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La fureur et l’ennui

Auteur : Richard Flanagan

Traducteur : Renaud Morin

Date de saisie : 03/01/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 21.00 €

ISBN : 978-2-7144-4406-6

GENCOD : 9782714444066

Sorti le : 03/01/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Genevieve Binet de la librairie MAJUSCULE a SARLAT, France – 31/03/2008

L’apres 11 septembre a inspire a Richard Flanagan un roman apre et cruel sur la paranoia collective et l’hallucinant pouvoir des medias.

  • Les presentations des editeurs : 03/01/2008

Dans une Sydney gangrenee par la peur du terrorisme, la descente aux enfers d’une femme trop fragile, la radiographie sans concession d’une societe paranoiaque et cruelle, et d’une hysterie mediatique savamment orchestree. Un roman impressionnant, nerveux et sombre, ancre dans une troublante actualite.

Gina Davies est strip-teaseuse. Son nom de scene : la Poupee. Au Chairman’s Lounge, elle danse nue et ramasse les dollars. Ces dollars qui lui permettront de s’offrir ce dont elle reve : un nouveau sac, un appartement, la respectabilite… Et qui lui feront peut-etre oublier la vie miserable, jalonnee de drames, qu’elle a laissee derriere elle.

Un soir, la Poupee succombe au charme de Tariq. Apres une nuit torride, son amant disparait. Au matin, cinq bombes sont decouvertes. Sur les ecrans, une image passe en boucle : un homme, une femme -Tariq et la Poupee -, les deux principaux suspects…

La chute de la Poupee est proche : crucifiee par les medias, montree du doigt par une societe en quete de victime expiatoire, elle n’a d’autre choix que de se lancer dans une fuite forcement desesperee…

Traduit de l’anglais (Australie) par Renaud Morin.

Parmi tout le flot d’ouvrages parus apres le 11 Septembre, La Fureur et l’ennui de Richard Flanagan n’est rien de moins que le meilleur roman a ce jour. Flanagan est lucide, voire cruel, quant a notre stupidite collective. Un roman brillant.

Jim Harrison

Une reflexion brillante sur le monde post-11 Septembre, sur une epoque de mondialisation ou les terroristes autant que les gouvernements utilisent la peur, ou les rumeurs et la desinformation circulent en un clin d’oeil, et ou la fiction – elaboree par les politiciens et la presse a sensation, et consommee gloutonnement par une population avide de divertissement – remplace les faits et les verites. Richard Flanagan a ecrit un roman qui merite de lui apporter les memes lecteurs que ceux de deux ecrivains avec lesquels il a beaucoup en commun : Don DeLillo et Martin Amis.

Michiko Kakutani, The New York Times

Richard Flanagan assene de dures sentences sur la peur des etrangers et la discrimination envahissante qui regnent dans nos societes. L’empathie de l’auteur pour ses personnages rend l’histoire de Gina Davies tres credible, et terriblement triste. Un ecrivain qui connait ses personnages et son decor cree une oeuvre juste et intemporelle.

Kirkus Reviews

  • La revue de presse Christophe Mercier – Le Figaro du 17 janvier 2008

Flanagan prend son temps pour poser ses personnages, pour entrecroiser des debuts d’intrigue paralleles. Puis, soudain, tout s’emballe, se precipite, et son roman devient un modele de roman noir, a la narration tendue, precise, seche. Jim Harrison a declare qu’il s’agissait du meilleur roman paru parmi le flot d’ouvrages ayant suivi le 11 Septembre. On le croit bien volontiers, tant Flanagan decrypte, brillamment, inexorablement, le fonctionnement des medias, de la presse a sensation, de la demagogie des gouvernants, de la politique securitaire a tous crins. La Fureur et l’Ennui, malheureusement, ne releve pas de la politique-fiction : c’est une radiographie du monde d’aujourd’hui, et elle fait froid dans le dos.

  • Les courts extraits de livres : 03/01/2008

L’idee que l’amour ne suffit pas est particulierement douloureuse. Face a cette verite, l’humanite a pendant des siecles essaye de decouvrir en elle-meme la preuve que l’amour etait la plus grande force sur terre.
Jesus offre un exemple particulierement navrant de ce combat inegal. Le coeur innocent de Jesus n’a jamais pu etre rassasie de l’amour des hommes. Il l’a reclame, comme l’observe Nietzsche, avec durete, avec folie, et a du inventer l’enfer pour chatier ceux qui le lui refusaient. Il a fini par creer un dieu qui etait tout amour afin d’excuser l’echec irremediable de l’amour humain.
Jesus, qui voulait l’amour a ce point, etait manifestement un fou, et, confronte a l’echec de l’amour, n’a pas eu d’autre choix que de chercher sa propre mort. En comprenant que l’amour ne suffisait pas, en acceptant le sacrifice de sa propre vie pour rendre possible l’avenir de ceux qui l’entouraient, Jesus aura ete le premier kamikaze de l’histoire. Il y en aura d’autres.
Nietzsche a ecrit : Je ne suis pas un homme, je suis de la dynamite. Une image de reveur. Aujourd’hui, tous les jours, quelqu’un quelque part est de la dynamite. Ce ne sont pas des images. Ce sont des morts vivants, ainsi que tous ceux qui se tiennent autour d’eux. La realite n’a jamais ete faite par des realistes, mais par des reveurs comme Jesus et Nietzsche.
Nietzsche se mit a craindre que ce qui poussait le monde en avant fut tout ce qu’il contenait de destructeur et de malfaisant. Dans ses ecrits, il a tente de se reconcilier avec ce monde effroyable.
Un jour, apercevant un cheval de trait sauvagement battu par son cocher, il se precipite, enlace le cou de l’animal, et refuse de lacher prise. Aussitot declare fou, on l’enferme dans un asile pour le restant de ses jours.
Nietzsche aura ete encore plus demuni que Jesus pour expliquer l’amour et ses diverses manifestations : empathie, gentillesse, se pendre au cou d’un cheval pour qu’il ne soit plus battu. A la fin, la philosophie de Nietzsche n’etait meme pas capable d’expliquer Nietzsche, un homme qui avait sacrifie sa vie pour un cheval.
Mais il faut dire que les idees passent toujours a cote de l’essentiel. Chopin etait incapable d’expliquer ses Nocturnes. La raison pour laquelle la Poupee est hantee par les Nocturnes de Chopin constitue l’un des fils de cette histoire. En ecoutant ce que Chopin ne pouvait expliquer, elle entendait une explication de sa vie. Bien sur, elle ne pouvait pas savoir que cela annoncait aussi sa mort.