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La solution finale

Auteur : Michael Chabon

Traducteur : Isabelle D. Philippe

Date de saisie : 11/10/2007

Genre : Policiers

Editeur : Robert Laffont, Paris, France

Collection : Pavillons

Prix : 16.00 €

ISBN : 978-2-221-10499-6

GENCOD : 9782221104996

Sorti le : 11/10/2007

  • La Radio des libraires : Annick Khan de la librairie LA BOITE a LIVRES DE L’ETRANGER a TOURS, France – 23/11/2007

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Annick Khan – 23/11/07

  • Les presentations des editeurs : 15/10/2007

Qui est donc Linius Steiman, ce petit garcon de neuf ans refugie en Angleterre apres avoir fui l’Allemagne nazie ? Aphasique et parlant a peine l’anglais, Linius est l’objet d’une surveillance attentive de la part de ceux qui l’accueillent. Mais n’est-ce pas plutot son compagnon, Bruno, un perroquet gris d’Afrique, qui les intrigue ? Volubile et polyglotte, Bruno recite en allemand de longues listes de chiffres mysterieux qui paraissent fasciner les personnes qui l’approchent.
Ces chiffres seraient-ils ceux d’un code SS top-secret ? Ou ceux d’une serie de comptes bancaires suisses appartenant a la famille de Linius, disparue sous la botte des SS ?
Un homme est assassine, Bruno enleve, et la police impuissante a resoudre cette enigme. Un vieux detective, celebre en son temps pour son flair infaillible et ses methodes peu orthodoxes, accepte de se charger de l’enquete. Deroutant, irritant, il met tout son talent au service non de la police, mais du petit Juif qui n’a plus qu’un oiseau pour famille.
Evidemment le detective de genie elucidera le secret – devastateur – des nombres recites par le perroquet. Et en retrouvant Bruno, il rendra un peu de bonheur au petit garcon juif dont tous les souvenirs sont contenus dans les chants etranges d’un perroquet gris.

Michael Chabon vit en Californie, avec sa femme Ayelet Waldman, ecrivain elle aussi, et leurs quatre enfants. Il est l’auteur de nombreux romans et recueils de nouvelles. Les Mysteres de Pittsburg (Fixot, 1988) ; Avenue de l’Ocean (Nouvelles, Fixot, 1991) ; Des garcons epatants (Nouvelles, Robert Laffont, 1995 et 2001) ; Les Loups-garous dans leur jeunesse (Robert Laffont, 1999) ; Les Extraordinaires Aventures de Kavalier & Clay (prix Pulitzer, 2001 – Robert Laffont, 2004).

  • La revue de presse Jacques Baudou – Le Monde du 8 novembre 2007

Sherlock Holmes suscite toujours l’interet des auteurs contemporains et non des moindres. En 2006, Caleb Carr le confrontait a un fantome ecossais dans Le Secretaire italien (Presses de la Cite). Aujourd’hui, c’est Michael Chabon qui ajoute un titre eblouissant a la longue liste des pastiches holmesiens…
Ce court roman est d’une infinie richesse. Il offre, dans une prose raffinee, non seulement le roman d’enigme annonce en sous-titre, mais aussi le portrait d’une insolite famille anglaise, une breve mais fulgurante meditation sur les signes, le sens et la causalite et un admirable hommage au grand detective, Michael Chabon poussant la virtuosite jusqu’a imaginer au chapitre 6 une fort allechante “untold story”, rendant ainsi un signale service a la mythologie holmesienne.

  • La revue de presse Bruno Corty – Le Figaro du 11 octobre 2007

Sherlock Holmes, la Seconde Guerre mondiale, un enfant et un perroquet sont au menu de cet emouvant roman du laureat du Pulitzer 2001…
Parce que sa premiere nouvelle, ecrite a onze ans, etait un pastiche de son auteur favori, Conan Doyle, Michael Chabon a tenu, des annees plus tard, a lui rendre hommage. Il l’a fait avec le talent de conteur qu’on lui connait, sa sensibilite et l’envie de prouver qu’il est possible de dire des choses graves via la litterature de genre. En taisant le nom de Holmes, trop encombrant, car la proie des cliches, il lui a redonne une humanite qui colle parfaitement a son histoire. Apres les deboires des cousins juifs Kavalier et Clay a New York et avant The Yiddish Policemen’s Union, enorme roman uchronique a paraitre en France en 2008, La Solution finale est le deuxieme volet, poignant, d’une trilogie passionnante que Chabon consacre a ses racines juives.

