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L’annee de la pensee magique

Auteur : Joan Didion

Traducteur : Pierre Demarty

Date de saisie : 05/09/2007

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 18.90 / 123.98 F

ISBN : 978-2-246-71251-0

GENCOD : 9782246712510

Sorti le : 05/09/2007

  • Le journal sonore des livres : Lu par Pierre Demarty – 25/09/2007

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Pierre Demarty – 25/09/2007

  • Les presentations des editeurs : 07/09/2007

Une soiree ordinaire, fin decembre a New York.
Joan Didion s’apprete a diner avec son mari, l’ecrivain John Gregory Dunne – quand ce dernier s’ecroule sur la table de la salle a manger, victime d’une crise cardiaque foudroyante. Pendant une annee entiere, elle essaiera de se resoudre a la mort du compagnon de toute sa vie et de s’occuper de leur fille, plongee dans le coma a la suite d’une grave pneumonie. La souffrance, l’incomprehension, l’incredulite, la meditation obsessionnelle autour de cet evenement si commun et pourtant inconcevable : dans un recit impressionnant de sobriete et d’implacable honnetete, Didion raconte la folie du deuil et disseque, entre secheresse clinique et monologue interieur, la plus indicible experience – et sa redemption par la litterature.
L’annee de la pensee magique a ete consacre ” livre de l’annee 2006 ” aux Etats-Unis. Best-seller encense par la critique, deja considere comme un classique de la litterature sur le deuil, ce temoignage bouleversant a ete couronne par le National Book Award et vient d’etre adapte pour la scene a Broadway, par l’auteur elle-meme, dans une mise en scene de David Hare, avec Vanessa Redgrave.

Joan Didion est l’une des figures intellectuelles les plus respectees outre-Atlantique. Nee en 1934 a Sacramento, en Californie, elle entre tres jeune comme redactrice au magazine Vogue, puis devient l’une des chroniqueuses les plus pointues de la scene politique et culturelle americaine. Ses nombreux romans et essais (sur ” l’esprit ” des annees 60 et 70, sur la Californie, le Salvador ou encore Miami) lui ont valu la reconnaissance unanime de la critique. Elle contribue aujourd’hui regulierement aux magazines The New Yorker et The New York Review of Books.

  • La revue de presse Eric Neuhoff – Le Figaro du 4 octobre 2007

Romanciere, scenariste et journaliste, Joan Didion, l’icone des intellectuels americains encensee par Bret Easton Ellis et Jay McInerney est de retour avec un recit grave, brulant et glacial a la fois…
Joan Didion s’interroge, ne veut pas croire a l’inevitable. On ne disparait pas comme ca, ca n’est pas possible autrement. Alors elle ecrit. Je suis ecrivain depuis toujours. Elle note tout, revient obsessionnellement sur le moindre detail, se repasse en boucle le film des evenements, se recapitule les dernieres paroles de son mari…
Ce tombeau pour un mari disparu est un curieux melange d’emotion et de froideur technique. Il constitue, en creux, le portrait d’une femme, une grande intellectuelle americaine a qui sa culture n’est soudain d’aucun secours.

  • La revue de presse Marine Landrot – Telerama du 26 septembre 2007

Humble devant son chagrin, Joan Didion accepte cette paralysie des sens qu’engendre son veuvage, et ne pretend pas donner de lecon de renaissance…
Ce parcours vers l’apaisement, sinon la guerison, ne se decide pas. Son dessin est labyrinthique et noueux, a l’image de ce livre lancinant, illogique, pleurant l’impossibilite de prendre du recul, chantant le deni du temps.

  • La revue de presse Raphaelle Rerolle – Le Monde du 14 septembre 2007

Savoir, se forcer a regarder la mort en face, meme au prix de la souffrance. Parcouru de mots tels que “constat”, “fait etabli”, ce livre de romanciere est un effort pour tenir la fiction a l’ecart et, pour, observe-t-elle, “clarifier l’experience”…
D’abord dans ce que Joan Didion decrit d’elle-meme, par exemple son desir ahurissant d’assister a l’autopsie de son mari (souhait qui ne se realisera pas). Ensuite et surtout, dans la maniere clinique de deplier une a une toutes les couches de douleur, de rage et d’incredulite qui forment l’enveloppe du deuil…
A cette epoque, Joan Didion affirme avoir decouvert qu’elle etait “crazy”, folle. Mais est-ce bien de folie qu’il s’agit ? En mettant son ordre dans un drame dont elle n’etait pas le maitre, Joan Didion a transforme l’histoire en recit. Elle lui a donne une forme, si ce n’est un sens. Elle se l’est appropriee, lui a imprime son regard, l’a transformee puis l’a donnee au monde – ce qui s’appelle faire oeuvre d’ecrivain.

