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Le chat botte

Auteur : Patrick Rambaud

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 18.90 / 123.98 F

ISBN : 978-2-246-67151-0

GENCOD : 9782246671510

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  • Le courrier des auteurs : 17/09/2007

… Les libraires, pour moi, c’est un truc tres particulier. Quand j’avais entre sept et quinze ans, j’allais, a la fin des grandes vacances, les quinze premiers jours de septembre, a Lyon, dans la librairie du premier mari de ma mere, qui faisait toujours partie de la famille et qui s’occupait par exemple des arbres de Noel le 25 decembre. J’y suis alle tous les ans pendant des annees. Sa particularite, c’etait, je crois, qu’il etait un des premiers a avoir lance en France les depots de livres, c’est-a-dire que les libraires de Lyon et de sa region, au lieu de commander a Paris et d’attendre quinze jours les livres reclames, allaient chez lui, rue Vauban, sur la rive gauche du Rhone, en face de la police judiciaire, je m’en souviens tres bien. Il etait depositaire de plusieurs maisons d’edition et comme cela, les libraires avaient le livre tout de suite. C’etait assez pratique. Je baignais donc la-dedans, et je l’accompagnais dans ses tournees, parce qu’il en profitait pour aller presenter les livres. Il avait commence avec Denoel, et ca s’est elargi apres avec plusieurs maisons d’edition. On avait donc de grosses serviettes qui contenaient toutes les productions recentes, et on allait dans toutes les grandes librairies de Lyon en traversant la passerelle du lycee Ampere. C’etait une epoque extraordinaire parce que le Rhone existait encore, je m’en souviens tres bien. Maintenant, c’est sage comme du pipi de chat, le Rhone, mais a l’epoque, c’etait un torrent de montagne large comme un fleuve, avec des tourbillons, une couleur cafe-au-lait, des troncs d’arbres qui se baladaient au milieu. Et on se promenait la-dessus, on arrivait de l’autre cote, et on allait de librairie en librairie. Il allait vendre des livres qu’il n’avait generalement pas lus d’ailleurs, mais avec une conviction extraordinaire. Je me souviens encore de ces livres qu’on trainait dans les sacoches lourdes. Le grand succes a l’epoque, quand j’avais sept ans, s’appelait : Torrents, de Marie-Anne Desmaret. C’etait un anar abominable, je crois, mais qui marchait tres tres fort. Il y avait aussi – c’etait complique et lourd a porter -, toute la serie de Gilbert Guilleminault sur l’histoire de la IIIe Republique, qui etait vraiment tres interessante. Il y avait aussi Le grand dadais de Poirot-Delpech, une histoire de Noel grise avec une espece de lucarne ovale blanche au milieu. On allait donc de librairie en librairie. Il y a une librairie dont je me souviens particulierement, La Proue, rue Childebert, a Lyon, qui etait tenue par les freres Peju. Je ne sais pas si elle existe encore ; je crois qu’ils sont morts d’ailleurs, les malheureux. J’ai donc des souvenirs de livres. Quand on rentrait dans la librairie, tout en haut, il y avait une espece de grenier, avec un fatras de livres qu’il fallait presque degager a la pelle, et je nageais dedans. Je lisais n’importe ou et n’importe quoi a partir de sept ans. Je continue d’ailleurs, aujourd’hui, figurez-vous. Je crois que ca m’a pas mal aide, et c’est peut-etre pour ca que j’aime bien aller dans les librairies, voyez. Eh bien, je vous remercie de m’avoir ecoute, bonne lecture, je le souhaite, et peut-etre que nous allons nous rencontrer chez l’un ou l’autre….

(Propos recueillis par telephone)

  • Le journal sonore des livres : Lu par Patrick Rambaud – 10/09/2006

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Patrick Rambaud – 10/09/2006

  • Les presentations des editeurs : 04/09/2006

Je vous raconte ici l’ascension d’un homme. Petit, maigre, avec un drole d’accent, des cheveux raides et des yeux bleus, il a ving-cinq ans, il s’impatiente : il n’est rien et il veut tout. General en disgrace, il monte de Marseille a Paris au printemps 1795. Apres la chute de Robespierre le pays est en plein chaos. C’est le temps de Barras, de Madame Tallien, des muscadins, des bals. Les uns font fortune, les autres meurent de faim. A force d’intrigues, de coups de gueule. ou de caresses, notre general va reussir. En une saison il ecrase une emeute royaliste, epouse la vicomtesse de Beauharnais et se retrouve a la tete de l’armee d’Italie. Sur la route de Nice ou il part rejoindre ses troupes pour les lancer en Lombardie dans une guerre de pillage, il francise son nom italien facile a ecorcher. Desormais il va s’appeler Bonaparte.

