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La memoire des murs

Auteur : Tatiana de Rosnay

Date de saisie : 17/07/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Ed. Heloise d’Ormesson, Paris, France

Prix : 16.00 / 104.95 F

ISBN : 978-2-35087-083-0

GENCOD : 9782350870830

Sorti le : 07/05/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Olivier Augier de la librairie Arts & LIVRES a Le Plan de Grasse, France – 17/09/2008

Apres l’indispensable et incontournable “Elle s’appelait Sarah” paru l’an dernier (veritable coup de coeur personnel), les editions Heloise d’Ormesson ont eu la tres bonne idee de reediter l’un des precedents romans de Tatiana de Rosnay, “La Memoire des murs”, publie a l’origine en 2003.
La particularite de ce roman, outre ses qualites propres, est qu’il fut la cle qui a ouvert la porte a la naissance de “Elle s’appelait Sarah” (desormais disponible au Livre de Poche). Dans “La Memoire des murs”, nous suivons une informaticienne de quarante ans, tout juste divorcee, en quete d’un nouveau depart dans son existence. Ce nouveau chapitre dans le roman de sa vie va se materialiser par le nouvel appartement dans lequel elle s’installe. Mais a peine le reve commence t-il que le cauchemar n’est pas loin… Les murs dans lesquels elle vit desormais ont ete les temoins d’un horrible meurtre. Sa chambre, en theorie lieu de quietude et de repos, fut une scene de crime…
Des lors, la quete obsessionnelle qui la lance sur les traces du tueur va raviver de nombreuses blessures.
Oui, decidemment, les murs ont une ame…
Nous attendons maintenant avec impatience la nouvelle et future publication de Tatiana de Rosnay…

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Lorsqu’on entre quelque part, on peut s’y sentir merveilleusement bien ou, au contraire, horriblement mal. Comme si les lieux degageaient une sensation puissante, comme si les pierres s’impregnaient de joie ou de chagrin pour plus tard s’en decharger et les restituer.

Fraichement divorcee, Pascaline, informaticienne de quarante ans, vient de trouver l’appartement de ses reves. A peine installee, elle apprend que ces murs ont ete temoins d’un crime. Lentement, par touches infimes, ce drame fait surgir en elle une ancienne douleur, une fragilite restee longtemps enfouie. Pour en finir avec son passe, elle se lance alors sur les traces d’un tueur en serie. Une quete obsessionnelle qui ravive ses blessures et l’amene a la lisiere de la folie.

Nee en 1961, Tatiana de Rosnay vit depuis vingt-cinq ans a Paris. Scenariste et journaliste, elle collabore notamment aux magazines Elle et Psychologies.
Elle est l’auteur de Elle s’appelait Sarah (2007), best-seller international en cours d’adaptation cinematographique.

  • La revue de presse Emilie Grangeray – Le Monde du 18 juillet 2008

Soit Pascaline, donc. Une quadra fraichement divorcee qui trouve l’appartement reve pour recommencer sa vie. A peine installee, elle est prise d’etranges nausees. Ici a eu lieu le premier meurtre d’une serie de sept jeunes filles. Se met en place un engrenage infernal et une cascade de questions sans reponses…
Efficace, glacant, ce court roman noir et subtil nous entraine au bord de la folie. Et on se souvient de cette phrase, mise en exergue, de Patrick Modiano dans Dora Bruder : “Au moins les lieux gardent une legere empreinte des personnes qui les ont habites.”

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

L’appartement correspondait exactement a ce que je cherchais. Quarante-huit metres carres, quatrieme etage, chambre sur cour, salon sur rue. Pierre de taille, lumiere, calme. Quartier vivant, bien desservi par le metro, marche le samedi. Le loyer n’etait pas donne, mais ca n’avait pas d’importance. J’aimais cet endroit. Je l’ai aime tout de suite.
Le jeune homme de l’agence immobiliere m’a appris qu’il y avait une autre personne interessee. Un monsieur d’un age avance. J’ai imagine un vieillard paisible dont le seul tort etait de ne pas baisser le volume de sa television. Le proprietaire devait faire son choix entre un retraite voute et une quadragenaire divorcee, sans enfants.
Dans la glace de la salle de bains, j’ai apercu mon reflet : un fin visage a lunettes, des cheveux lisses gaines d’un Movida acajou, des salieres acerees sous une peau qui commencait a se faner. Rien qui avait su retenir Frederic. Frederic, c’etait du passe, me le repeter, encore et toujours. Nouvelle vie, nouvel appartement. Un appartement a deux stations de mon travail, c’est ce que j’ai dit au jeune homme qui m’ecoutait poliment.
– Vous etes dans quelle branche ? a-t-il demande.
– Dans l’informatique. Je suis analyste programmeur. Comme toujours, j’ai vu son sourire se teindre d’ennui. Une femme qui maniait le html, c’etait rebarbatif, sauf si elle avait un physique.
J’ai fait un nouveau tour des lieux. La cuisine etait petite, mais propre et fonctionnelle, comme la salle de bains. Le salon donnait sur les toits gris de la rue Dambre. La chambre etait tres calme.
– Alors, a dit le jeune homme, vous le voulez ?
J’ai regarde une derniere fois autour de moi. Frederic aurait-il aime ? J’imaginais sa moue, le leger haussement d’epaules. Il aurait trouve ca trop etrique. Trop bonne femme chichi. Mais apres tout, Frederic n’etait plus la pour se plaindre, pour me critiquer. J’allais vivre seule. Et pour vivre seule, il fallait que je me sente bien chez moi.
Pas question de laisser le 25, rue Dambre a un retraite. Ou a qui que ce soit, d’ailleurs.

Quelques jours plus tard, le jeune homme de l’agence m’a telephone pour m’annoncer que mon dossier avait ete retenu par le proprietaire. Je pouvais emmenager immediatement. Frederic avait garde la plupart de nos meubles. Je n’en voulais plus, de ces meubles-la. Je me demandais comment sa fiancee supportait de dormir dans un lit ou il m’avait fait l’amour pendant si longtemps. Je n’ai rien garde de nos annees en commun. J’avais tourne la page. Il a suffi d’acheter un lit, un canape, un fauteuil, une armoire, une commode, une table et deux chaises. Le tout me fut livre en quelques jours. Je n’ai pas fait mettre le telephone, mon portable suffisait. Mon seul luxe fut d’installer le cable, pour disposer d’une centaine de chaines et pour que mon ordinateur soit relie a Internet en permanence.
Ma collegue Elizabeth etait venue m’aider a monter l’armoire. Elle etait costaud, malgre un air trompeur de jeune fille chetive. Elizabeth avait quinze ans de moins que moi. Jolie, amusante. Une des seules personnes avec qui je m’entendais au bureau. Malgre notre amitie grandissante, nous persistions a nous vouvoyer.
– Voulez-vous mettre l’armoire dans votre chambre, Pascaline ? Car si c’est le cas, nous devrions deja monter l’arriere.