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Le cas Royaumont (sous la direction de Denis Laborde)

Auteur : Collectif

En 1964, Isabel et Henry Goüin créent la Fondation Royaumont (Goüin-Lang) pour le progrès des Sciences de l’Homme et lui font donation de l’abbaye, à 35 km au nord de Paris, près de Roissy. Leur ambition est philanthropique : l’étude de l’homme en société et le développement des arts pourraient mettre un terme aux haines, aux guerres, aux fanatismes. De nombreux colloques ont lieu à l’abbaye et sont publiés par les éditions de Minuit et Le Seuil. Les disciplines explorées sont multiples :
Littérature, philosophie, sciences humaines, histoire, beaux-arts, musique. Des intellectuels et auteurs prestigieux (français et étrangers) se rencontrent à Royaumont autour de questions d’art et de société.
Parmi eux, on peut citer Edgar Faure, Jean Fourastié, Lucien Febvre, François Furet, Jacques Le Goff, Leroy-Ladurie, Levi- Strauss, Leroi-Gourhan, Piaget et Chomsky, Barthes, Morin, Raymond Aron, Pierre Klossowski, Lacan, Malraux, Jacques Monod…
AVP D 18/59 Août et Septembre 2014 En 1972, dans le cadre d’un Centre Royaumont pour une Science de l’Homme, François Jacob, Jacques Monod, Edgar Morin élaborent des formes inédites de coopération entre biologie et anthropologie.
En 1983, Bernard Noël participe à la création du Centre littéraire renommé Centre de Poésie et Traduction par Rémy Hourcade avec l’appui d’Emmanuel Hoquard et de Claude Esteban. En 2000, Susan Buirge inaugure un programme de création chorégraphique.
Royaumont est aussi un centre de recherche orienté vers la musique vocale : Marcel Perès et l’Ensemble Organum revisitent le répertoire médiéval ; Gérard Lesne et Il Seminario musicale, puis Jean-Claude Magloire, William Christie et leurs ensembles respectifs inaugurent le renouveau baroque. En 1983, les programmes de création musicale contemporaine trouvent leur expansion avec Voix Nouvelles : de jeunes compositeurs et interprètes viennent du monde entier se perfectionner à l’abbaye, des programmes de création transculturelle (improvisation et traditions orales) sont créés.
Cet ouvrage est à la fois un livre repère de cette période et un essai prospectif sur le devenir des actions menées par la Fondation. Une dizaine de chercheurs réunis depuis un an autour de Denis Laborde (CNRS, EHESS) y analysent les réflexions et les actions menées par la Fondation depuis 50 ans, en écho à la pensée et à la création et s’interrogent sur son rôle dans le paysage culturel contemporain et sur son devenir. Plusieurs entretiens avec des figures tutélaires « qui ont fait Royaumont » accompagnent ces contributions scientifiques. Le livre est très largement illustré avec des documents et des images réalisées par des photographes résidents à Royaumont.