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L’arrivee de mon pere en France

Auteur : Martine Storti

Date de saisie : 21/11/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : M. de Maule, Paris, France

Prix : 20.00 / 131.19 F

ISBN : 978-2-87623-234-1

GENCOD : 9782876232341

Sorti le : 21/11/2008

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  • Le courrier des auteurs : 04/12/2008

La librairie, pour moi, ca commence avec les etudes de philo a la Sorbonne et “La joie de lire”, au bas du boulevard Saint-michel. Dans ma vie d’avant, il n’y avait pas de librairie. Dans celle d’apres, bien sur, il y en eut pas mal, les librairies de chaque quartier ou j’ai travaille ou habite, les librairies aussi ou l’on entre comme ca, parce qu’on a envie d’acheter un livre, ou meme seulement d’en toucher un, de le prendre dans ses mains, de l’ouvrir…
Si quelqu’un ouvrait “L’arrivee de mon pere en France” et demandait au libraire : “c’est quoi ce bouquin ?”, j’aimerais qu’il soit repondu : “c’est une fille d’emigre italien qui se demande comment et pourquoi son pere a quitte son pays pour venir en France au debut des annees 30. Cette question, elle se la pose quand il est trop tard pour que son pere puisse y repondre, elle se met alors a imaginer cette arrivee et la suite, tissant les temps et les lieux, des annees d’avant-guerre au debut du 21eme siecle, de la banlieue parisienne, terre d’adoption, a la Toscane natale, de Calais a Lampedusa, la ou debarquent aujourd’hui ceux qu’on nomme emigres, ou clandestins, ou sans papiers, ou qu’on ne sait meme plus nommer.
C’est un recit, c’est la traversee d’une vie, c’est une meditation sur l’exil et l’identite, la memoire et la transmission, la conjugaison de l’histoire singuliere et de l’Histoire.
C’est un livre a lire.”

Martine Storti

  • Les presentations des editeurs : 04/12/2008

Parce qu’elle ne sait presque rien de son pere, Matteo, un immigre italien arrive en France dans les annees 1930, la narratrice tente de reinventer son parcours, de son depart d’Italie, dont elle ignore les causes, a son arrivee en France, dont elle ignore les modalites exactes. Ce qu’elle sait en revanche, c’est que son pere est mort dans les annees 1970 et qu’il est demeure toute sa vie ouvrier en banlieue parisienne, dans l’usine de sa soeur et de son beau-frere. Pour s’aider dans cette investigation imaginaire, elle s’impregne du destin des immigres qu’elle rencontre de nos jours en Europe, a Calais, a Lampedusa ou aux iles Canaries.

Ce texte chemine ainsi dans des temporalites differentes, entre passe (avant-guerre, Seconde Guerre mondiale, annees 1950) et present, entre destins pluriels et destin singulier. Il dit l’exploitation, l’ingratitude et l’humiliation, mais aussi les trouees de soleil et de bonheur, le plaisir de la danse, les vacances en Bretagne…

Ce faisant, l’auteur nous offre une belle meditation sur l’exil, l’identite, la memoire et la transmission, sur le jeu social, le courage et la lachete, sur la conjugaison, enfin, de l’Histoire collective et de l’histoire singuliere.

Martine Storti a ete professeur de philosophie puis journaliste a Liberation. Elle est aujourd’hui Inspectrice generale de l’Education nationale. Elle a deja publie Un chagrin politique (L’Harmattan, 1995), Cahiers du Kosovo (Textuel, 2001), 32 jours de mai (roman, Le bord de l’eau, 2006).

  • La revue de presse Delfeil de Ton – Le Nouvel Observateur du 18 decembre 2008

Son nom, Storti, est un nom etranger. Son pere, Matteo, etait un Rital. Il est arrive en France a 20 ans, en 1931. Il y est mort en 1976. Dans les annees 1930, Martine Storti s’est demande comment la France accueillait les refugies. Elle lit les paroles des officiels de l’epoque, il n’est question que de choisir, de contenir, d’ecouler. Comme on les retrouve, les mots. Nee apres la guerre, elle part a la reconstitution de l’histoire de sa famille, comment ils vivaient, ce qu’ils ont fait, ce qu’ils n’ont pas fait, ce qu’ils ont pense. A un moment, elle ecrit : Lorsque j’etais jeune, la Collaboration me surprenait. Mon etonnement etait immense. Et puis, au fil des annees, de la vie, c’est la Resistance qui a fini par m’etonner.

  • Les courts extraits de livres : 04/12/2008

Ton pere est un con, il n’a pas su se debrouiller. Une phrase decisive. Pour une vie. Ou fondatrice. Possible de fonder quelque chose sur ces mots, des mots anciens, prononces il y a tres longtemps, un jeudi, un jour de jeudi au cinema a Paris, une fete alors d’aller au cinema a Paris quand on habitait la banlieue. C’etait un jour de Christine au cinema, quel delice, Delon et Schneider si jeunes, si beaux, si seduisants, Vienne fin de siecle, lieutenant bel uniforme, guinguettes du Prater, valses, et ils s’aimaient tant, trop bete quand meme de se faire tuer en duel pour une maitresse qu’on est en train de quitter, trop bete de se jeter par la fenetre de chagrin, oui, quel enchantement, quel plaisir !

Il y a aussi une autre phrase, une phrase plus recente, d’un jour de novembre, qui m’a fait entrer dans ce travail, dont je ne sais exactement ce qu’il est. Dont je ne sais s’il correspond a un devoir a accomplir, une dette a payer, une reparation pour des vies anonymes. Pour des vies sans mot. Ces etres qui n’ont pas meme une ligne, pas meme une notice necrologique. Qui n’existent plus que dans le souvenir des vivants. Ecrire alors pour qu’ils vivent apres ma mort. Encore apres ma propre mort. Commencer donc par une autre phrase, l’arrivee de mon pere en France, il faut que je l’imagine. Un moment que je l’ai dans la tete. Un moment que je la trimballe. J’utilise un terme vague, un moment, comme si je ne savais pas exactement quand cette phrase, l’arrivee de mon pere en France, il faut que je l’imagine, s’est ecrite en moi. Je m’en tiens a une imprecision, alors que je sais exactement ou et quand ces quelques mots sont venus.