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La peste noire. Volume 1, La conjuration des Lys

Auteur : Gilbert Bordes

Date de saisie : 31/01/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : XO, Paris, France

Prix : 19.90 / 130.54 F

GENCOD : 9782845632882

Sorti le : 18/01/2007

  • Les presentations des editeurs : 16/09/2008

Un roman epoustouflant, ou l’aventure se mele a l’Histoire a un rythme effrene.
1348. Une terrible maladie venue d’Asie ravage la France. Son nom est dans toutes les bouches : la peste noire. Annonce par d’enormes rats noirs, ce fleau n’epargne personne, tuant dans d’atroces souffrances, meme les plus robustes.
Au meme moment, dans un village de Gascogne, une toute jeune femme, Eugenie d’Eauze, apprend la verite sur sa naissance illustre : elevee parmi les paysans, elle est pourtant nee des amours de l’ancienne reine de France et d’un troubadour !
Alors le destin d’Eugenie bascule : sacrifiant mari et famille, elle part reconquerir son rang usurpe et prend la tete d’une conjuration qui a jure de remettre sur le trone les vrais heritiers de la couronne.
Mais la peste, la mal-mort, semble suivre les pas d’Eugenie, tuant ses ennemis et parfois ceux qu’elle aime, a croire qu’une force surnaturelle accompagne cette jeune fille royale, qui porte en elle la beaute du diable…

Gilbert Bordes a d’abord ete manoeuvre, instituteur, puis journaliste avant de je consacrer a l’ecriture. Romancier des situations contemporaines, avec notamment La Nuit des hulottes (Prix RTL grand public, 1991), et Le Porteur de destins (Prix Maison de la presse, 1992), il s’est aussi revele un grand romancier de l’Histoire avec Les Freres du diable et Les Enfants tombes du ciel. Plusieurs de se romans ont ete adaptes a la television.

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

L’homme qui entra etait assez grand, plutot svelte; sa magnifique chevelure noire luisait aux chandelles comme le pelage d’un corbeau. Ses yeux clairs petillaient de malice sous ses sourcils epais. Son visage maigre aux joues creuses, au nez saillant, a la bouche largement fendue, ses dents blanches et regulieres inspiraient la confiance. Il etait beau et rappelait a Francesca les bergers napolitains de sa jeunesse.
Il se precipita vers le lit, s’agenouilla et prit les mains de la malade qu’il porta a ses levres.
– Ma mie, ma petite reine, ma vie ! murmura-t-il en langue d’oc.
D’un geste lent, elle ordonna a ses servantes de se retirer. Francesca remonta la couverture sur les epaules de la jeune femme, jeta un regard rapide a Renaud d’Aignan qui signifiait Surtout ne la fatiguez pas ! et s’en alla en fermant la porte derriere elle.
Clemence demanda a Renaud de glisser un coussin sous sa tete. Ses cheveux s’eparpillaient en lourdes meches autour de son crane large et haut.
– Mon amour, te voir en cet ultime instant me reconforte. Sois sans crainte, je comparais devant le juge supreme l’ame en paix. Nous n’avons commis aucun peche puisque nous sommes maries devant Dieu. Les preuves de notre union, ecrites et contresignees par le temoin frere Jourdan d’Espagne, sont gardees au monastere de Saint-Germain-en-Laye. Dans cette cassette, tu trouveras aussi l’acte de naissance de notre enfant, Eugenie. La preuve qu’elle est bien nee d’une union legitime entre l’ancienne reine de France et Renaud d’Aignan, poete itinerant.
– Ma reine ! dit Renaud en posant son front sur la poitrine de la malade. Tu vas guerir, j’en suis certain !
Clemence secoua la tete.

  • Les courts extraits de livres : 16/09/2008

Eugenie fronca les sourcils. Elle se demanda si ce chevalier qui se tenait devant elle etait bien le meme que celui qui l’avait regardee avec autant d’insistance pendant le tournoi de Condom. Les contours de son visage se contracterent.
– Messire, je vous prie de vous retirer.
Rincourt s’attendait a cet accueil qui rabaissait le justicier au niveau d’un vulgaire malfrat.
– Madame, dit-il en s’inclinant, je vous prie de me pardonner. Je n’ai fait qu’accomplir la volonte du tribunal de Bordeaux.
– Assez, messire de Rincourt ! Assez de sottises ! Le tribunal ne vous a jamais ordonne de mettre a sac la place d’Eauze. Je viens d’apprendre que mon epoux a pu s’echapper. J’espere qu’il reviendra bien vite avec ses allies vous demander raison !
– Cela ne se peut. Votre epoux a pris la fuite parce que je ne m’y suis pas oppose. Et il ne vous sera fait aucun mal, j’en reponds sur mon honneur.
– Votre honneur ? De quoi parlez-vous, messire ? Rincourt se tut un instant. Ce n’etait pas un homme de palabres et il savait qu’il n’obtiendrait rien de cette femme
La Conjuration des Lys fiere dont chaque mot le blessait a la maniere d’une fleche. La fuite d’Eauze lui permettait de la garder pres de lui pour assurer sa protection. Un frisson parcourait son dos. Il pensa tout d’un coup etre pris par la peste, mais il se ravisa vite : dans ces murs proteges par les reliques, la maladie n’avait aucun pouvoir. Le sang battait a ses tempes. Les yeux de la femme plantes dans les siens exprimaient un rejet profond.
– Qu’on emmene ces deux gentillets, ordonna-t-il, et qu’on veille a ce qu’ils ne manquent de rien jusqu’a ce que j’envoie quelqu’un les chercher.
Eugenie se dressa devant ses enfants pour empecher les gardes de s’approcher. Matthieu serrait les poings, pret a se defendre.
– Personne ne me separera de mes enfants ! hurla la mere.
Deux hommes en cotte de mailles bousculerent Eugenie et emporterent Matthieu et Benoit. Quand les enfants furent partis, la jeune femme se campa devant Rincourt :
– Jamais je ne vous le pardonnerai. Entendez-vous, jamais !
– Je vous prie de faire vos malles. Vous allez m’accompagner au chateau de Valence. Les reliques de sainte Jesabelle suivront. Vous ne risquerez donc rien de la peste.
– Et mes enfants ?
– Je ne les oublie pas !