Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

La lettre et l’oeuvre dans la psychose

Auteur : Fabienne Hulak

Date de saisie : 31/05/2006

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Eres, Ramonville-Saint-Agne, France

Collection : Des Travaux et des jours

Prix : 23.00 / 150.87 F

ISBN : 978-2-7492-0580-9

GENCOD : 9782749205809

Acheter La lettre et l’oeuvre dans la psychose chez ces libraires independants en ligne :
L’Alinea (Martigues)Dialogues (Brest)Durance (Nantes)Maison du livre (Rodez)Mollat (Bordeaux)Ombres Blanches (Toulouse)Sauramps (Montpellier)Thuard (Le Mans)

  • Les presentations des editeurs : 31/05/2006

L’auteur engage la clinique psychanalytique au coeur de la question de l’oeuvre dans son rapport a la structure psychotique et aux perspectives de resolution de certaines de ses manifestations. En s’appuyant sur les ecrits cliniques des psychiatres de la fin du XIXe et du debut du XXe siecle, qui anticipent le travail de Lacan, elle brosse le parcours du sujet depuis la souffrance psychotique jusqu’a son essai de resorption par la creation dans un travail psychanalytique. Quelles qualifications accorder aux productions de la folie ? Symptomes ? Creations artistiques ? A mi-chemin entre l’esthetique et la clinique ?

L’auteur s’attache ici a etudier les phenomenes de creation permettant aux sujets psychotiques un arrimage pacifie a l’Autre: Elle dresse une genealogie de la fonction de la lettre, en amont d’une part, au coeur de la psychiatrie classique et a travers les concepts historiques tels que phenomene elementaire, delire, stereotypie, et en aval d’autre part, a partir d’une analyse de la fonction de l’oeuvre comme restauration du lien social. Prendre en compte cette fonction litterale dans le cadre d’une relation transferentielle offre en effet des perspectives therapeutiques interessantes.

Fabienne Hulak est psychologue clinicienne et psychanalyste, membre de l’Ecole de la Cause freudienne. Consultante a l’hopital de Ville-Evrard, elle est maitre de conferences au departement de psychanalyse de l’universite Paris VIII.

  • Les courts extraits de livres : 31/05/2006

Dans son Traite des hallucinations, H. Ey releve que bien des hallucines se posent sans cesse des questions, comme : Qui est cet Autre qui parle ou qui agit en moi ?, Qui parle ? Je ne sais pas, mais ca parle. C’est une machine qui parle. Et ils avouent la plupart du temps en ignorer l’origine. Je ne sais pas qui c’est. Ce sont probablement des fous […] mais, ce que je sais, c’est que je les entends, qu’ils machinent ma pensee, la devinent. Quand ce ne sont pas les moyens machinaux (magnetisme, suggestions, rayons, etc., mais la finalite de l’experience subie qui donne son sens au delire, c’est essentiellement la persecution qui est enoncee par les voix. Au terme de l’evolution du syndrome et lorsque le sujet a pu se construire une explication de ce qui lui arrive, il en vient bien souvent a penser qu’une machine le manipule ou l’influence.

Dans un article remarquable, Victor Tausk decrit deja en 1919 ce qu’il appelle la machine a influencer et sa genese dans la schizophrenie. Il s’agit d’un appareil construit par le delire, une machine mystique dont les malades ne peuvent indiquer la structure que par allusions. Il se compose de boites, manivelles, leviers, roues, boutons, fils, batteries, etc. Les malades cultives s’efforcent, a l’aide des connaissances techniques dont ils disposent, de deviner la composition de l’appareil. Au fur et a mesure que la diffusion des sciences techniques progresse, il s’avere que toutes les forces naturelles domestiquees par la technique sont mises a contribution pour expliquer le fonctionnement de cet appareil ; mais toutes les interventions humaines ne suffisent pas a expliquer les actions remarquables de cette machine par laquelle les malades se sentent persecutes.

La conception de la machine a influencer est une manifestation tardive de la maladie qui prend naissance avec le besoin de causalite. De nos jours, l’evolution technique banalise encore plus le phenomene avec toutes les machines qui envahissent notre vie… Freud, dans Construction dans l’analyse (1937), pose l’hypothese d’une verite historique concernant le noyau a partir duquel le malade elabore sa propre construction, le delire. Il differencie une telle construction de celle faite par l’analyste concernant le refoule en evoquant le deni oppose au refoulement. Ce que Freud appelle verite historique, Lacan le referera a la forclusion.