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La fille americaine

Couverture du livre La fille americaine

Auteur : Monika Fagerholm

Traducteur : Anna Gibson

Date de saisie : 22/08/2007

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : La cosmopolite

Prix : 24.00 €

ISBN : 978-2-234-06011-1

GENCOD : 9782234060111

Sorti le : 22/08/2007

  • Le choix des libraires : Choix de Thierry Lequenne de la librairie L’ANGE BLEU a VENDOME, France – 14/07/2012

Monika Fagerholm est finlandaise, c’est son troisieme roman. Le premier : Femmes merveilleuses au bord de l’eau est paru chez Gallimard. Le lieu d’abord : une zone de marais en bordure de mer ou la vie est tres dure ; des non-dits et des non-vus planent constamment entre deux dames de brouillard ; les autochtones voient leur environnement se modifier, la propriete close s’installer avec l’arrivee de citadins qui viennent construire de belles maisons. Des personnages ensuite : des adolescents, Benku, Jorn, des garcons ; Doris, Sandra, Solveig, Rita, des filles ; et la fille americaine, Eddie, dans la Maison de verre a la deuxieme pointe, autour de qui se developpe cette histoire. Monika Fagerholm met en mouvement ces personnages dans cet univers inquietant, hostile, mysterieux, qui devient lui-meme un personnage a lui seul. Des personnages en quete d’absolu, d’amour, qui grandissent au fil du recit, quand ils ne se donnent pas la mort avant. Oui, parce qu’on meurt beaucoup dans ce roman, parce que le tiede, les demi-mesures n’ont pas leur place. Cette mise en mouvement est scandee par un style qui se rapproche avec bonheur de la comptine, d’une douce melopee ou la repetition nous entraine vers l’oralite du conte. Sensualite et violence se degagent du roman : sensualite des corps qui s’eveillent, des tissus qui les entourent ; violence des emotions, hostilite de la nature. Pour vous transmettre mon coup de coeur, il m’a paru essentiel de lire un extrait : Ce fut Rita qui la premiere entendit le coup de feu. Elle se trouvait dans la petite maison rouge, a cinq cents metres environ du marais de Bule avec sa soeur Solveig, et chose etrange, a l’instant meme ou elle l’entendit, elle comprit ce qui venait de se passer. Doris etait deja aussi morte qu’une pierre quand Rita parvi nt au rocher de l’or. Elle gisait sur le ventre. Sa tete et ses cheveux pendaient au-dessus des eaux sombres. Du sang partout… Et Rita perdit la raison. Elle se mit a griffer le corps encore chaud. Puis elle voulut soulever Doris et absurdement la porter. Porter Doris par-dessus les eaux sombres. Mais… Doris nuit et Sandra jour. Dans un de leurs jeux, elles avaient ete deux. Sandra et Doris, deux. Doris jour et Sandra nuit. C’etait la deuxieme fille. Elle aussi avait eu beaucoup de noms, tous inventes au fil de leurs jeux, des jeux qui s’etaient donc joues avec la meilleure amie, la seule amie, l’unique unique unique Doris Figenberg, au fond d’une piscine sans eau, pendant longtemps. Apres la mort de Doris, Sandra garda le lit plusieurs semaines. Des qu’elle fermait les yeux, il y avait du sang partout. Dans la foret de sang, voila ou elle etait. Elle y errait dans le noir comme une aveugle. Sandra et Doris, elles avaient ete meilleures amies. Et voici ce que Sandra Varn etait seule a savoir : soeur nuit et soeur jour. C’etait un jeu qu’elles avaient joue et dans ce jeu-la precisement, elle, Sandra, avait ete la fille noyee dans le marais de Bule bien des annees auparavant, celle qui s’appelait Eddie de Wire, elle, la fille americaine. Le jeu avait eu un nom : il s’intitulait le mystere de la fille americaine, et il avait eu sa propre chanson : la chanson d’Eddie. Regarde, maman, ils ont casse ma chanson. Voila, en resume, c’est tout cela que j’ai aime dans ce roman, la musicalite du style, l’oralite de l’ecrit, l’absolu des sentiments, l’affleurement du desir, le mystere des etres et des lieux, les secrets gardes au plus profond de l’intime. Je vous dis au revoir. Je vous invite donc a decouvrir et a deguster ce livre qui va, je pense, rester longtemps dans votre memoire et dans votre coeur. A bientot.

  • Le choix des libraires : Choix de Veronique de la librairie DEVELAY a VILLEFRANCHE-SUR-SAONE, France – 14/07/2012

Roman tres envoutant entre reves, fantasmes, souvenirs et retours en arriere.
Une ecriture exigeante qui nous plonge dans la vie d’une petite communaute finlandaise perturbee par le meurtre d’une jeune fille americaine.
Un roman ardu mais qui nous tient jusqu’a la derniere page.

  • Les presentations des editeurs : 14/07/2012

1969, une presqu’ile de Finlande. Surgit de Coney Island une jeune fille americaine, Eddie de Wire, venue rendre visite a sa tante, installee dans la Maison de Verre. Deux garcons tombent eperdument amoureux d’elle et, lorsqu’elle disparait si vite et sans raison, on retrouve le corps de l’un d’eux pendu dans une grange. C’est le debut du mystere de la Fille americaine qui va hanter la vie des habitants du lieu. Ainsi, Doris et Sandra, encore enfants a l’epoque du drame, qui eprouvent chacune la meme fascination pour cette affaire, se lient d’une amitie exclusive. Partageant l’univers clos de leurs reves et de leurs jeux, elles trouvent ensemble la force d’encaisser les secousses venues du monde des adultes, leurs mensonges, leur folie.
Mais d’autres mysteres affleurent : qu’est devenue Lorelei, la mere de Sandra ? Est-elle partie avec un amant ? Est-elle morte, assassinee ? Un jour, le corps de la jeune fille americaine remonte a la surface du marais de Bule. Mais s’agit-il bien d’elle ?

Monika Fagerholm restitue de facon troublante les angoisses de la fin de l’enfance, l’eveil a la sexualite et la brutalite de l’adolescence. Tout en auscultant la part intime des etres, elle evoque avec passion l’etat des relations entre dominants et domines. Se cotoient dans le roman la haute societe scandinave, des estivants richissimes proprietaires de villas et les gens du Coin qui travaillent pour eux. La musique est tres presente car l’auteur s’approprie des extraits de chanson des annees 1960-1970, creant un refrain envoutant, auquel s’ajoutent des reminiscences litteraires. On se demande enfin quel aurait ete le destin de ces personnages si la musique punk n’etait pas nee.