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L’analphabete : recit autobiographique

Auteur : Agota Kristof

Date de saisie : 02/09/2004

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Zoe, Carouge, Suisse

Prix : 11.00 / 72.16 F

ISBN : 978-2-88182-512-5

GENCOD : 9782881825125

  • Les presentations des editeurs : 14/05/2006

Onze chapitres pour onze moments de sa vie, de la petite fille qui devore les livres en Hongrie a l’ecriture des premiers romans en francais. L’enfance heureuse, la pauvrete apres la guerre, les annees de solitude en internat, la mort de Staline, la langue maternelle et les langues ennemies que sont l’allemand et le russe, la fuite en Autriche et l’arrivee a Lausanne, avec son bebe.
Ces histoires ne sont pas tristes, mais cocasses. Phrases courtes, mot juste, lucidite carree, humour, le monde d’Agota Kristof est bien la, dans son recit de vie comme dans ses romans.
Je lis. C’est comme une maladie. Je lis tout ce qui me tombe sous la main, sous les yeux : journaux, livres d’ecole, affiches, bouts de papier trouves dans la rue, recettes de cuisine, livres d’enfant. Tout ce qui est imprime…

  • La revue de presse Andre Clavel – L’Express du 14 fevrier 2005

Agota Kristof, c’est d’abord l’histoire poignante d’une jeune Hongroise qui, a 21 ans, en 1956, decida d’echapper au communisme et atterrit en Suisse, ou elle trima dix heures par jour dans une usine d’horlogerie. Et puis, il y eut un miracle, celui de la litterature : en 1986, les editions du Seuil publierent son Grand Cahier, un roman magnifique sur le deracinement, la separation, l’identite perdue, les destins brises dans l’etau totalitaire. Aujourd’hui, Agota Kristof est traduite en 30 langues, mais, recluse dans son modeste appartement de Neuchatel, elle tourne le dos au succes. Et pretend meme ne plus vouloir ecrire. D’ou l’interet des deux livres qui viennent de paraitre – L’Analphabete et C’est egal – dans lesquels elle rameute les demons de son passe douloureux… L’Analphabete, un recit autobiographique ou elle evoque son enfance en Hongrie, son adolescence sous la ferule stalinienne… Petites phrases depouillees, cinglantes, taillees au rasoir : Agota Kristof raconte comment on s’echappe des enfers, grace a l’ecriture, meme si l’on reste une proie fragile, un oiseau aux ailes a tout jamais brulees…

  • La revue de presse Andre Clavel – Lire

Il y a dix-huit ans, quand Le grand cahier a paru au Seuil, Agota Kristof etait totalement inconnue, et elle trimait dix heures par jour dans une usine suisse. Aujourd’hui, ses romans sont traduits en trente langues, mais on a toujours l’impression que cette miraculeuse histoire ne la concerne pas : recluse derriere les persiennes de son modeste appartement neuchatelois, elle semble vouloir s’exiler du succes comme elle s’exila jadis de la Hongrie communiste, a 21 ans, avec un bebe de quelques mois entre les bras. Ecrire, je ne sais rien faire d’autre, et pourtant ca empeche de vivre. Ca peut vous detruire, vous rendre malade, lance-t-elle en ouvrant le petit classeur de feuilles volantes ou, presque en cachette, elle affronte ses demons: phrases depouillees et precision d’horlogerie. Loin de sa langue natale, loin de sa terre et de sa culture, Agota Kristof continue a relever le plus perilleux des defis : ecrire, en francais, une oeuvre qui creuse de noirs sillons dans le champ ravage de sa memoire. Avec des histoires en lambeaux, pour dire le deracinement, l’angoisse de la separation, l’identite perdue, les destins brises par la guerre ou l’exil… Qu’il s’agisse du bouleversant Hier ou de la trilogie des jumeaux (Le grand cahier, La preuve, Le troisieme mensonge), les romans d’Agota Kristof sont autant d’autoportraits deguises mais, avec L’analphabete, elle n’emprunte plus les chemins de la fiction pour explorer son passe si douloureux. Sous-titre recit autobiographique, ce petit livre magnifique raconte son enfance en Hongrie, son adolescence sous la ferule sovietique, sa fuite a travers les bois en novembre 1956, sa galere de refugiee et, peu a peu, son combat litteraire dans une langue dont elle ignorait tout… Depuis dix ans, on n’avait rien lu d’elle : il ne faut pas manquer ces retrouvailles, en attendant des nedits qui seront publies l’an prochain.

  • La revue de presse Claire Devarrieux – Liberation

Au debut du livre, une petite fille de quatre ans sait lire. Son pere est sa fierte, elle ne le dit pas, on le sent, il est debout devant le tableau noir, il est l’instituteur du village. Elle est la fierte de son grand-pere, elle le dit, elle lit le journal a haute voix. A la fin, dix chapitres plus tard, la petite fille devenue adulte ne peut plus ni lire ni ecrire. Elle est analphabete, ainsi appelle-t-on les gens qui s’expriment oralement mais sont humilies par l’ecrit, betes devant les signes. Elle doit retourner a l’ecole, au moment ou c’est le tour de sa propre enfant d’y entrer. Bien sur, elle apprend vite. On ne voit pas pourquoi le destin transformerait en buses les gosses geniaux dont l’Histoire a deja massacre la vie… L’Analphabete, recit autobiographique d’Agota Kristof, le seul qu’elle ait ecrit a ce jour, raconte comment une Hongroise nee en 1935, exilee en 1956, devient en Suisse un ecrivain francais. Elle ne cache pas qu’elle continue d’avoir besoin des dictionnaires, qu’elle fait des fautes, que cela reste un defi plutot que le seul asile possible : Je sais que je n’ecrirai jamais le francais comme l’ecrivent les ecrivains francais de naissance, mais je l’ecrirai comme je le peux, du mieux que je le peux. L’Analphabete raconte comment Agota Kristof est devenue en 1986 l’auteur du Grand Cahier, bientot traduit dans une vingtaine de langues… On etudie le Grand Cahier dans les colleges de l’Europe entiere, de la France a la Hongrie. Il est arrive que des enseignants suisses s’indignent d’une adaptation theatrale et que les colonnes des journaux relaient a grand bruit les polemiques. En France, un enseignant d’Abbeville eut des ennuis pour avoir commente le livre avec ses eleves au mepris de la protection des mineurs. Plainte de parents, perquisition a domicile, garde a vue. La procedure, quand meme vite abandonnee, s’offusquait precisement de trois scenes (une de zoophilie, deux de fellation). On subodore que l’ambiance du roman, sa joyeusete macabre, aura gene… Des eclats d’un humour terrible se glissent dans l’Analphabete… Agota Kristof n’est pas une affairiste, elle ne s’affaire qu’aux visions qui lui passent par la tete, elle ne vous dira pas lesquelles, pas pressee de les mettre sur le marche. Elle dit que la liberte n’est pas indispensable aux ecrivains en particulier, elle l’est en general. L’Analphabete est une petite etoile etincelante dans la rentree litteraire. Elle y brille par hasard.