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La princesse et le pecheur

Auteur : Minh Tran Huy

Date de saisie : 28/08/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Collection : Domaine francais

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-7427-6953-7

GENCOD : 9782742769537

Sorti le : 17/08/2007

  • La voix des libraires : Rene Caprioli de la librairie MAUPETIT ACTES SUD a MARSEILLE CEDEX 1, France – 17/09/2008

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Rene Caprioli – 08/11/07

  • La voix des auteurs : Minh Tran Huy – 17/09/2008

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Minh Tran Huy – 28/08/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Jamais un conte n’est vraiment innocent, ni tout a fait denue de cruaute.
En la personne de Nam, jeune Vietnamien depuis peu refugie en France, la narratrice croit reconnaitre le prince charmant. Ils sympathisent, se revoient, se confient, s’inventent un territoire secret. Mais quelque chose eloigne les gestes de l’amour : le beau garcon la traite comme une petite soeur. A quelque temps de la, elle accompagne ses parents au Vietnam, ou ils retournent pour la premiere fois.
Devant elle, nee en France, elevee et protegee comme une fille unique, le rideau se dechire. Les secrets affleurent, les rencontres devoilent les tragedies qu’ont connues les siens. Que Nam a laissees derriere lui, peut-etre… La Princesse et le Pecheur dessine une vietnamite aussi reelle qu’impartageable, un pays immateriel que Minh Tran Huy impregne d’une fausse candeur toute de retenue, qui cache une melancolie profonde.
Elle y inscrit la presence de l’ami si difficile a retrouver, parce que l’Histoire est passee par la. Ou simplement le temps. Plus violent que les contes…

Nee en 1979 et Clamart, Minh Tran Huy est redactrice en chef adjointe au Magazine litteraire et chroniqueuse aux Mots de minuit, l’emission culturelle de Philippe Lefait (France 2). La Princesse et le Pecheur est son premier roman.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Quand j’etais petite, le monde etait merveilleusement rassurant : je m’imaginais en Cendrillon ou en Peau d’Ane, et tenais pour acquis le triomphe des bons sur les mechants, la renaissance des orphelines en princesses et la metamorphose des vilains petits canards en cygnes gracieux. On pouvait souffrir de la pauvrete et des mauvais traitements d’une belle-mere, mais un peu d’esprit, de la vertu et quelques fees sauvaient toujours la situation. Il suffisait de se mefier des loups, de remercier nains et chasseurs, de regarder au-dela de bestiales apparences pour decouvrir un prince deguise, et le tour etait joue.
Plus tard, il s’avera qu'”il etait une fois” et “ils vecurent heureux et eurent beaucoup d’enfants” n’etaient que des formules que l’on prononcait pour mettre, un bref instant, le monde entre parentheses. Pourtant j’ai continue de me fier a l’ordre qui regissait les fictions. En cette matiere, meme quand l’affaire se compliquait, il etait toujours possible de decouvrir une trame, un semblant de systeme qui donnait sens a une suite de mots ou d’images : effets d’echo et de symetrie, metaphores, symboles, correspondances… Je pensais que ma vie obeissait elle aussi a une logique mysterieuse, encore invisible, mais qui un jour m’apparaitrait. Et j’etais certaine que me nourrir d’histoires me mettait sur la voie, que je developpais mes capacites a comprendre la marche des choses, a saisir leur harmonie cachee. Je voyais dans les fictions autant de fils d’Ariane qui me permettraient de sortir, un jour, des meandres du reel.
Et puis j’ai grandi, encore. L’art a cesse d’etre une clef qui decode la signification des evenements pour devenir un ideal vers lequel tendre, et qui de ce fait meme demeure inaccessible. Vivre, c’est se lancer dans un solo tout en apprenant a chanter ; tenir le role principal d’une piece un soir de premiere sans avoir jamais repete ; rediger une histoire d’une traite, sans possibilite de retour en arriere. Il n’y a pas de deuxieme prise. On progresse au petit bonheur la chance, ralentit quand on devrait accelerer, s’invente des obstacles inutiles, bifurque sur un coup de tete, en n’ayant aucune idee de sa destination. L’existence est un recit que l’on devide au fil de la plume, et ou personne ne se preoccupe des repetitions, des blancs et des incoherences. Il n’y a que dans les romans qu’on peut corriger, reviser, reprendre ; la plupart des vies sont bancales, gouvernees par un hasard sans rime.
La fiction, dit-on, n’adopterait les apparences du mensonge que pour mieux dire la verite. Mais en realite, elle ne m’aura pas revele grand-chose ; plutot servi de pretexte pour ne pas regarder la vie en face. En me detournant des faits, prosaiques, au profit de l’imaginaire, elle m’a donne l’habitude de ne jamais penser a ce que j’ai devant les yeux. Au sens figure – le present me ramene toujours vers le passe, l’ici vers Tailleurs – et au sens propre – le plafond de ma chambre, la table du cafe, le feu qui clignote quand je traverse la chaussee sont moins des objets precis, palpables, que le point de depart de reveries qui bientot avalent le decor qui leur a donne naissance. Les histoires recouvrent le monde de leur patine, et j’oublie le reste.