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La revanche du clitoris

Auteur : Damien Mascret | Maia Mazaurette

Date de saisie : 10/01/2008

Genre : Guides et conseils pratiques

Editeur : la Musardine, Paris, France

Collection : L’attrape-corps

Prix : 12.00 / 78.71 F

ISBN : 978-2-84271-381-2

GENCOD : 9782842713812

Sorti le : 25/01/2008

  • Les presentations des editeurs : 16/01/2008

Apres les monologues du vagin, le clitoris tient enfin sa revanche !

Toutes les etudes des sexologues le prouvent : le clitoris est bien le principal detonateur de l’orgasme feminin. Pourtant, dans les medias comme dans les mentalites, les approximations perdurent, et avec elles une somme d’idees recues. En convoquant quelques pionniers de la psychanalyse et des etudes scientifiques recentes, la presse feminine et les series televisees, les films pornographiques et les feministes, Maia Mazaurette et le Dr Damien Mascret analysent les raisons de cette etrange excision culturelle et, avec pedagogie et humour, proposent des pistes pour partir a la redecouverte d’un petit bout de matiere qui a fait couler beaucoup d’encre.

MAIA MAZAURETTE, l’une des pionnieres et sex-experte de la blogosphere (dont le site www.sexactu.com fait reference) est l’auteure de Nos amis les hommes (Editions Florent Massot, 2001) et Le pire est avenir (Editions Rozan-Laffont, 2004).

DAMIEN MASCRET est medecin-sexologue et journaliste. Redacteur en chef de l’hebdomadaire Le Generaliste, il est notamment co-auteur de Le malade n’est pas un numero (Odile Jacob, 2004) et de Ministre, un an dans les pas de Xavier Bertrand (Editions de sante, 2007).

  • Les courts extraits de livres : 16/01/2008

DE L’EXCISION CULTURELLE A LA REDECOUVERTE DU CLITORIS

Au debut etait le Verbe et, parce que l’histoire du clitoris est presque aussi torturee que celle des femmes excisees, son etymologie l’est aussi. Clitoris vient-il du mot grec kleis designant la clef ? Ou plutot de klei-tor-is, petit monticule penche ? Ou encore de kleitoriazein, titiller lascivement ? Ou enfin de kleiein, recouvrir ? Des l’origine, le flou s’installe. Toutefois, nous n’evoquerons pas ici le clitoris a travers les ages et les continents : nous nous contenterons de parler de ce qui a une influence sur notre maniere de penser, ici et maintenant. Dans cette partie dediee a l’histoire du clitoris, c’est donc par choix que nous commencerons avec Freud, principal auteur, dans les civilisations occidentales, de l’excision culturelle de cet organe pourtant crucial.

Ou est le clitoris ?

Selon le tres recent Petit Larousse de la sexualite, le clitoris est un petit organe erectile de l’appareil genital externe de la femme situe a la partie anterieure de la vulve. Les auteurs ajoutent : Le clitoris ne constitue que la partie visible d’un appareil semi-erectile beaucoup plus important et joue un grand role dans l’excitation sexuelle et le plaisir feminin. Allons plus loin, puisque selon nous le clitoris ne joue pas seulement un grand role, il EST le centre principal du plaisir sexuel feminin.
Mais en 2007, un constat : alors que tout le monde devrait connaitre cet organe grace a l’enseignement sexuel dispense a l’ecole, on constate que nombre d’hommes (et de femmes) n’en ont jamais entendu parler, ou choisissent de faire comme s’ils n’en avaient jamais entendu parler : le clitoris, encore aujourd’hui, reste le plus souvent passe sous silence. En depit de l’offensive des sextoys clitoridiens, rarement designes comme tels, les hors-serie sexy des magazines evoquent tres peu le petit detonateur – preferant se cantonner aux conseils en lingerie ou aux Kama-sutra illustres. Au cinema ? Les films grand public limiteront presque toujours les scenes d’amour a un classique missionnaire. La pornographie, alors ? Le film X qui s’est le plus preoccupe du clitoris le placait au fond de la gorge de l’actrice Linda Lovelace : c’etait en 1972, le monde decouvrait Gorge profonde… pas vraiment le top pour faire jouir une vraie femme. Et la litterature ? Quelques coups de langue, mais surtout la sublimation de la penetration, metaphore evidente de la fusion des partenaires. Le cunnilingus n’est que rarement evoque et il faut se contenter de la masturbation pour supposer que le clitoris est dans les parages. Ainsi en est-il de la fin d’Ulysse de James Joyce. Au terme de soixante pages sublimes, apres avoir rumine sur son sort et medite sur sa condition de femme, seule dans son lit, Molly Bloom se laisse submerger par le plaisir. Il n’est jamais dit qu’elle est peut-etre en train de se masturber, mais la facon dont les limites de la phrase eclatent dans ce texte, et le OUI final de Molly peuvent aisement le laisser penser. Detail o combien revelateur, c’est seule dans son coin que la pauvre Molly a l’existence banale decouvre enfin les joies de l’orgasme, pendant que son mari Leopold est en balade.

Mais tout ca n’est que litterature. En 2007, tous les adolescents savent ce qu’est la sodomie, mais beaucoup d’entre eux ne peuvent pas situer le clitoris. Cantonne aux preliminaires, ce petit centimetre carre aux milliers de ramifications joue les seconds roles : simple mise en bouche, quand il n’est pas excise, destine a provoquer une lubrification vaginale suffisante pour passer aux choses serieuses. Bien sur, il n’en est pas systematiquement ainsi. Mais dans notre imaginaire, notre culture, nos representations artistiques, la relation sexuelle est une penetration. Or, le clitoris ne se penetre pas.

Comme le dit joliment la journaliste du New York Times, Natalie Angier : Le clitoris est le seul organe a vocation purement sexuelle, sans heures supplementaires a effectuer en tant qu’appareil secretoire ou excretoire ‘. Une particularite qui n’a malheureusement pas echappe a certaines cultures dans lesquelles ce petit bout de chair genant est purement et simplement ote d’un coup de lame. Et pourtant, ajoute Angier, le clitoris c’est l’ame d’Eros, le site de rassemblement de ces 8000 fibres nerveuses formant un veritable petit cerveau.