Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Lâlé la blanche (préface François Skvor ; dessins Renaud Allirand)

Auteur : Omer Seyfettin

Lire Ömer Seyfettin est un choc. Le choc de la guerre et des bouleversements liés à l’agonie de l’Empire ­ottoman. Choc de l’ancien qui se meurt sans que n’émerge le neuf. Choc des mots qui, pour la ­première fois en Turquie, ­plongent dans le grand bain de la prose et de ce réel tissé d’atrocités, de violences, trempé de ­couleurs, de sons et d’émotions intenses. Jeune nouvelliste, Ömer ­Seyfettin nous entraîne avec lui dans la matière traumatique et fascinante des Balkans, de ­l’Anatolie du début du XXe siècle.

Il meurt à 36 ans, terrassé par le diabète et l’histoire. Si elle n’a pas ­raison de la maladie, son incroyable ­énergie littéraire produit des ­anticorps face à l’anéan­tissement promis alors aux Turcs et à la Turquie. Ömer Seyfettin n’écrit pas pour ­vivre mais pour survivre. Il secoue le joug de la vieille langue ottomane et y fait entrer par ­effraction la nouveauté et la violence du monde. Il taille dans les mots comme le réel taille dans la vie. Son ambition ? ­Donner une langue et une identité à son ­peuple, les fondements d’une nation, ce ­berceau du progrès.

Écrivain révolutionnaire, ce grand lecteur de Maupassant pose de ­solides ­fondations à la littérature moderne turque. Un formidable ­témoignage sur le destin de ce pays.