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La voix levée

Auteur : Leon Bralda

L est des saisons qui durent à jamais dans l’enchevêtrement des désirs et des rêves… des saisons qui reviennent inexorablement aux lèvres du poète. La voix levée : un chant qui porte au sud, en terre-mère, en ce lieu où l’enfance a frayé. Parmi les vignes et les vergers, au pied des grands immeubles, l’enfant fait cicatrice de tout ce qui advient et le poète, dédiant ce recueil à sa fille, écrit :

” Je garde en moi cette voie souveraine où les tours ont gravi l’ombre du souvenir, où les passants ont un front noir pour parler au matin. Noir ! Comme pour enfanter l’orage derrière la saison chaude. Le ciel aura conquis ses myriades de plumes avec du vent offert à la rumeur du monde.
(…) J’aime l’instable mélopée des tentures de lin et de coton tissés, leur âme jaune prenant dans le dénie des murs chaulés, assommés de lumière et de mélancolie, le froissement discret des vitres qui donnait l’heure aux chats quand la faim appelait…

Ma fille, c’est cela-même qui construit les pontons au large de ma mémoire, avec du feu et de la pierre, de l’eau et des paupières rivées à la saison des plaies. ” Extraits de La voix levée