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La loi des reves

Auteur : Peter Behrens

Traducteur : Isabelle Chapman

Date de saisie : 13/03/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 26.00 / 170.55 F

ISBN : 978-2-267-01969-8

GENCOD : 9782267019698

Sorti le : 13/03/2008

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  • Le choix des libraires : Choix de Isabelle Anoman de la librairie ESPACE CULTUREL LECLERC a LIMOGES, France – 29/04/2008

Fergus est l’unique rescape d’une famille de paysans irlandais en 1846. Il est confie a l’asile par son proprietaire. Il s’enfuit et est recueilli par des “rebelles”. Il survit aupres d’eux malgre la famine et les bagarres. Il est a nouveau recueilli dans un “bordel”. De deplacement en errance, il fait son education. A travers l’histoire d’un homme nous decouvrons une partie de l’Histoire. Un roman initiatique qui le conduira jusqu’au Quebec.
Un roman captivant et tres bien ecrit : un moment de plaisir.

  • Les presentations des editeurs : 10/03/2008

PETER BEHRENS LA LOI DES REVES

Sortir, marcher. Ainsi en va-t-il dans les reves. C’est cela la loi des reves : rester en mouvement. En 1846, l’Irlande est frappee par l’epidemie de mildiou. Les recoltes de pommes de terre sont ruinees et la famille de Fergus, refusant l’expulsion, subit la famine. Demeure seul, Fergus comprend que, conformement a la loi des reves, son seul espoir de survie est de quitter cette terre et d’aller de l’avant. Commence alors un periple seme d’embuches, de rencontres et d’aventures aussi cocasses que dramatiques, au cours duquel il croisera notamment une troupe d’enfants errants avant de rencontrer sa compagne, Molly, dont il devra apprendre a se mefier… Son chemin le conduira de Dublin a Liverpool ou il embarquera pour le Quebec.
Veritable roman initiatique, La Loi des reves est un recit des origines de l’Amerique. Deployant un talent de narration hors du commun, Peter Behrens questionne l’exil et met en lumiere l’Histoire et le peuplement du continent Americain.

Traduit de l’anglais par Isabelle Chapman

  • La revue de presse Christophe Mercier – Le Figaro du 3 avril 2008

Chemin de croix initiatique d’un jeune Irlandais qui emigre vers le Nouveau Monde, ce premier roman tres visuel est aussi l’histoire des origines de l’Amerique…
Peter Behrens parvient, jusqu’au bout, a garder le meme souffle, le meme lyrisme incantatoire, et a faire partager sa compassion et son respect pour un heros qui, endurci par les epreuves, finit par devenir un homme. Sans illusions, mais toujours determine.

  • Les courts extraits de livres : 10/03/2008

Le fermier anglais, perplexe

Sur la route de Scarriff qui le ramene chez lui, le fermier Carmichael chevauche Sally, sa jument baie, a travers les ruines de l’Irlande. Les masures, laissees a l’abandon, n’ont plus de toit. A un carrefour, il tombe sur une famille d’expulses et tend a la femme un penny, geste pour lequel elle le benit, pendant que ses enfants le regardent fixement et que son mari, un mastodonte, reste accroupi sur l’herbe du talus, la tete dans les genoux.
Le cuir de la selle craque. Encore quatre miles a parcourir. Carmichael chemine en direction du nord-est sur une route droite et regulierement pavee. Ses oreilles bourdonnent sous l’effet du changement de temps qui s’annonce. Entre ses jambes, la vieille jument est robuste, vive.
Owen Carmichael est un bel homme, maigre mais bien proportionne, vetu d’un manteau noir lustre de pourpre par l’usure. Il est coiffe d’un chapeau de paille retenu sous son menton par un ruban, et chausse de bottes qu’il tient de son pere. Ses habits de ville sont roules dans un ballot accroche a l’arriere de sa selle. Il leve les yeux et regarde les nuages filer en tourbillonnant, alors que sur la route, ou souffle un petit vent d’ouest, l’air est doux : depuis qu’il est parti ce matin pas une goutte de pluie ne l’a mouille. Carmichael observe souvent le ciel. Cela lui donne une vision de purete, de possible et de plenitude eternelle.
A une legere variation dans l’allure de sa monture, il baisse les yeux. Sur la route devant lui, au beau milieu, il apercoit un tas de guenilles.
La jument, frappee de plein fouet par la puanteur, tressaille et hennit, puis c’est Carmichael qui la sent, portee par la brise, l’odeur de la mort, aigre et venimeuse.
Lui lachant un peu la bride, il effleure la jument de ses talons, la force a adopter un bon petit galop. Il lui fait decrire une large courbe autour de l’amas de haillons qui palpitent dans la brise et ou un bras blanc et raide leve le poing en l’air. Sur ce bras se tient perche un corbeau. Plusieurs de ces oiseaux de malheur sautillent furtivement dans les herbes folles du fosse. S’il avait eu un fouet, avec quel plaisir il l’aurait fait claquer…
Au vent, la pestilence disparait. Carmichael descend vivement de cheval. Les renes dans une main, il se penche pour ramasser un caillou. Il vise le corbeau, le manque. Le caillou ricoche sur la route avec un bruit metallique. Apres un moment d’hesitation, l’oiseau bat des ailes et, dans un croassement paresseux, s’envole en dessinant de grands cercles autour de la charogne, et de Carmichael.
Desempare, le fermier se remet en selle et poursuit sa route.
Il s’est rendu a Ennis afin de voir l’agent qui gere les affaires de son landlord, monsieur le comte, sixieme du nom. Au souvenir de cet entretien, Carmichael sent son dos se crisper. Il deteste tout cela – les mesquineries des transactions juridiques, les rites de la tenure, le versement du loyer, l’odeur mortifere de l’encre.
Un homme taille pour la campagne, l’odeur des champs et les promesses du ciel, voila ce qu’il est. Il a des mains faites pour tenir les renes de sa jument baie, une bete volontaire. Il l’a payee trop cher pour ce qu’elle vaut, vingt-cinq livres, mais c’etait il y a longtemps, et depuis il s’est pardonne cette folie.
Il est soulage d’avoir quitte Ennis et ses rues defigurees par la mendicite. Hommes rendus a l’etat de betes, femmes prostrees sous tout ce qui peut servir d’auvent, les meres serrant contre elles de miserables petits enfants qu’on dirait ecorches vifs.
La mort subite de monsieur le comte pere, fauche par le cholera en Italie, avait revele qu’a force de mener grand train, il etait crible de dettes. Les finances de son tout jeune heritier devaient des lors etre soumises a des mesures de redressement impitoyables.
– De la viande, pas de cereales. Du boeuf et du mouton, voila ce qui rapporte, lui a explique l’agent du landlord. Ces coteaux montagneux qui sont les votres – les moutons y seront tres bien.
L’Irlande importait par troupeaux entiers des moutons et des vaches ecossaises.
– J’ai soixante familles de tenanciers qui vivent la-haut, protesta Carmichael.
– C’est trop. Il n’y en a pas assez pour tout le monde.
– En effet, admit Carmichael.