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La route d’Ithaque

Auteur : Carlos Liscano

Traducteur : Jean-Marie Saint-Lu

Date de saisie : 02/11/2006

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Domaine etranger, n 3965

Prix : 7.80 / 51.16 F

ISBN : 978-2-264-04350-4

GENCOD : 9782264043504

Sorti le : 02/11/2006

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  • Les presentations des editeurs : 06/11/2006

Vladimir cache mal sa haine des clandestins. Pourtant lui aussi erre sur les routes et dort dans les squats. Bandit uruguayen en cavale et echoue en Europe, il a cependant eu sa chance : une femme suedoise, un enfant et la promesse d’une regularisation. Mais la terreur du confort et sa soif absolue de liberte ont pris le dessus. Alors il a fui. De Stockholm a Barcelone, il va maintenant decouvrir l’univers impitoyable des sans-papiers. De ses annees d’oppression sous la dictature uruguayenne a son exil en Europe, Carlos Liscano tire un roman puissant et acerbe qui expose la part maudite du monde occidental. Celle de ces millions d’Ulysses echoues sur les rives d’une impossible Ithaque.

Un auteur d’une dimension et d’une force narrative exceptionnelles.
Francois Reynaud, Page des Libraires

Carlos Liscano est ne en 1949 a Montevideo, en Uruguay. Alors qu’il n’a que vingt-deux ans, il subit la terrible repression de la dictature des militaires : il est torture et emprisonne durant treize ans. Libere en 1985, il s’exile en Suede jusqu’en 1996. Depuis, il partage sa vie entre Montevideo et Barcelone. C’est en prison que Carlos Liscano a commence a ecrire. Romancier et nouvelliste, l’ecrivain est aussi poete, journaliste et dramaturge. Son oeuvre est desormais consideree comme l’une des plus importantes d’Amerique latine. Apres Le rapporteur et autres recits et La route d’Ithaque, son nouveau roman, Le fourgon des fous, a paru en 2006 aux editions Belfond.

  • Les courts extraits de livres : 06/11/2006

Ce voyage serait le dernier. J’avais tout le temps cette pensee en tete, comme une foi. Je voulais m’en tenir a ca, ne plus bouger. Je ne repartirais plus de Stockholm, pour rien au monde. C’etait ce que je me disais, Vladimir, c’est la derniere donne, on ne cherche plus, fini de faire l’idiot un peu partout.
Il fallait que ce soit la derniere, il n’y aurait plus de voyages. Je ne pouvais passer ma vie a ecouter l’autre, celui qui a chaque instant me demandait de ficher le camp, de quitter une situation, avant meme que les choses ne commencent a se stabiliser. Ca ne serait pas facile. Ne pas ecouter l’autre n’a jamais ete facile pour moi. S’il insiste, je fais mes paquets et je m’en vais, en sifflant tout bas, en faisant le distrait, sous la pluie.
Il a tout pouvoir sur moi, ce porc. Il m’y obligeait deja quand j’etais gosse, je m’echappais et j’allais me fourrer dans les embrouilles. Mais cette fois, non, cette fois je ne l’ecouterais pas. Je faisais ce voyage pour ne plus bouger apres, comme si j’avais deja choisi l’endroit ou je vivrais le reste de mes jours, ou je voudrais mourir un jour. On verrait combien de temps je montrerais tant de bon sens, une si ferme resolution. J’hesitais, je n’ai jamais eu trop confiance en moi pour ce qui est de ne pas faire de betises. Meme quand il n’y a pas de puits, je m’arrange pour tomber dedans.
Je voyageais en train, vers le nord. Cela faisait deux jours que j’etais en route, toujours vers le nord, vers Stockholm. Je n’avais pas dormi de tout le voyage. Le train quittait maintenant une grande ville et je pensais que ca ne pouvait etre que Goteborg. Je n’en etais pas sur, je n’avais ete qu’une seule fois a Goteborg, quelques heures, et je n’en avais pas vu grand-chose.
La femme qui etait assise a cote de moi, une Polonaise, commenca a me parler en espagnol. Je repondis en essayant de ne pas entamer de conversation. Je voulais reflechir, imaginer ce qui m’attendait quelques heures plus tard, ma rencontre avec Ingrid. La Polonaise ne me lachait pas,…