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La fille aux deux peres

Auteur : Hannah Pool

Traducteur : Catherine Tymen

Date de saisie : 04/09/2007

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Zoe, Carouge, Suisse

Collection : Ecrits d’ailleurs

Prix : 19.50 / 127.91 F

ISBN : 978-2-88182-594-1

GENCOD : 9782881825941

Sorti le : 23/08/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Orpheline, nee en Erythree et adoptee a six mois par un universitaire anglais, Hannah Pool a grandi en Angleterre. Sa mere est morte en la mettant au monde et son pere peu apres. A dix-neuf ans, elle apprend que ces informations sont fausses. Son pere est vivant et elle a aussi des freres et soeurs. Il lui faudra presque dix ans pour decider d’aller en Erythree retrouver cette famille. Ce livre est le recit de son voyage et de cette rencontre, mais aussi le resultat de sa quete d’identite et de ses interrogations sur l’adoption. Elle nous y entraine a la decouverte d’un pays d’Afrique peu connu, l’Erythree, qui a toujours du lutter pour exister. Les contrastes entre la vie de sa famille erythreenne et son education occidentale bourgeoise donnent lieu a des scenes emouvantes ou l’humour trouve egalement sa place.

Nee en 1974 en Erythree, Hannah Pool a grandi a Manchester. Elle vit a Londres et travaille comme journaliste au Guardian. Elle collabore egalement au magazine du Guardian Weekend. Ce recit autobiographique est son premier texte.

Traduit de l’anglais par Catherine Tymen

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Que mettre comme tenue quand on va rencontrer son pere pour la premiere fois ? Il est dix-sept heures trente, heure locale. Je me trouve dans une chambre de l’hotel Ambasoira, dans le centre d’Asmara, la capitale de l’Erythree. Cela fait trois jours que je suis arrivee, apres quasiment trente ans d’attente. J’ai quitte cet endroit quand j’avais six mois et n’y suis pas revenue depuis. Mon cousin Manna vient d’appeler pour me dire qu’il passera me prendre en taxi dans dix minutes. De l’Ambasoira, nous allons passer par le centre d’Asmara, l’avenue de la Liberation, toute bordee de palmiers, et traverser la ville jusqu’au quartier de Mai Tameni. La, m’attendent mon pere, trois freres et une soeur, que je n’ai jamais vus. Certaines femmes pensent au jour de leur mariage des qu’elles sont en age de dessiner une robe blanche. Moi, depuis toujours, je pense a cette rencontre.
La premiere etape dans la recherche de ma famille biologique fut d’annoncer a mon pere adoptif que j’avais l’intention d’aller en Erythree. Vouloir retrouver cette famille semblait la chose la plus deloyale que je puisse faire. Je deteste que les gens qualifient mon pere de pere adoptif, on dirait qu’ils ne le prennent pas au serieux, qu’ils le releguent au second plan, mais lui dire que je voulais, moi, faire des recherches apparaissait comme la trahison supreme : Merci de m’avoir choisie, d’avoir veille sur moi ces trente dernieres annees, mais j’ai decide que ma vie ne serait pas complete tant que je n’aurais pas rencontre ces gens qui ne se sont meme pas donne la peine de me garder. Voila ce que ca faisait, de lui parler.
Le dilemme pose par cette recherche va au coeur du probleme de l’adoption. Le sang, l’identite, ce qu’est une famille, ce qu’etre parent ou enfant signifie, toutes ces questions deviennent cruciales quand on ajoute a ce melange detonant celle de la recherche de sa famille d’origine. Si mon pere biologique est toujours vivant, de qui suis-je l’enfant ?
Et voila le scenario : tu informes tes parents de ton desir de rechercher ta famille d’origine, ils le prennent mal, vos relations sont fichues, tu pars donc et tu retrouves tes parents biologiques, ils ne veulent rien savoir – et, bingo, tu es revenu a la case depart, sans parents, seulement la, tu es trop vieux pour l’orphelinat. C’est pour cela que tant d’adoptes menent leurs recherches en secret. Non parce que nous sommes de nature sournoise ou manipulatrice, non parce que nous sommes des petits emmerdeurs ingrats (comme le dit la mere d’une amie, quand sa fille lui annonca qu’elle voulait rechercher ses origines), mais parce que nous vivons dans la hantise de jouer les trouble-fetes familiaux.