Patrick Rambaud, ne a Paris en 1946, a ecrit une trentaine de livres, parmi lesquels : La Bataille (Grasset, 1997, prix Goncourt et grand prix du roman de l’Academie francaise), Il neigeait (Grasset, 2000), L’Absent (Grasset, 2002) et L’Idiot du village (Grasset, 2005).

  • La revue de presse Gilles Martin-Chauffier – Paris-Match du 12 octobre 2006

Pourtant, croyez-moi, s’il y a un livre cet automne qu’on prend a la premiere page et qu’on est sur de ne pas lacher avant la derniere, cinq heures plus tard, c’est celui-la. A ce stade, ce n’est plus de la litterature, c’est de la confiserie. En plus, c’est une lecon d’histoire parfaitement opportune. Tous ceux qui ne cessent de nous seriner que le declin est la, irreversible, devraient se pencher sur Le chat botte. Ils verraient la France au fond du gouffre pour de bon. Et, je vous rassure, juste a la veille de sa plus grande gloire…
Un genie tisse sa toile, mais, racontee par Rambaud, cette conquete du pouvoir est d’abord une merveilleuse promenade dans le ventre de Paris, plein de bagarres, de flirts et de brigandages officiels. On s’instruit, on s’amuse et on se rassure.

  • La revue de presse Jacques Drillon – Le Nouvel Observateur du 7 septembre 2006

[…] Cette fois, le roman historique de Patrick Rambaud prend Napoleon a la chute de Robespierre, et le laisse generalissime de l’armee d’Italie, jeune epoux de la veuve Beauharnais. Comme on le voit, Rambaud recule, puisque ses trois precedents ouvrages traitaient de la fin de l’Empire. Il a d’ailleurs fort a faire avec cette periode aussi trouble que troublee, ou le jeune general Bonaparte ne fait presque rien. Ou il se contente de piaffer, attendant un emploi digne de lui, que nul d’ailleurs ne songe a lui donner. Ou il intrigue pour l’obtenir.
[…] C’est de la belle ouvrage que ce livre. Le melange de personnages historiques et fictifs est efficace, Bonaparte en provincial mal a l’aise, genial et agace, est tres amusant, l’alternance des repliques et des commentaires plus ou moins perfides ne verse pas trop souvent dans le systeme. Parfois des morceaux brillants (le portrait de Mme Tallien en deesse est un regal), des dialogues a la Guitry :
Quel est cet elegant qui prend des poses ?
– Ouvrard, general. Le banquier. A vingt-cinq ans il est deja millionnaire.
– Comme moi.
– Vous etes millionnaire ?
– J’ai vingt-cinq ans.

  • La revue de presse Francois Ceresa – Le Figaro du 31 aout 2006

De la chute de Robespierre au mariage de Buonaparte avec Josephine, nous caracolons donc dans le Paris du marquis rouge, autrement dit Barras, avec son lot de journees insurrectionnelles, de trahisons, de palinodies, d’incroyables et de merveilleuses, de balthazars au Cafe de Foix et chez Beauvilliers. En chantant le Reveil du peuple, on croise le general Kilmaine, Murat, Carnot. Ce pauvre Feraud est assassine et Freron, ravi de la confusion, se frotte les mains. Ne sera-t-il pas l’amant de Pauline, la soeur de Napoleon ? En octobre 1795, la reaction tente de prendre le pouvoir. Ces royalistes ne sont pas realistes. Le general Buonaparte fait tirer au canon sur la foule. Saint-Roch restera dans les memoires. Le Chat botte devient le general Vendemiaire. Et lors de sa nomination a l’armee d’Italie, il sera Bonaparte. Bravo, M. Rambaud. On vous tire notre chapeau. Ou plutot notre bicorne.