  • Les courts extraits de livres : 15/12/2007

Un petit garcon, un perroquet sur l’epaule, suivait la voie ferree. Sa degaine etait reveuse, et il balancait une paquerette a la main en marchant. A chaque pas, l’enfant raclait la pointe de ses chaussures dans le terre-plein central, comme pour mesurer le chemin parcouru par des traces bien regulieres dans le ballast. On etait en plein ete, et il y avait quelque chose dans les cheveux noirs et le museau pale du garconnet qui se detachaient sur le drapeau vert des collines herbeuses deploye au loin, dans la paquerette qui roulait son oeil blanc, dans les genoux noueux sous les culottes courtes et l’air suffisant du beau perroquet gris aux plumes de queue d’un rouge sauvage, quelque chose qui charma le vieil homme pendant qu’il les regardait passer. Qui le charma, ou eveilla son sens de l’anomalie, d’une anomalie prometteuse – faculte autrefois reputee dans toute l’Europe.
Le vieil homme abaissa le dernier numero du British Bee Journal sur le plaid de laine shetland qui couvrait ses genoux, noueux eux aussi mais tout sauf charmants, et approcha l’ossature allongee de sa tete du carreau de la fenetre. La voie ferree – un embranchement de la ligne Brighton-Eastbourne, electrifiee a la fin des annees vingt avec l’unification des reseaux du Southern Railway
– suivait un remblai a cent metres au nord du cottage, entre les poteaux de beton d’un treillage barbele. Ne datant pas d’hier, la vitre par laquelle le vieil homme lorgnait foisonnait d’ondulations et de bulles d’air qui deformaient et gauchissaient le monde exterieur. Pourtant, malgre les distorsions, le vieil homme eut le sentiment de n’avoir jamais vu jusqu’alors deux etres plus complices que ces deux-la dans leur facon de partager un bel apres-midi d’ete.
Il etait frappe aussi par leur silence apparent. Dans tout mariage d’un perroquet gris d’Afrique – une variete notoirement bavarde – et d’un enfant de neuf ou dix ans, il lui semblait vraisemblable que l’un des deux dut parler a un moment ou a un autre. Encore une anomalie. Quant a ce que celle-ci promettait, le vieil homme n’en avait pas la moindre idee – bien qu’il eut jadis bati sa fortune et sa reputation grace a une longue et brillante serie d’extrapolations a partir d’improbables associations de faits.
Alors qu’il arrivait a peu pres a hauteur de la fenetre du vieux monsieur, a quelque cent metres de la, le garconnet s’immobilisa. Il tourna son dos etroit au vieil homme, comme s’il avait senti son regard pose sur lui. Le perroquet jeta un coup d’oeil d’abord a l’est, puis a l’ouest, avec un air etrangement furtif. Cet enfant mijotait quelque chose. La courbure de ses epaules, comme une anticipation dans la flexion des genoux. C’etait une histoire mysterieuse – eloignee dans le temps mais profondement familiere – oui –

– le mecanisme edente s’enclencha, le Steinway desaccorde resonna : le rail conducteur.
Meme par un apres-midi etouffant comme celui-la, quand le froid et l’humidite ne lui rouillaient pas les articulations, c’etait deja une entreprise de longue haleine que de reussir a se lever de son fauteuil, a eviter les piles branlantes du fatras d’un vieux garcon – feuilles de chou autant que journaux serieux, pantalons, flacons de baume et pilules pour le foie, annales et trimestriels savants, plats de miettes – qui rendaient perilleuse la traversee du salon, et a ouvrir sa porte d’entree au monde exterieur. La perspective decourageante du trajet du fauteuil au pas de sa porte etait, en effet, une des raisons qui expliquaient son absence de commerce avec le monde, aux rares occasions ou le monde venait timidement actionner le heurtoir de cuivre, forge dans la forme hostile d’une Apis dorsata geante. Neuf fois sur dix, il demeurait assis, guettant les tatonnements et les murmures stupefaits de ses visiteurs, se rappelant qu’ils etaient desormais peu nombreux a etre encore en vie (…)