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Le chercheur et ses doubles

Auteur : Collectif

Le chercheur et ses doubles est le fruit d’une riche et passionnante table ronde qui s’est déroulée en novembre dernier à Paris. Y ont participé trois artistes reconnus sur la scène internationale, Mathieu Kleyebe Abonnenc, Kapwani Kiwanga et Otobong Nkanga, ainsi que le duo de curateurs, Aliocha Imhoff et Kantuta Quiros (le peuple qui manque), la directrice de la Kadist Art Foundation, Émilie Villez, et les trois historiennes de l’art, Sandra Delacourt, Katia Schneller et Vanessa Théodoropoulou.
Cette journée de discussion part d’un constat, celui d’un rapprochement insistant entre la figure de l’artiste et celle du chercheur. Au cours des dernières décennies, les pratiques artistiques engageant – ou mettant en scène – des procédures traditionnellement employées par les chercheurs universitaires ont en effet bénéficié d’une visibilité accrue sur la scène internationale. Or, alors que les accointances entre recherche artistique et académique acquièrent une aura importante, les considérations épistémologiques et politiques qu’elles impliquent occupent encore peu de place au sein des débats théoriques.
Considérées de manière générique, ces incursions artistiques sur les terres traditionnelles de la recherche sont souvent indifférenciées (comme l’indique par exemple son amalgame récurent avec la figure de l’« artiste théoricien ») et noyées dans un courant insipide faisant des codes de l’autorité intellectuelle un style.