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La sanction

Auteur : Trevanian

Traducteur : Jean Rosenthal

Date de saisie : 12/12/2007

Genre : Policiers

Editeur : Gallmeister, Paris, France

Collection : Noire

Prix : 22.70 / 148.90 F

ISBN : 978-2-35178-013-8

GENCOD : 9782351780138

Sorti le : 04/10/2007

  • Le choix des libraires : Choix de Christophe Dupuis de la librairie ENTRE-DEUX-NOIRS a LANGON, France – 17/09/2008

Le Dr Jonathan Hemlock, professeur d’art aime de ses etudiants pour son style si atypique est aussi un alpiniste emerite meme si cela fait plusieurs annees qu’il n’a pas gravi un sommet important. Si Hemlock n’aime pas trop enseigner – mais il faut bien gagner sa vie – en revanche il aime particulierement l’art, surtout les tableaux qu’il collectionne en grand secret. Mais ce n’est pas sa paye de professeur d’universite qui lui permet d’assouvir sa passion, c’est plutot le CII, une organisation secrete pour laquelle il travaille, au contrat. Contrat est bien le terme, car il est tueur. C’est la conjonction de sa passion et de ses talents d’alpinistes qui va l’emmener vers son nouveau – et dernier a son avis – contrat : s’engager dans une equipe qui va s’attaquer a l’Eiger par la face nord. Le defi est double : c’est une des ascensions les plus dures au monde et Hemlock ne sait pas qui est sa cible, a lui de le deviner pendant l’escalade.
Gallmeister a l’art de d’exhumer les vieilles perles des annees 70. Presente ici dans une traduction revisee (avec – il faut souligner le travail editorial – une tres bonne presentation de l’auteur et de son oeuvre en fin d’ouvrage par P. Beyvin) ce roman alpin de Trevanian brille plus dans ses passages montagneux (le texte est plus fluide) qu’americains. Le tout est un peu date (certains ont des opinions bien arretees !) – mais cela donne un charme suranne – et l’ascension de l’Eiger par la face nord est morceau de bravoure !

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Trevanian est l’un des auteurs les plus mysterieux de ces dernieres annees. On sait peu de chose de lui. Americain, il a vecu dans les Pyrenees basques et est probablement mort en 2005. Ses romans se sont vendus a des millions d’exemplaires dans le monde et ont ete traduits en plus de quatorze langues. La Sanction a ete porte a l’ecran par Clint Eastwood.

Professeur d’art et alpiniste de renommee internationale, Jonathan Hemlock est surtout un tueur specialise dans les “sanctions” : l’assassinat d’agents ennemis pour le compte de l’organisation secrete CII.
En represailles au meurtre d’un agent du CII, Jonathan doit infliger une nouvelle sanction. Sa cible fait partie d’une expedition qui va tenter l’ascension d’une des plus dangereuses montagnes des Alpes, l’Eiger par la face nord. Hemlock se joint a cette expedition en vue d’executer sa mission. Seul probleme : il ignore lequel de ses trois compagnons de cordee est l’homme a abattre.

Ce livre brillant a l’humour corrosif est un roman au suspense haletant et possede ces qualites d’intelligence rare qui font de Trevanian un auteur hors du commun.

Trevanian est l’un des auteurs les plus mysterieux de ces dernieres annees. On sait peu de chose de lui. Americain, il a vecu dans les Pyrenees basques et est probablement mort en 2005. Ses romans se sont vendus a des millions d’exemplaires dans le monde et ont ete traduits en plus de quatorze langues. La Sanction a ete porte a l’ecran par Clint Eastwood.
Traduit de l’americain par Jean Rosenthal

  • La revue de presse Martine Laval – Telerama du 12 decembre 2007

Parue en 1972 et portee a l’ecran par Clint Eastwood trois ans plus tard, La Sanction est une parodie de roman d’espionnage matine de polar et de western. Tous les ingredients sont la pour exciter la lecture : les fausses amities, les silences oppressants, les menaces imprevisibles. Mais cette Sanction ne se contente pas d’amuser le lecteur. Elle denonce aussi en filigrane les cliches sur le racisme, la superiorite des Etats-Unis, leur politique internationale extravagante.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Montreal
16 mai

