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La maison de Roza

Auteur : Hubert Klimko

Preface : David Foenkinos

Traducteur : Veronique Patte

Date de saisie : 08/01/2009

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 18.50 / 121.35 F

ISBN : 978-2-7144-4469-1

GENCOD : 9782714444691

Sorti le : 08/01/2009

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  • Les presentations des editeurs : 06/01/2009

Oeuvre bouleversante sur l’exil, l’amitie, la vieillesse et la solitude; ballade nordique du bonheur simple et de la douleur, avec La Maison de Roża, Hubert Klimko nous livre un roman a deux entrees dont l’intime concordance se revele peu a peu.

Un jeune emigrant polonais est embauche dans une maison de retraite ou il fait la connaissance d’une vieille dame aveugle, Roża. Une rencontre qui change sa vie…

Bien des annees plus tot, un homme a defie Dieu et decide que son bonheur ne dependait que de lui. Il s’est marie, a bati une maison, a vu naitre ses deux filles, Roża et Karitas. Et la tragedie a frappe.

Ne en 1967 en Pologne, Hubert Klimko a exerce les metiers les plus divers : infirmier en maison de retraite, plumeur de dindes, trafiquant de caviar, vendeur d’art, mime… Il a publie deux volumes de poesie en islandais, et un recueil de nouvelles, La Gare Bielewa-Ouest. Il vit actuellement a Vienne.

Traduit du polonais par Veronique Patte.

  • La revue de presse Nils C. Ahl – Le Monde du 8 janvier 2009

Pour lier ces deux textes ensemble, un personnage principal qui n’est ni le premier ni le second des deux narrateurs. Un personnage sans parole, qui s’amuse et se moque, un deus ex machina qui n’a pas l’air d’y toucher, l’Islande elle-meme…
Dans les deux textes du roman, quels que soient les personnages, l’auteur les habille des reves de tous les emigrants : avoir une maison a soi, etre accepte par les autres, fonder une famille. Car en Islande, l’homme est a l’origine du monde, a l’endroit ou la terre et le ciel se retrouvent et se melangent. Les descriptions de Klimko grouillent d’une vie absolue et organique, magma de prieres, d’urine, de poisson, de sexe, de paix en bord de mer, de morts et de naissances. Comme le dit la mere de Rosa, on “avait l’impression de voir le monde entier”.

  • Les courts extraits de livres : 06/01/2009

La maison

Nous avons tous une deuxieme maison des que nous quittons la premiere. Celles que nous habitons entre le depart et le retour sont differentes. Heureuses, terribles, froides, sans expression, sans ame, grises. Certains reviennent a la maison plus tot. Ils meurent prematurement, se suicident, perissent dans un accident, disparaissent comme de la fumee de cigarette, se volatilisent dans les airs. D’autres ne veulent pas revenir. Ils passent leur vie a thesauriser. Des enfants, des objets precieux, de l’argent… Puis ils s’inquietent de leur avenir, de l’avenir de leurs enfants, de l’avenir de leurs objets. Rares sont les gens prets a revenir au premier appel, sans regret ou presque. La plupart ont peur, oublient, ne veulent pas se souvenir, mais quand sonne leur heure, ils pleurent. C’est bien s’ils ont quelqu’un pour les accompagner. Car beaucoup s’en vont seuls, dans de petites chambres sombres et puantes. Sur des lits etroits bordes d’une couverture bordeaux, avec, dans la main, un bouton electrique en guise de cierge funeraire, conscients que personne ne passera plus sinon pour appuyer sur l’interrupteur a la porte. Histoire de regler le probleme, d’avoir la conscience tranquille, de prendre acte. Au petit matin, le medecin viendra constater le deces. Puis ce sera le tour des infirmiers, des infirmieres, des aides-soignants, des aides-soignantes. Ils le laveront avec un savon bon marche, raseront son visage de pierre, lui donneront un coup de peigne ou le farderont, le vetiront d’un costume d’apparat ou d’une robe sombre, lui enfileront les chaussures dans lesquelles elle ou il a peu marche, et pour finir lui jetteront un regard compatissant et chaleureux en l’emportant a la chapelle ou il restera le temps que soient reglees les dernieres formalites. Puis on t’enterrera ou on t’incinerera. Et tu seras revenu a la maison.