Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

La séquestration du carbone

Auteur : Valéry Molet

La poésie est la forme de la séquestration la plus aboutie. Elle emprisonne ce qui est désagrégé, en fonction de l’angle de la caméra et du caméraman, parfois ivre, il faut en convenir. Maître Eckhart pensait que le néant procédait de la distance, condition sine qua non de l’accomplissement de soi en Dieu. Pour Valéry Molet, cette leçon doit être agrémentée des bagarres de rue, de la tentation suicidaire excluant le désespoir, de l’amour sans ménagement et des mille historiettes de la vie quotidienne, qui sont comme la tartine du rien chevauché par le diablotin du pas-grand-chose. La poésie n’aime pas la nature : un sonnet peut-il protéger un hanneton ? Sûrement pas, ici, les pierres ne pensent pas, le poète n’est pas l’envoyé de l’Etre et la splendeur sémantique ne dissimule pas ce qu’il y a de pire dans les pensées. A quoi reconnaît-on un poète ? Il se moque de lui-même et des lecteurs. C’est une plaisanterie de plaies ouvertes.