  • La revue de presse Andre Clavel – Lire, septembre 2007

Son recit n’est pas celui d’une defaite mais, peu a peu, celui d’une victoire contre l’insoutenable : la pensee magique, c’est celle qui donne a l’imagination assez de force pour que l’absence ne soit plus un vide funeste, comme si l’etre cher pouvait revenir, comme s’il etait toujours vivant. Ce pari, Joan Didion l’a tenu en se nourrissant des auteurs – de Thomas Mann a Gerard Manley Hopkins – qui ont le mieux parle de la mort. Ils l’ont aidee a contempler la vie depuis les rivages de l’au-dela, au fil d’un temoignage qui est tout le contraire d’un requiem – une sorte de redemption dans la souffrance, une catharsis au pays d’outre-tombe. Grace a ce livre poignant, Joan Didion sort enfin de son purgatoire, pour devenir la plus precieuse des confidentes.

  • La revue de presse Claude Arnaud – Le Point du 31 aout 2007

Figure de proue de l’intelligentsia new-yorkaise des sixties, la romanciere cherie des lettres americaines, Joan Didion, publie un livre bouleversant sur le deuil. Son deuil. Un style sans pareil, ou meme les larmes sont seches…
L’annee de la pensee magique appartient a cette famille de livres petrifiants dont relevait deja Du fond des tenebres, le recit que William Styron tira de sa depression. Il raconte la chose la plus terrible qu’on puisse vivre – et on se doute bien qu’on la vivra – mais cette chose reste irracontable. On reste sans voix, devant un cadavre.

  • La revue de presse Philippe Boulet-Gercourt – Le Nouvel Observateur du 30 aout 2007

Voir son mari s’effondrer sous ses yeux, victime d’un infarctus, n’est pas quelque chose d’exceptionnel. Didion n’est pas non plus le premier ecrivain a avoir raconte par le menu les mois qui suivent la mort d’un proche…
Mais son essai n’a rien d’une topographie. C’est une errance initiatique d’une humanite, d’une franchise et d’un courage exceptionnels…
Cela aurait pu ressembler a de l’ecriture therapeutique. Ou bien, comme le lui a reproche un critique, a une esthetisation litteraire et narcissique du deuil. La grande force de l’Annee de la pensee magique est d’eviter ces deux ecueils : Didion n’ecrit pas pour soigner ni pour exposer, mais pour essayer de comprendre, de donner sens. Elle note des bouts d’impression, elle tente de les joindre, revient en arriere, fait un detour par tel ou tel fragment de souvenir. Elle est tetue, obstinee, meme. Elle ruse parfois avec la mort et quelquefois s’effondre, abasourdie par la douleur.

  • Les courts extraits de livres : 07/10/2007

La vie change vite.
La vie change dans l’instant.
On s’apprete a diner et la vie telle qu’on la connait s’arrete.
La question de l’apitoiement.

Tels etaient les premiers mots que j’avais ecrits apres l’evenement. Le document Microsoft Word (Notes sur changement.doc) est date du 20 mai 2004, 23 h 11, mais sans doute l’ai-je simplement ouvert ce jour-la puis sauvegarde par reflexe avant de le refermer. Je n’avais apporte aucune modification a ce document, ni en mai, ni depuis que j’avais ecrit ces mots en janvier 2004, un ou deux ou trois jours apres les faits.
Pendant longtemps je n’ai rien ecrit d’autre.
La vie change dans l’instant.
L’instant ordinaire.
A un moment, afin de me rappeler ce qui semblait le plus frappant dans ce qui etait arrive, j’ai songe a ajouter ces mots : l’instant ordinaire. J’ai tout de suite vu qu’il serait inutile d’ajouter le mot ordinaire, parce que de toute facon je ne l’oublierais pas : il ne quittait jamais mon esprit. C’etait meme le cote ordinaire de tout ce qui avait precede l’evenement qui m’empechait de croire pour de bon qu’il avait eu lieu, de l’absorber, de le digerer, de le surmonter. Je me rends compte a present qu’il n’y avait la rien d’etrange : confrontes a un desastre soudain, nous nous etonnons tous de la banalite des circonstances dans lesquelles l’impensable se produit, le ciel bleu limpide d’ou tombe l’avion, l’innocent trajet qui se termine dans le fosse, la voiture en flammes, les balancoires ou les enfants jouent comme d’habitude au moment ou la vipere surgit du lierre. Il rentrait a la maison apres le travail -heureux, belle carriere, en pleine forme – et puis plus rien, disparu, ai-je lu dans le recit d’une infirmiere en psychiatrie dont le mari etait mort dans un accident de la route. En 1966, j’ai eu l’occasion d’interviewer de nombreuses personnes qui vivaient a Honolulu au moment de Pearl Harbor; toutes sans exception, pour me raconter ce 7 decembre 1941, commencerent par dire que c’etait un dimanche matin comme les autres. C’etait une belle journee de septembre comme les autres, disent aujourd’hui encore les New-Yorkais a qui l’on demande de decrire le matin ou le vol 11 d’American Airlines et le vol 175 de United Airlines furent precipites contre les tours du World Trade Center. Meme le rapport de la Commission d’enquete sur le 11 septembre s’ouvrait par cette remarque, lourde de pressentiment mais aussi de stupefaction : Le mardi 11 septembre 2001 s’annoncait comme une belle journee, presque sans nuages, sur la cote Est des Etats-Unis.
Et puis plus rien – disparu.