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Le gout des femmes laides

Couverture du livre Le gout des femmes laides

Auteur : Richard Millet

Date de saisie : 21/08/2006

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 15.00 / 98.39 F

ISBN : 978-2-07-077527-9

GENCOD : 9782070775279

  • Les presentations des editeurs : 14/05/2006

“On m’avait assez repete que j’etais laid : il me fallait le devenir, et j’avais, a quinze ans, assez de jugeote pour deviner que tout se jouerait dans le domaine amoureux, a tout le moins sexuel, puisque, je le savais deja, j’etais de ceux a qui l’amour est refuse, et qui, par consequent, doivent separer ce sentiment du desir qui en est la dimension incendiaire, et consolatrice.”

  • La revue de presse Thierry Gandillot – L’Express du 1er decembre 2005

Conscient de sa disgrace depuis son enfance limousine, le heros de Richard Millet ne renonce pas pour autant au sexe.

Ei be leyde !… Il est bien laid ! Que sa mere ait prononce ou non cette phrase, peu importe : il l’a lue dans ses yeux. La-bas, sur le plateau de Millevaches, on l’appelle le laidassou, le crapounaud ou le limassou. Depuis l’age de 8 ans, il sait sa disgrace. Je n’etais pas seulement laid : j’etais trop laid. Mais comment assumer ce visage en sabot fendu ? Celui qui se decouvre laid, surtout un enfant, est voue a se sentir coupable et a chercher jusqu’a la fin une absolution qui ne viendra pas…. Redacteur en chef d’une feuille de chou au service d’un homme politique correzien, ce Casanova du rebut va se specialiser dans la drague des femmes moches. Avec constance, il s’emploie a detruire les velleites amoureuses dont ses disgracieuses conquetes l’accablent parfois. Il se complait dans l’echec, la solitude et le malheur… Grincant, misanthrope, caustique, ce beau roman du laid confirme, s’il en etait besoin, le talent de styliste de Richard Millet et la coherence de son oeuvre…

  • La revue de presse Jean-Louis Ezine – Le Nouvel Observateur du 13 octobre 2005

La mere de toutes les infortunes, s’il faut en croire ce roman, serait la laideur. Certes, ce fut longtemps un grand sujet. Des ecrivains de legende continuent de vivre, longtemps apres qu’ils ont disparu, de la prodigieuse posterite du moche,… Afflige du statut de laidassou par l’opinion de son village de haute Correze, le narrateur a fait son miel, ou son fiel, de l’Homme qui rit, l’histoire de l’enfant Gwynplaine, qu’un rictus cause par une orthopedie a l’envers, dixit Victor Hugo, a fige des sa naissance dans l’expression d’un rire demoniaque. Et s’il faut lui choisir un autre frere de laid, on designera Nez-de-Cuir, ce gentilhomme normand qu’une terrible mutilation condamne a porter un masque : il a fait la gloire de La Varende. Le heros de Richard Millet est pour sa part si affreux d’apparence que sa soeur, de dix ans son ainee, reve justement pour lui d’un destin d’ecrivain : retrait du monde, dans le silence et la solitude… Or il ne semble pas qu’un simple pas beau puisse pretendre a d’aussi hautes compensations : notre narrateur mene la vie austere des grands reveurs, des solitaires, des resignes. Ses aventures, litteraires ou sexuelles, ont le parfum des velleites contrariees et ne font que nourrir un depit cultive…

  • La revue de presse Christine Ferniot – Telerama du 7 septembre 2005

Des la petite enfance, il a compris sa laideur dans les yeux de sa mere. Sa destinee etait tracee, comme une premiere petite mort, une prison sans barreaux… Grace a une ecriture vagabonde, tantot rugueuse, tantot esthetique et charnelle, il parle de desir, de sexe sans joie dans une societe qui n’aime pas les disgracieux. Son narrateur ne pleure pas sur son sort, il le jette en pature, il veut s’en montrer digne, loin de toute vulgarite, de toute pitie… Entre etude sociale, pure fiction, essai litteraire et reverie, Le Gout des femmes laides est une oeuvre magnifique de resistance et de desespoir bravache.

  • La revue de presse Francois Nourissier, de l’Academie Goncourt – Le Point du 25 aout 2005

Richard Millet occupe une place flatteuse. Production reguliere, abondante, une trentaine de titres chez de bons editeurs : POL, Gallimard, Champ Vallon, Fata Morgana, en vingt ans, ce n’est pas mal. Pourtant, Millet, qui apprecie probablement le ton province qu’il sait conserver a son oeuvre, ne fait pas retentir le siecle de ses exploits. Subversion mais discretion. On peut evoquer Jose Cabanis, Jacques Borel, qui traitent eux aussi, sur un mode lent, un peu repetitif, des themes qui ne jetteraient certes pas des hussards au galop de charge. Ajoutons que la sensualite ne fait pas peur a l’auteur – au contraire ! Eh bien, bravo ! C’est une jolie facon de se faire des amis en litterature. Millet est un romancier du couple. Precisons du couple amoureux, avec une predilection pour les jeunes filles (voir Le chant des adolescentes, 1993). Le narrateur est laid. Irremediablement, insupportablement… Quarante pages pour deplorer la laideur du laidassou ? Et tout le reste du recit pour precipiter les dames dans le meme purgatoire ? La theorie de l’auteur semble etre que les laids sont condamnes aux laides et les affreux laiderons aux boucs violeurs et puants. Ce pessimisme tourne un peu vers la fin du recit et le laidassou, qui a peut-etre embelli, comme un vin bonifie, est mysterieusement gratifie de quelques bonnes fortunes. Comme on dit dans les loteries et chez les voyous : de jolis petits lots… Roman de la laideur ? Officiellement, oui. Mais je soupconne l’auteur d’etre plus ruse encore, et plus desole, et plus ricanant qu’il n’apparait aux premieres pages. Meme au bonheur, au plaisir, aux desirs assouvis il prete des visages degoutes. En tout cas degoutants. Richard Millet doit aimer bien peu, bien mal, ces minuscules victoires qu’on deguise en tragedies…