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L’autre obscenite

Auteur : Nathanael Flamant

Date de saisie : 05/01/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Le Grand Souffle Ed., Paris, France

Collection : Litterature

Prix : 9.80 / 64.28 F

ISBN : 978-2-916492-38-4

GENCOD : 9782916492384

Sorti le : 25/08/2007

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  • Les presentations des editeurs : 05/01/2008

Un etre qui s’effondre, c’est une experience si intime, si violente. La foudre, je l’ai recue un soir, d’une rupture amoureuse.

D’habitude, perdant l’autre, on attend de tourner la page. On se referme, on cicatrise, on enfouit – on repart. Le temps humain est un tapis roulant. Cette fois, je me suis arrete. J’ai plonge, seul, pendant des mois.

Ce recif ‘s’est ecrit, sans savoir, par la fissure du coeur, quand je ne pouvais plus me souffrir moi-meme. J’ai crie, pleure jusqu’a l’obscene. L’ecriture m’a mene, comme un coup elle aussi, vers le secret pris dans la glace.

On ne sait pas parler d’un secret : ce qu’il reste a toucher quand tout est rompu. Alors, un jour, dans la pesanteur de la grace, c’est lui qui nous parle – d’avant nous, devant nous.

  • Les courts extraits de livres : 05/01/2008

29 mars

Aujourd’hui, apres un anniversaire de desolation et six ou sept semaines d’effondrement sans repit, j’ai consenti a ne plus lutter contre son image. Je ne cherche plus a l’oublier, la depasser. En de nouveaux assauts de larmes, j’ai senti, un moment, la grace si peu commune de vivre une profondeur si intense. La grace de pouvoir s’offrir a la perte la plus vive. Etouffee par la peur de mon intensite, apres m’avoir progressivement refuse jusqu’a me tromper et me quitter, elle ne donne plus signe, elle se protege. Elle ne peut, elle ne pouvait pas autrement. Elle n’est pas une femme de passion, de frisson, ce n’est pas l’heure, elle ne souffre pas assez de souffrir. C’est ainsi. Elle est ainsi, aujourd’hui. Mais je continue de m’offrir, seul, de plus en plus desarme, le coeur ouvert a je ne sais quoi, et la saveur de je ne sais quoi vient doucement, au milieu de toute cette violence, une fontaine de souffrance (de souffrance, mais une fontaine…).
Peu m’importe d’etre en son pouvoir. On ne se demet pas d’un pouvoir, qu’il soit subi ou exerce. On ne l’abdique pas, quoi qu’elle en croie. On le refoule, tout au plus, au nom du coeur ou de l’esprit. Au fond, on en est terrifie. Mais le pouvoir est la, et il a son intelligence, sa force active. Des que je l’ai rencontree, je me suis propose l’experience d’un pouvoir. Elle a mis trois ans a sentir ce dont j’avais, des le debut, conscience : son propre charme, a la mesure pour moi d’une enigme, ou j’ai plonge sans retenue. Pourquoi, au nom maintenant de la rupture, de la blessure, pourquoi me fermerais-je, comme les adolescents apres leur premier amour, a la force, a la vie de cette experience, de cette epreuve (qui est celle aussi de la haine, du mal dans tous les sens) ? Je suis mur pour faire le voyage de ce qu’on nomme l’amour humain, c’est-a-dire : du desir. Et c’est, aujourd’hui encore, avec elle, et elle seule, en moi. Elle me hante, m’habite, me possede. Je voyage donc avec son image, vers ou ? Dans ce vers ou ( !) ne serait-ce pas l’offrande inconnue ?
Laisse-toi pleurer, chaque jour, chaque fois que tu ressens ce plus jamais (combien vraiment peuvent l’entendre dechirer leur etre ?), chaque fois que ton coeur crie j’ai perdu ma fille. Elle croit, meme si elle croit m’entendre, tout le monde croirait que c’est une facon de parler, non : j’ai perdu ma fille, je l’eprouve davantage que beaucoup de peres