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L’amour, soudain

Auteur : Aharon Appelfeld

Traducteur : Valerie Zenatti

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Ed. de l’Olivier, Paris, France

Prix : 19.00 / 124.63 F

ISBN : 978-2-87929-438-4

GENCOD : 9782879294384

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  • Les presentations des editeurs : 14/08/2006

” Une nuit il reva qu’Irena portait l’uniforme de l’armee rouge. Ils etaient ensemble dans une jeep qui foncait a toute allure. La course s’arreta soudain, Irena descendit de la jeep, ota ses bottes et devoila un pied parfait. Ernest en fut si emu qu’il s’agenouilla et dit : “Le capitaine Ernest Blumenfeld vous demande l’autorisation d’embrasser la plante de votre pied”, et sans attendre de reponse il inclina la tete et s’executa. ” Un ecrivain a l’automne de sa vie, une jeune fille devouee : l’idylle n’est pas nouvelle. D’ou vient alors le choc que procure un tel livre ? Au-dela de la banalite apparente, Aharon Appelfeld donne a ce recit une grandeur proprement biblique. Parce que la rencontre d’Ernest et d’Irena est un evenement qui les depasse, elle devient le revelateur qui permet a chacun d’acceder au sens secret de son existence, devenue enfin dechiffrable. Une vie politique, inscrite dans l’Histoire – celle d’un siecle hante par le totalitarisme et la destruction de l’identite juive. Et une autre vie, celle que connaissent les ” Juifs celestes ” chers au coeur d’Aharon Appelfeld. Entre le proche et le lointain, l’identification et la distanciation, la vie quotidienne et la metaphysique, Aharon Appelfeld invente une litterature d’une force et d’une singularite inouies.

Ne en 1932, Aharon Appelfeld est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages qui lui ont valu une reputation internationale. Il vit a Jerusalem.

  • Les presentations des editeurs : 14/05/2006

Aharon Appelfeld a dix ans lorsqu’il s’evade du camp de concentration. Il se refugie dans la foret, survit grace aux marginaux – voleurs, vagabonds, prostituees – qui le protegent. Nous sommes en Roumanie, a la frontiere de l’Ukraine, en 1942.
A la fin de la guerre, apres plusieurs annees d’errance, Aharon Appelfeld s’embarque pour la Palestine. Sa solitude est totale, son desarroi absolu. Quelques grands aines lui ouvrent le chemin. Grace a Gershom Scholem, il comprend qu’il est porteur d’un heritage, celui du judaisme europeen, et que son refus equivaudrait a un suicide. Grace a Max Brod, il decouvre Kafka : une ecriture seche, debarrassee du kitsch allemand ; et surtout une description rigoureuse de ce qu’il a vecu, lui, pendant la guerre, et qu’il ne peut formuler avec des mots.
Aharon Appelfeld deviendra l’un des plus grands ecrivains juifs de notre temps. Pourtant, il recuse avec energie le statut d’ecrivain de la Shoah dont on a voulu l’affubler. Il n’a jamais voulu etre un chroniqueur. Il lui a fallu en effet se forger une langue et creer un monde bien a lui pour acceder a la verite interieure qui est l’objet meme de sa recherche. Une langue peniblement arrachee au silence, puis au begaiement, nourrie du yiddish qu’il apprend tardivement – cette langue sacree que parlaient ses grands-parents, et qu’il n’avait pas le droit d’utiliser a la maison, lorsqu’il etait enfant.

  • La revue de presse Daniel Rondeau – L’Express

Irena, une jeune femme de 30 ans, vient tenir chaque jour le menage d’un ecrivain vieillissant. Chez elle, les mots, les gestes, la facon de composer un bouquet, tout est d’une simplicite mysterieuse. Quand elle rentre dans sa maison, Irena allume deux cierges et pense a ses parents disparus. Elle observe les commandements religieux que sa mere observait (l’histoire se passe en Israel). L’ecrivain, Ernest, un ancien conseiller financier, n’a jamais publie ses manuscrits, qu’il pense d’ailleurs a faire disparaitre. La litterature ne lui a pas tendu les bras. Il consacre pourtant toutes ses forces a l’ecriture. L’Amour, soudain, d’Aharon Appelfeld, est le recit d’une rencontre, quand un sentiment superieur eclaire deux vies.

La magnifique reussite d’Appelfeld est d’abord de faire circuler cet amour en ne pincant que des cordes sensibles, mais d’une discretion exemplaire… Appelfeld fait bouger son recit de facon subtile, par petites touches et sur divers fronts, en avant et en arriere, en surface et en profondeur… L’amour n’est pas destruction, comme souvent, mais creation et meditation. Beaucoup de choses graves sont evoquees dans ce maitre livre, qui est aussi une lecon de sagesse et de litterature…

  • La revue de presse Clemence Boulouque – Le Figaro

C’est un petit monsieur au regard aigu, a l’accent pointu et a la politesse exquise, qui est de l’Europe d’un autre temps. De sa voix douce et de son elocution lente, qui laissent toute leur place aux silences, il pose des questions personnelles a son interlocuteur, lorsqu’il le sent trop emu, au fil de l’entretien, pour lui permettre de dissiper son trouble. Car l’emotion, Aharon Appelfeld la fait surgir, par son simple dire. Par son Histoire d’une vie, qui parait aujourd’hui aux editions de l’Olivier : Ce livre n’est pas un resume, mais plutot une tentative, un effort desespere pour relier les differentes strates de ma vie a leur racine (…). Ce sont les differentes strates de ma vie qui se sont enchainees les unes aux autres et qui convulsent encore, previent-il dans sa preface. Qui convulsent ou qui resonnent, comme des battements de coeur, fragiles mouvements interieurs, qui maintiennent en vie… Avec sa phrase qui ignore les volutes et se resserre au plus pres du coeur, il ecrit : Ma mere fut assassinee au debut de la guerre. Je n’ai pas vu sa mort mais j’ai entendu son seul et unique cri, En quelques semaines, l’enfant de sept ans qu’on avait entoure de chaleur et d’un immense amour devint un orphelin de mere abandonne dans le ghetto, traine par la suite avec son pere dans une marche forcee a travers les plaines d’Ukraine. Les agonisants et les mourants etaient etendus sur les bas-cotes de la route, et il trottait avec ses dernieres forces aupres de ceux, peu nombreux, qui marchaient encore. Les images sont tres nettement figees en moi. dit-il, Parfois, il me semble que la marche qui a dure deux mois dure depuis cinquante ans et que je me traine encore la-bas. C’est ce meme enfant qui parvient a fuir et passera quatre annees dans la foret, se nourrissant de racines et de fruits l’ete, et de l’aide de quelques paysans genereux, lorsque l’hiver ukrainien se fera intenable… De cet apprentissage impossible de l’oubli auquel il a ete confronte, l’ecrivain tire des pages bouleversantes au cours desquelles il se souvient de son mutisme, de ses difficultes a parler l’hebreu, qui inscrivait le deuil et le silence au plus profond de lui…