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La fille du fossoyeur

Auteur : Joyce Carol Oates

Traducteur : Claude Seban

Date de saisie : 01/10/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Philippe Rey, Paris, France

Prix : 24.00 €

ISBN : 978-2-84876-121-3

GENCOD : 9782848761213

Sorti le : 01/10/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Jacques Griffault de la librairie LE SCRIBE a MONTAUBAN, France (visiter son site) – 14/07/2012

Des la premiere scene j’ai su que je lisais un grand livre. Un apres-midi de septembre 1959 une jeune ouvriere, Rebecca Tignor, suit un chemin de halage pour rentrer chez elle. Elle se sent suivie, a une dizaine de metres, par un homme coiffe d’un panama. Que de choses se passent dans la tete de Rebecca jusqu’au moment ou l’homme au panama la regarde de ses yeux etranges, sans cils, et lui dit d’un ton presque melancolique : Vous etes Hazel ? bien sur – Hazel Jones ? Elle lui assure qu’elle n’est pas Hazel Jones. L’homme au panama lui laisse sa carte. C’est le docteur Byron Hendricks, le fils du docteur Hendricks, decede, qui ne l’aurait pas oubliee dans son testament.
Rebecca est la fille de Jacob Schwart, arrive avec sa femme et ses deux garcons en novembre 1936 aux Etats-Unis. Des immigrants ayant fui l’Allemagne nazie. Il trouve, lui ancien professeur de lycee, un emploi de gardien dans un cimetiere non confessionnel a la peripherie de Milburn. Il habite avec sa famille un vieux cottage de pierre decrepit a l’entree du cimetiere. Un quotidien fait d’humiliations, de frustrations, de pauvrete. Les interdits cernent Rebecca : les choses du sexe, bien sur, mais aussi parmi les choses-a-ne-pas-dire l’aveu d’etre juif et celui de parler allemand.
La jeune Rebecca sera temoin d’un drame epouvantable. Sa haine du pere restera si forte que des annees apres, pensant a lui, elle se mordra les levres jusqu’au sang.
Revenons au present. Le mari de Rebecca, Niles Tignor, souvent absent, travaille pour une fabrique de biere. Il s’avere etre un homme monstrueux qu’elle quittera pour proteger son petit garcon. S’en suivra une longue errance parmi les villes, les differents petits boulots, les hommes.
Un roman sur la resilience et la survie ou l’explication de l’existence ballottee et tourmentee de Rebecca ne sera devoilee que dans les dernieres pages tres chargees en emotion. Un livre riche et puissant propose par l’auteur des Chutes, Prix Femina 2005, un roman que je vous avais vivement invite a lire.

  • Le choix des libraires : Choix de Hubert Trouiller de la librairie LE MARQUE PAGE a SAINT- MARCELLIN, France (visiter son site) – 14/07/2012

Voici peut-etre le plus fort et le plus poignant des romans de Joyce Carol Oates et l’on sait l’auteure americaine surdouee et prolixe.
Des les premieres lignes vous etes saisis, le ton est donne, l’atmosphere en place : mysterieuse, envoutante, pleine de “bruit et de fureur”.
Etat de New-York dans les annees d’apres-guerre, la famille Schwart qui a fui l’Allemagne nazie est exsangue.
Les parents brises, desarticules, que la pauvrete, la souffrance et le malheur ont rendu monstrueux ; les enfants sont traites de facon inhumaine, la tension monte en crescendo jusqu’au drame familial innommable.
Rebecca, la fille adolescente est placee ; elle tombe amoureuse de Niles Tignor, un homme pusillanime et violent dont elle a un enfant.
Elle va fuir pour proteger son fils, change d’identite. Tous deux se deplacent sans cesse dans une zone proche de la frontiere canadienne.
Puis elle rencontrera un homme doux avec qui elle connaitra un bonheur tranquille lui permettant d’elever son fils, pianiste prodige.
Mais l’appel des origines est le plus fort et par l’intermediaire d’une cousine qu’elle croyait disparue, elle va remonter dans le passe de sa famille, renouer avec ses racines europeennes et retrouver son vrai nom.
Un superbe portrait tout en nuances d’une femme qui, a force de caractere, de volonte, de sensibilite et d’intelligence assume et realise un destin terrible.
Joyce Carol Oates n’a pas son pareil pour peindre des etres forts et fragiles a la fois, qui fuient le malheur et aussi le provoquent, reflets d’une nature sauvage et puissantes (nous ne sommes jamais loin des chutes du Niagara).
Eblouissant.

  • Les presentations des editeurs : 14/07/2012

En 1936, les Schwart, une famille d’emigrants fuyant desesperement l’Allemagne nazie, echouent dans une petite ville du nord de l’Etat de New York ou le pere, Jacob, un ancien professeur de lycee, ne se voit offrir qu’un travail de fossoyeur-gardien de cimetiere. Un quotidien fait d’humiliations, de pauvrete et de frustrations va les pousser a une epouvantable tragedie dont Rebecca, la benjamine des trois enfants, sera le temoin.

Ainsi debute l’etonnante vie a multiples rebonds de Rebecca Schwart : apres avoir epouse Niles Tignor, un homme abusif et dangereux, elle doit fuir pour proteger son petit garcon, et tenter de se reconstruire. Les villes, les metiers, les hommes defilent, jusqu’a sa rencontre avec Chet Gallagher, promesse d’un bonheur enfin possible. Mais surgit alors le desir profond, d’abord inconscient, de retrouver son passe cruel de fille du fossoyeur, de se rattacher en fin de compte a sa veritable identite. Le destin ne le lui permettra qu’au terme d’une existence d’intranquillite, dans les dernieres pages bouleversantes de ce roman.

L’apprentissage des hommes, du mariage, de la maternite, les combats d’une femme dans la societe americaine de l’apres-guerre racontes par Joyce Carol Oates au sommet de son talent, font de ce livre un hymne inoubliable a la resilience et a la survie.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Claude Seban

Joyce Carol Oates, nee en 1938, est l’auteur d’une oeuvre considerable qui l’a placee au premier rang des ecrivains contemporains. Elle a recu le prix Femina etranger en 2005 pour Les Chutes.

Avec La fille du fossoyeur, Joyce Carol Oates nous offre son chef-d’oeuvre, un temoignage passionnant de la resilience de l’esprit humain. (Michael Connelly)

La fille du fossoyeur, c’est Joyce Carol Oates au sommet absolu de son art : fascinant, intense, unique de vision et de puissance. (Scott Turow)