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L’automne, déjà!

Auteur : Jean-Claude Morin

C’était l’adolescence, et c’était la lumière, celle qu’un Maroc des années cinquante distribuait à profusion, tout comme il ouvrait à qui voulait s’y aventurer, ” les plages sans fin ” dont parle Rimbaud. Mais c’était aussi les ombres qui peuvent se mettre comme des taches au coeur même du soleil lorsque celui-ci est si violent qu’il empêche les coeurs de voir clair en eux-mêmes. Beaucoup d’ombres circulent dans un grand parc où se donnent des fêtes qui devraient être celles de l’insouciance. Quatre d’entre elles se détachent, qui tissèrent des liens si complexes, si enchevêtrés, que l’image du labyrinthe s’impose pour en suggérer les méandres. Le narrateur reconstitue les étapes les plus marquantes, les plus poignantes, aussi de ce dédale qui l’aspira comme celles et celui avec lesquels il forma “en ce temps-là “, un quatuor électif au sein duquel régnait la confusion des sentiments. La distance qu’apporte à l’homme vieillissant le nombre des années tandis qu’il explore sa mémoire lui permet d’intervenir à deux reprises pour se livrer à des bilans, émettre des diagnostics, énoncer et dénoncer les pièges qu’il se tendit à lui-même, les malentendus qu’il ne chercha pas à dissiper, dénombrer les promesses non tenues, rechercher pourquoi des amours qui promettaient d’être le rayon d’or de la jeunesse se transformèrent en ” amours crucifiés “, retirer les masques qui camouflaient les visages et les âmes…