EN DEBUT DE SOIREE, la pluie etait tombee sur le boulevard Saint-Laurent et il y avait encore des flaques triangulaires sur le trottoir bossele. La pluie avait cesse mais il faisait encore assez frais pour justifier l’impermeable beige clair de l’agent CII Wormwood. Pour sa part il preferait les trench-coats, mais il n’osait pas en porter, sachant que ses collegues du service se moqueraient de lui. Wormwood avait trouve un compromis en relevant le col de son impermeable et en enfoncant profondement ses mains dans ses poches. Lune de ses mains etait crispee sur une tablette de chewing-gum que lui avait remise seulement vingt minutes plus tot un gnome malodorant dans le parc peu accueillant qui entourait l’hopital Sainte-Justine. Le gnome avait soudain jailli des buissons, provoquant chez Wormwood un terrible sursaut, qu’il avait essaye de faire passer pour une parade de karate. Cette image du felin en alerte aurait sans doute ete plus convaincante s’il n’avait pas eu l’infortune de reculer en meme temps dans un massif de roses.
Wormwood marchait d’un pas vif dans la rue de plus en plus deserte. Il se sentait porte par un sentiment – non pas de grandeur, certes – mais de competence. Pour une fois, il n’avait pas bousille le travail. Il apercut son reflet passer le long d’une vitre, et il ne fut pas mecontent de ce qu’il vit. Le coup d’oeil confiant et la demarche assuree compensaient largement les epaules voutees et la calvitie naissante. Wormwood tourna ses mains vers l’exterieur pour corriger l’affaissement de ses epaules car quelqu’un lui avait dit un jour que la meilleure facon d’avoir une allure virile etait de marcher les paumes en avant. C’etait extremement inconfortable et cela lui donnait un peu l’air d’un pingouin, mais il le faisait chaque fois qu’il y pensait.
Cet effort lui rappela douloureusement sa recente rencontre avec le massif de roses, mais il s’apercut qu’il pouvait soulager sa douleur en prenant entre le pouce et l’index la couture de son pantalon et en l’eloignant de ses fesses. Il le faisait donc de temps en temps, sans se soucier de la curiosite ouvertement manifestee par les passants.
Il etait satisfait. “C’est une question d’assurance, se dit-il. Je savais que je pourrais reussir ce coup-la, et j’ai reussi !” Il defendait une theorie selon laquelle on attirait la malchance en la prevoyant, et les resultats de ses dernieres missions semblaient venir a l’appui de cette idee. En general, avec Wormwood, les theories ne tenaient pas. Pour resoudre le probleme de sa calvitie, il avait applique le principe du coupez-les-court-et-vous-les-garderez-longtemps, et il arborait toujours une coiffure en brosse qui lui donnait un air plus insignifiant qu’il n’etait necessaire, mais ses cheveux persistaient a tomber. Pendant un moment, il s’etait cramponne a la theorie selon laquelle une calvitie precoce etait l’indice d’une virilite peu commune, mais son experience personnelle avait fini par le contraindre a abandonner cette hypothese de travail.
“Cette fois je rentre sans encombre, sans accroc. A six heures demain matin, je serai de retour aux Etats-Unis !”
Ses doigts se resserrerent sur la tablette de chewing-gum. Il ne pouvait pas se permettre un nouvel echec. Deja que dans le service on l’appelait “La Baie des Cochons en Solo”.
Comme il tournait a gauche dans Lessage Lane, la rue lui sembla vide de tout bruit et de toute presence humaine. Il le remarqua lorsqu’il prit a droite l’avenue Saint-Dominique, le silence etait tel que le bruit de ses pas semblait lui etre renvoye par les facades sinistres des immeubles de brique aux fenetres eteintes. Le silence ne le genait pas ; il choisit de siffler.