quelques heures apres son centieme anniversaire.
Howard Lament, tendre epoux de Julia et pere du bebe anonyme, estimait urgent d’attribuer un prenom a cet enfant, meme s’ils se trompaient. Homme efficace, dote d’un large front, d’un nez aquilin qui semblait moule dans de la cire et d’une gerbe de cheveux cuivres qui ondulait en point d’interrogation entre ses tempes, Howard detestait l’indecision.
Je lui donnerai mon nom, ca fera tres bien l’affaire, dit-il. Apres tout, c’est la tradition !
Julia n’avait jamais ete tres favorable a la tradition. L’histoire de l’oncle Julius lui avait appris une chose ou deux a cet egard, sans parler du fait qu’elle avait ete elevee dans celle, poussiereuse, des pensionnats pour jeunes filles.
La tradition. Elle fit la moue. A-t-elle jamais apporte quoi que ce soit a quelqu’un, la tradition ?
– Oh, soupira son mari. Cherie, s’il te plait, ne recommence pas avec cette ecole.