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La vie des autres

Auteur : Florian Henckel von Donnersmarck

Traducteur : Olivier Mannoni

Date de saisie : 05/12/2007

Genre : Cinema, Television

Editeur : Saint-Simon, Paris, France

Prix : 12.00 / 78.71 F

ISBN : 978-2-915134-32-2

GENCOD : 9782915134322

Sorti le : 26/10/2007

  • Les presentations des editeurs : 03/01/2008

Dans l’Allemagne de l’Est des annees 1980, le metteur en scene Georg Dreyman et sa compagne comedienne, portes par le succes sans se compromettre avec le regime ni prendre le risque de le contester publiquement, forment un couple exemplaire… jusqu’au jour ou le caprice d’un ministre les precipite tous deux dans les griffes de la Stasi – la police politique est-allemande. Wiesler, l’officier modele qui enseigne les techniques d’interrogatoire permettant de prendre possession d’un etre humain, de le percer a jour, est charge de les espionner. Jusqu’ou suivra-t-il le systeme qu’il incarne dans la poursuite de son enquete ? Ce thriller palpitant qui plonge dans l’atmosphere d’une dictature et cette histoire d’amour tragique ont conquis un immense public. Le film a ete prime dans le monde entier – Oscar du meilleur film etranger a Hollywood.

Une intrigue parfaitement vissee, dont aucun des rouages ne grince, sur l’evolution de personnages dessines avec une grande precision.
Pascal Merigeau (Le Nouvel Observateur)

Captivant de bout en bout, prenant et surprenant.
Alain Spira (Paris Match)

C’est a un duel qu’on assiste, une partie d’echecs entre volonte de pouvoir et envie de possession, ordre et desordre, loi et transgression.
Un premier film magistral. Frederic Strauss (Telerama)

Florian Henckel von Donnersmarck, ne a Cologne en 1973, a grandi entre New York, Berlin, Francfort et Bruxelles. Apres des etudes de russe a l’Institut national de Leningrad (Saint-Petersbourg), il entre en sciences politiques, philosophie et economie a l’universite d’Oxford, puis integre l’Ecole superieure de cinema et de television de Munich. Das Leben der anderen (La Vie des autres), qu’il a ecrit et realise, est son premier long-metrage. Il vit aujourd’hui entre Los Angeles et Berlin.

  • Les courts extraits de livres : 03/01/2008

Avant-propos de Florian Henckel von Donnersmarck :

A l’Ecole du cinema de Munich, notre professeur avait une theorie : pour lui, l’imagination etait un muscle qu’il fallait entrainer comme Arnold Schwarzenegger exerce ses pectoraux. Mais tandis que Schwarzenegger augmentait progressivement le poids de ses halteres – cinq kilos de plus par mois -, Langsfeld croyait, pour sa part, a l’effet de la surcharge immediate : des les huit premieres semaines du premier semestre, chaque etudiant se devait d’ecrire quatorze ( !) projets de films et de les remettre a son assistant – on nous informa que l’on ne ferait aucune exception et que l’on n’admettrait aucune excuse. Les cours de technique occupaient la totalite de nos journees, et il ne nous restait que les nuits pour nos idees de films. Mais peut-on creer a la demande ?
Au cours de ces premieres semaines a Munich, j’habitais chez ma tante dans l’Ismaninger Strasse, et je me retirais toujours de bonne heure apres le diner – pour travailler, disais-je, mais en realite, je faisais les cent pas dans ma chambre et me demandais si j’avais choisi le bon metier. Je me revois encore tres bien, pris de desespoir, m’allonger sur le sol, juste a cote de mon lecteur de cassettes, pour ecouter un enregistrement de la Sonate au clair de lune par Emil Gilels.
L’espace d’un instant, j’en oubliais que devait me venir a l’esprit l’une au moins des quatorze histoires : je me contentais d’ecouter la musique. Et soudain, je me rappelai que Lenine avait dit qu’il s’interdisait d’ecouter trop souvent l’Appassionata : il etait alors pris par l’envie de dire d’aimables betises et de caresser les gens sur lesquels il aurait au contraire du taper, taper sans pitie pour mener la revolution a son terme. Avec l’Appassionata, ca ne me serait jamais arrive, mais la Sonate au clair de lune me permit de comprendre tout d’un coup ce que disait Lenine : il arrive qu’une musique vous force a placer l’humain au-dessus de l’ideologie, le sentiment au-dessus des principes, l’amour au-dessus de la rigueur.
Je me demandai ce qui se serait produit si l’on avait pu forcer un Lenine a ecouter l’Appassionata. S’il avait pu croire qu’il etait force d’ecouter l’Appassionata pour servir la cause revolutionnaire.
Tandis que je reflechissais, une image s’imposa : le plan rapproche d’un homme dans une piece lugubre, un homme qui portait sur ses oreilles des ecouteurs dans lesquels resonnait une musique merveilleuse. Et lorsque cette image me fut apparue, les idees m’assaillirent comme une avalanche : cet homme n’ecoute pas cette musique pour son plaisir personnel, mais parce qu’il est contraint d’espionner quelqu’un, un ennemi de ses idees, mais un ami de cette musique. Qui est cet homme assis la ? Qui espionne-t-il ? Les idees me venaient dans une sorte d’ivresse, tout comme les reponses, et, en l’espace de quelques minutes, j’eus toute la structure de base de La Vie des autres.
Cette image reapparaissait toujours, le sujet ne me laissait pas en paix, et ainsi je decidai d’en faire mon premier long-metrage de cinema. Il ne m’a fallu que huit annees avant qu’il ne soit termine.