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L’amant inacheve

Auteur : Gaelle Guernalec-Levy

Date de saisie : 18/04/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Framboise

Prix : 14.50 / 95.11 F

ISBN : 978-2-234-06134-7

GENCOD : 9782234061347

Sorti le : 30/04/2008

  • Les presentations des editeurs : 19/04/2008

Des quelques garcons qu’elle a connus a l’age des premieres experiences, Claire ne conserve que des souvenirs tres flous. Un seul reste grave dans sa memoire et dans sa peau. Parce qu’elle a tout ecrit, methodiquement, de l’annee de ses seize ans, parce qu’elle a decrit, dans le detail, comment il la touchait, parce que personne ne l’a plus jamais regardee comme ca, parce que leur relation, non officielle, n’en etait que plus excitante, elle ne l’a pas oublie. Et parce qu’ils ne sont pas alles au bout, parce qu’ils ont toujours failli faire l’amour, elle garde en elle le sentiment d’une histoire inachevee.
Des annees plus tard, mariee, mere, installee, ayant explore maintes facettes de la sexualite, elle pense toujours a lui. Avec le temps, D. est devenu un souvenir mythique, son fantasme prefere, son refuge quand le quotidien est trop gris. Elle le surveille de loin, s’assure, via l’annuaire, qu’il est toujours vivant, qu’il ne vit pas trop loin d’elle. Elle mene une double vie dans sa tete, elle reprend la redaction de ses cahiers de lyceenne, elle s’evade pour ne plus se sentir vieillir.
Le jour ou Claire se retrouve par hasard face a D., elle n’a plus le choix. C’est dans la vraie vie qu’elle va devoir aller au bout de cette histoire.

L’amant inacheve raconte avec melancolie l’adolescence et l’etat d’exaltation propre a cet age. Mais Gaelle Guernalec-Levy nous parle aussi de l’obsession amoureuse, avec une evidence et une douceur enjouee qui font de cette histoire une parenthese enchantee.

Gaelle Guernalec-Levy a trente-trois ans, elle est journalise depuis dix ans et L’amant inacheve est son premier roman. Elle a publie chez Stock en 2007 une enquete sur le deni de grossesse, Je ne suis pas enceinte.

  • Les courts extraits de livres : 19/04/2008

Une nuit de printemps, pres de la mer. Je n’avais enfile ni culotte ni chaussures. J’ai fait quelques pas sur la moquette du couloir qui reliait la chambre de D. a la notre et j’ai frappe a sa porte. Je n’eprouvais aucune febrilite. J’etais lucide, concentree, les sens en alerte, l’epiderme et le ventre prets. J’ai recule un peu avant qu’il n’ouvre. Il portait son jean, le torse et les pieds nus. J’ai vu a ses cheveux mouilles qu’il sortait a peine de sa douche. L’odeur du savon est venue chatouiller mes narines. Elle etait agreable mais je prefere celle de la sueur pendant l’amour. Il a tourne la tete a droite et a gauche avant de m’interroger : Tu es seule ? Je n’ai pas repondu. J’ai eu cette crainte irraisonnee qu’il ne referme la porte, qu’il ne decide de m’ignorer ostensiblement comme il savait si bien le faire au lycee. Il s’est efface pour me laisser passer. J’ai fait mine d’hesiter puis je suis entree. Il a claque la porte comme il aurait donne le signal du depart. Debout l’un en face de l’autre, a un metre de distance, nous nous sommes observes un moment. J’ai parle la premiere : Dis-le-moi encore. – Quoi ? – Que je te fais bander. Il a esquisse un sourire, ma respiration s’est acceleree. Tu me fais bander, Claire.
Mon coeur s’est mis a battre plus vite, mes seins se sont tendus, mon sang a afflue vers leur pointe. D. s’est avance pres de moi, m’a contournee pour se positionner dans mon dos. Il s’est colle contre mes reins, a glisse ses mains sous ma robe, a laisse la premiere sur mon ventre et la seconde sur l’une de mes fesses. Ton cul m’excitait deja quand je le matais pendant les cours. J’ai soupire avant de poser ma nuque contre sa clavicule et mes mains sur ses hanches. Les doigts qui couvraient mon nombril sont descendus chercher ma fente humide. J’ai ferme les yeux et ouvert les jambes. La paume de sa main a exerce une pression delicieuse. Je m’echappais, encore une fois, vers cet etat second qui me laissait pantelante. Il a quitte l’interieur de mes jambes pour defaire sa ceinture et deboutonner son jean. J’ai entendu plus que je n’ai senti son pantalon tomber a ses pieds. Il s’est agite quelques secondes dans mon dos pour se debarrasser de tout ce qui pouvait encore l’entraver. Et sa queue dressee s’est enfoncee d’un coup, comme aimantee. J’ai eu un hoquet de surprise et une brusque montee d’adrenaline. Je me suis accrochee a la commode a quelques centimetres de moi. Nous sommes tombes a terre, droits sur nos genoux, emboites l’un dans l’autre. Il a replace sa main sur ma chatte pour stimuler tout ce qui pouvait l’etre a cet endroit. J’ai enleve ma robe par la tete. Son bras libre est venu enserrer ma poitrine. J’ai attrape sa nuque par-dessus mon epaule. Toute la surface de mon dos etait enveloppee par la chaleur de son corps. Il allait et venait en moi a un rythme regulier.
A regret, je me suis detachee, desempalee, et je me suis assise face a lui, les cuisses ecartees. La respiration saccadee, j’ai dit : Attends. Je ne veux pas jouir maintenant. Et je ne veux pas que tu jouisses maintenant. J’ai regarde son erection pointee vers moi, j’ai referme ma bouche sur elle. Je l’ai suce longuement, en caressant la peau des bourses. Il ne me quittait pas des yeux, observant son sexe qui disparaissait a intervalles reguliers dans ma bouche. Avec cette intonation rauque et basse que je ne lui connaissais que dans ces moments-la, il a dit : Ce n’est pas le meilleur moyen pour m’empecher de jouir. J’ai garde sa queue au creux de ma main et j’ai repondu : Une douche froide, peut-etre ? Il s’est penche vers moi, a pris mon visage dans ses mains et m’a embrassee avant de chuchoter : (…)