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La mémoire et le temps ; l’oeuvre transdisciplinaire d’Henri Hubert (1872-1927)

Auteur : Laurent Olivier

Henri Hubert, à qui l’on doit, entre autres, une réflexion fondatrice sur les Celtes et les Germains, fut l’un des conservateurs du musée des An- tiquités nationales de Saint-Germain en-Laye qui, à cette époque, « se cherchait » encore.
Cet homme de réflexion et d’action – littéralement mort à la tâche pour s’être voué à un travail titanesque d’acquisition, de classement et de présentation muséographique des collections du musée – disparut trop vite et était trop hétérodoxe pour que son oeuvre puisse atteindre la masse critique et l’influence propres à lui assurer un avenir notable.
Il n’en fut pas moins l’un des intellectuels les plus incisifs et pénétrants de son temps ; lié à Durkheim et à l’aventure de la sociologie naissante, il est l’ami intime et le partenaire intellectuel le plus proche de Marcel Mauss, neveu de Durkheim, en qui chacun aujourd’hui s’accorde à voir l’un des fondateurs de l’anthropologie française à travers son Essai sur le don. Henri Hubert transpose aux problématiques de l’archéologie, et à la compréhension de la préhistoire une réflexion très audacieuse pour les domaines concernés. Auteur d’un court essai intitulé Étude sommaire de la représentation du temps dans la religion et la magie, il récuse toute clôture des cultures préhistoriques et antiques sur elles-mêmes ou dans une niche temporelle donnée et développe une vision très moderne et pas encore toujours acquise aujourd’hui-même de la formation complexe et toujours en révision des grandes identités « ethniques ».