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La route du Nord

Auteur : Xavier-Laurent Petit

Date de saisie : 25/02/2008

Genre : Jeunesse a partir de 9 ans

Editeur : Castor poche-Flammarion, Paris, France

Collection : Castor poche. Aventure, n 1063

Prix : 4.70 / 30.83 F

ISBN : 978-2-08-121009-7

GENCOD : 9782081210097

Sorti le : 15/02/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

La Route du Nord
XAVIER-LAURENT PETIT

Comme chaque ete, Galshan a quitte la ville pour rejoindre Baytar, son grand-pere, dans la vallee. Hommes et troupeaux attendent desesperement les pluies d’ete. Depuis des semaines, le soleil et le vent brulent tout sur leur passage. Uugan decide de prendre la route du Nord avec les betes. Galshan l’accompagne pour veiller sur Toonejlig, une jument sur le point de mettre bas, laissant a regret son grand-pere.
Un long voyage commence…

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Un cri aigu dechira le silence. Aveuglee par le soleil qui se levait, Galshan tira sur les renes de son cheval et scruta le ciel.
La silhouette effilee d’un aigle se profilait tres haut, presque a l’aplomb du minuscule sentier qu’elle suivait. Les ailes etendues, il tournoyait sans effort, epiant les flancs de la vallee a la recherche d’une proie. Galshan l’observa sans bouger, tandis que, du bout des levres, son cheval arrachait de minuscules touffes d’herbe seche et jaune comme de la paille.
Quelques annees auparavant, elle avait passe l’hiver ici, dans la vallee de Tsagung, aupres de son grand-pere, le vieux Baytar. Ensemble, ils avaient capture un aigle et le vieil homme lui avait alors appris a le dresser*. Elle l’avait appele Kudaj, le seigneur Kudaj, et jamais elle ne l’avait oublie. Elle avait fini par lui rendre sa liberte, mais ses pensees s’envolaient encore souvent sur les ailes de son aigle…
Le rapace continuait a tourner en larges cercles au-dessus des falaises, sans mouvements inutiles, juste porte par la chaleur de l’air. Se pouvait-il que ce soit lui ? Se pouvait-il que le seigneur Kudaj soit revenu et l’ait reconnue apres tout ce temps ? Un instant, Galshan eut envie de tendre le poing devant elle et de l’appeler comme elle l’avait fait tant de fois au cours de cette annee-la. Elle se souvenait encore du poids de l’aigle sur son bras et de son oeil d’or qui la fixait sans desemparer. Mais elle ne bougea pas et continua a le suivre, les yeux mi-clos, etourdie par la lumiere du matin.
Un imperceptible changement se fit dans le vol de l’oiseau. Galshan le vit soudain plonger vers le sol. Une marmotte lanca un sifflement suraigu, l’aigle tomba comme une pierre, droit sur les eboulis, et ecarta les ailes au dernier moment. Lorsqu’il remonta en lancant un hiiik victorieux, une petite marmotte se debattait faiblement entre ses serres. Le rapace et sa proie disparurent derriere les parois a pic du Guruv Uul au moment ou les premiers rayons du soleil se glissaient au-dessus des cretes.
Dans un eblouissement de lumiere, les roches etincelerent comme des miroirs tandis que l’air se rechauffait brutalement. Une rafale de vent tiede coucha les hautes herbes, et la prairie dessechee ondula jusqu’a l’horizon, comme une immense bete en train de s’ebrouer.
Galshan talonna son cheval. Elle avait quitte le campement de son grand-pere peu avant l’heure du Lievre dans l’espoir de profiter de la fraicheur du matin. Mais c’etait peine perdue. D’ici une heure ou deux, la chaleur serait tout aussi etouffante que les jours precedents.